PARTI£ PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. V
ûques et moraux, liais les faits intimes de la vie religieuse combien y eji a-t-il qui les couuaisseiit, surtout I>armi ceux qui se disent philosophes et se croient, à ce titre , les plus compétents pour écrire Thistcnre de Tâme? Comment un homme, qui n'a point de foi ou qui professe n'en pas avoir, pourra-t-ilen parler pertinenunent, dignement? S'il ne croit pas à l'efficacité de la prière, que pensera-t-il du rapport actuel de l'âme avec Dieu? Qu'estce que l'adoration ou l'hommage de notre être à Dieu , souverain Seigneur de nous-mêmes et de toutes choses, pour celui qui doute s'il y a un Dieu , s'il y a un. Dieu personnel, ou enfin si Dieu et l'homme ne sont pas identiques ? Que sont tous les sentiments religieux, aux yeux du philosophe qui ne comprend point la nécessité de la religion, et voit, dans ses institutions, des illusions de l'imagination chez les faibles , et chez les forts des inventions hypocrites, ou tout au plus des condescendances de la raison spéculative, s'^dmissant par des mythes et des symboles au uiveau dp vulgaire. D^ns ce point de vue , le philosophe fera bon marché d^ tous les faits religieux, les classant sous le nom de mysU« cité parmi les aberrations de la raison humaine; ou, s'il ne va pas jusque là, s'il n'a point le triste courage de nier ce qu'il ne comprend pas , il dtera les plus saillants de ces faits pour mémoire , et en déduira logiquement quelques conséquences qui devront cadrer avec les idées reçues, ^vec les institutions établies, avec les préjugés dju vulgaire. D*un côté comme de l'autre, il y aura lacune parce qu'il y aura ignorance ; on parlera des sentiments religieux comme l'aveugle pourrait parler des couleurs;
car le sens intérieur qui seul peat saisir ces faits n'est point ouTert. Geax qni sont dans ce cas décrivent donc sar le témoignage d*aotrni, par oui-dire , par imagination , on par induction ; ils font l'homme religieux à lear manière, parce qu'ils arrangent la religion à leur guise. n n*appartient qu'à l'homme de foi de parler convenablement des choses de la foi, et ainsi des sentiments, des tendances , des désirs , des mourements , des motifs d'aetion et des idées qni en ressortent : à lui seulement de faire la psychologie religieuse , parce qu'il vit religieusement , parce qu'il connaît d'expérience la vie de Fàme.
Comment s'établit le rapport de l'âme avec Dieu? Question Fondamentale que la philosophie doit résoudre si elle veut avoir une science métaphysique. La psychologie morale la suppose résolue; elle part de ce rapport comme d'un fait constaté par les langues , les croyances et les institutions religieuses et morales de tous les peuples. Tout rapport étant constitué par l'acte et le réacte de deux termes qui se pénétrent et s'unissent sans se confondre, il fautadmettre : 1° une action de Dieu sur l'homme, immédiate ou médiate, qui s'exerce par la parole de Dieu, par tous les moyens de sa puissance , par ses œuvres; c'est la grdce y élément objectif du rapport; 2° une réaction de l'homme vers Dieu par sa volonté, par son esprit, par tous les moyens de son