‹ Philosophie moraleChapitre 195 sur 224 · PARTIE PSYCHOLOGIQUE — CHAP. IV · texte numérisé non relu

PARTIE PSYCHOLOGIQUE — CHAP. IV

sant ou rusé peut échapper à la Tindictê publique et en triompher scaùdaleusemeut, la société est sur le peDfchant de sa ruioe. L'homme qui ne crdt pas en un Dieu vengeur et rémunérateur devient ingouvernable; il n'y a plus pour lui de loi divine , partant plus de lois humaines, an moins l^itimes , et sa voloiilté est à la fois son Dieu et sa loi. C'est pourquoi tous ceux qui sont dominés par leurs passions sont tentés de renier Dieu et sa justice.

L* homme n'observera donc la loi que s'il la craint , et il la craint, quand il voit la forcé et la peine dont die est armée. Le glaive de la justice doit toujours être à côté dii livre de la loi. Dominé d'abord par ses appétits et ses passions grossières, Tenfant doit être gouverné par la peiir comme Tanimal ; on le dresse par des moyens physiques tant que la vie physique l'emporte en lui. Il ne devient capable de motifs plus nobles, plus conformes à sa nature morale , que quand le corps est discipliné. La crainte est partout le commencement de la sagesse; l'intimidation est le point de départ nécessaire de toute bonne législation , de toute discipline efficace. Qu'on juge après cela de la vérité de ces doctrines , qui veulent abandonner l'homme à lui-même pour qu'il devienne bon, et qui défendent de le contraindre et même de le diriger, de peur de violenter sa nature ! On confond Tidéal de l'homme avec l'homme actuel. Oui, sans doute , s'il n'y avait en lui ni péché originel , ni égoïsme ; s'il était encore dans l'état de justice et de sainteté où Dieu l'a constitué par la création , on pourrait le laisser à sa nature qui n'aimerait que le bien , et à son instinct naturel qui le chercherait spontanément. Son in-

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telUgenoe édairée par la lami^ divine verrait la jnstiee et la Térité dans cette lomiàre , et sa volonté les suivrait sans obstacle et sans lutte. Mais il n* en ya pcônt ainsi, depuis que le mal est entré dans rhomme, obscurcissait son esprit , pervertissant son désir et le jetant sons le joug de la nature inférieure. Il £aut coininencer maintenant par arrêter le mal, par le maintenir, par le guérir ; il &nt repousser d'abord les mauvaises influences; et' comme au point de départ l'enfant n'est point capable de comprendre et de désirer le bien qu'on lui fait , il faut le loi imposer, quoi qu'il en ait , et le rendre bon malgré loi. Tout édocatenr qui comprend son devoir est obUgé d'en agir ainsi ; il ne peut rien sans une loi nettement formulée , sans une discipline bien arrêtée , sans une autorité non contestée , et enfin sans une force comminatoire, qui prévient la faute par la menace et présente une peine partout où le délit déborde.

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