PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. TV
démérite sort la crainte de la punition, conségnence inéquitable du aime et qui seule peut réparer la justice ; de là l'inquiétude que donne le remords par Tapprébension de la vengeance de Dieu et des hommes. G* est ce qui est le mieux senti chez le grand nombre ; la menace du châtiment empêche plus d'iniquités que l'borreor du crime. Mais si le coupable conçoit un repentir vif et sincère, s'il reconnaît sa foute et la déteste franchement, il se passe quelquefois en lui un fait contraire ; loin de redouter la punition, il la désire; loin de vouloir la diminuer, il aime que la rigueur en augmente, et il est tellement pressé du besoin de réparer l'iniquité, de satisfoire à la justice violée, qu'il appelle avec ardeur la peine comme expiation et commence à être soulagé par la douleur même que cette expiation lui cause. Ceux qui préparent les criminels à la mort l'ont remarqué, toutes les fois qu'ils ont eu le bonheur de toucher le cœur de ces malheureux et de les porter à accepter la mort comme la solde de leur péché. Alors le coupable marche avec calme à l'échafaud, quelquefois même avec joie, comme une victime offerte à la justice divine. De là aussi les rigoureuses mortifications auxquelles de grands pécheurs se condamnent ou se soumettent, quand la soif de la justice est réveillée dans leurs cœurs. A ces hommes, et il y en a dans le monde plus qu'on ne pense, il faut des maisons de retraite et de pénitence, où la vie dont ils ont abusé, consumée lentement dans les austérités expiatoires, se régénère par la douleur et par la mort. Le Christianisme a compris ce besoin profond. Le sentiment de l'ordre moral ou de la justice ob|
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