‹ Philosophie moraleChapitre 199 sur 224 · PARTIE PSYCHOLO0IQU£. — CHAP. V · texte numérisé non relu

PARTIE PSYCHOLO0IQU£. — CHAP. V

provient nécessairement de deux termes distincts qai s unissent en lui ; ou encore qu'un rapport en s'établis* sant forme un ternaire ou une trinité , pose et fonde trois choses dans Tunité , savoir : le premier terme , le second et lunion des deux dans un troisième^ qui n'est ni Tun ni Fautre et qui procède des deux.

Il existe un rapport entre Dieu et V homme ; donc il y a une action de Dieu sur Thomme. Cette action est prochaine on éloignée, immédiate ou médiate, suivant l'état, le degré et la disposition de F âme humaine ; elle est sentie ou non sentie par Fhomme, mais elle existe en lui et le pénètre, eomme elle pénètre toutes les créatures sans les détruire, sans les ed)sorber ; car toutes ont leur raison d'être, ou la cause de leur existence dans cette action incessante de Dieu sur elles. Mais Faction divine prend dans Fhomme des formes spéciales, accommodées à ses facultés. Elle n'opère point sur son âme, comme sur les êtres inintelligents, par la seule force de la causalité. L'âme est capable de connaître et d'aimer, et c'est pourquoi Dieu veut être connu et aimé d'elle. 11 cherche à s'introduire dans notre esprit et dans notre cœur; car celui qui connaît a en lui Fobjet connu , au moins par F idée, et en aimant on embrasse en soi ce qu'on aime. De là les moyens principaux ou les instruments par lesquels opère Faction de Dieu, et surtout la parole qui est le signe sensible de l'esprit, espèce de sacrement par lequel se communique la vertu d'en haut. Aussi la parole a-t-elle été dès Forigine et à travers les siècles le grand moyen de la manifestation de Dieu à Fhomme, la révélation par excellence. Jjj'action du créateur sur la créature , quelle qu'en soit la

forme et les résultats, est toute d*ainoor de la part de Dieu, puisque, se suffisant à lui-même dans son ineffable séilé, étant Celui qui est, source uniyerselle de law, il n'a pas besoin de Tétre^fini , qu'il honore de son commerce et enrichit de ses dons. La création , qui est la première manifestation de la puissance de Dieu extra $e, est toute yolontaire, et il en est de même de la codservation des créatures par le renouyeDement incessant de Tacte qui les a posées , et Feffusion continue de l'amour auquel elles doivent l'être et la vie. G'e^t pourquoi on peut appeler grâce l'action divine; parce que tout est gratuit de la part de Dieu , et que rien n'est nécessité pour Lui par un mérite quelconque de la créature. La grâce ou Faction opérante de Dieu est donc l'élément objectif de notre rapport avec lui, objectif parce que, voyant les choses en nous mêmes et dans notre point de vue, nous nous considérons comme le sujet du rapport. Mais un rapport ne pouvant exister sans le concours de deux termes, il suit que Dieu qui a pu nous n^tvr sans nous, en nous posant primordialement, ne pont i*ependant nous conserver et nous vivifier sans que nous j prenions part ; et ainsi notre coopération est nécessiùrt* \Kn\v que le rapport avec Dieu subsiste , coopération instinctive, involontaire dans la partie pbvsique do notiv existence, comme chez les êtres inanimés ou pununent oi^gauiques, mais qui doit être voulue et exeri\v îtvtY i\>nscieiKt* , pour devenir vraiment humaine, cestsi^îiiv |H>ur établir entre Dieu et nous un rapport de ivauaissauiv et d amour. Cette reaction de I homme ^ei-^ Du'u iKir la partie tiît»!l'ger.fo et aimsnte de son ^tre.

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est Télément subjectif du rapport et la racine de la foi.

h^ifoi, c'est-à-dire l'adhésion de Ta me à Taction divine qui la touche (ce qui la distingue essentiellement de la croyance purement humaine), la foi est le sentiment le plus intime et le plus ineffable. Il naît dans la profondeur de l'âme, et c'est pourquoi il dépasse ses facultés qui ne peuvent le comprendre ni l'expliquer. Il échappe souvent à la conscience et à la réflexion ; il est trop au-dessus du corps pour y produire une modification sensible. La foi est la base de tous les sentiments religieux , comme son objet est le principe de la religion et du culte; elle est un don de Dieu, puisqu'elle se développe toujours par son action prévenante. Elle s'augmente dans le cœur à mesure que l'action divine s'y verse davantage et que la réaction humaine est plus vive, plus intime, plus consciente. La foi est le commencement de l'union de Tâme avec Dieu, union qui se consomme par l'amour.

Il y a deux espèces de foi , la foi divine et la foi humaine. La première s* appelle proprement la foi, la seconde est la croyance , bien que ces deux mots soient souvent pris l'un pour l'autre daus le langage ordinaire, ce qui cause de la confusion. La foi et la croyance sont du reste deux manières de croire^ différentes par leur

porte à désespérer de leur salut ; eUes pensent ne pai avoir de foi, parce qu'elles ne la sentent pas actneUement, et qu'en s'examinant elles n'en .trony^it ancnne tn» sensible. D'autres , qui se vantent de n'avoir point de foi , en ont beaucoup plus qu'elles ne pensent; lutt c'est une foi morte, qui ne se réalise point par ki œuvres , parce que leur esprit propre , lenn passioM et leurs préjugés l'étouffent sans pouvoir la détruire. Implantée dans leur coBur dès la plu tendre enfance j die subsiste dans ses racines , après qa*<m en a brisé les rameaux. La plupart des hommes de notre siècle sont dans ce cas; ils ne veulent pas croire oa paraître croire, par oi^eil, par respect homain, oi pour ne pas être gênés. Ils croient cependant ptas qu'ils ne le savent , parce qu'ils ont conmiiencé à croire en commençant à vivre , et que l'action divine s'est mAlée profondément au premier développement de leur cœur. Ils n'ont point conscience delà foi qui est en eux, jusqu'à ce qu'une occasion la réveille et la manifeste. Par là s'expliquent de singulières inconséquences. Que penser, par exemple, de ces protestants qui font dire des messes pour les personnes qu'ils aiment et qu'ils craignent de perdre ? Ils doivent ne pas croire à la vérité et à l'efficacité du saint sacrifice , ils doivent même y voir une superstition , une idolâtrie , et cependant ils en réclament l'application ; ils y croient donc plusqu'ils ne savent. G'estencore le cas de ces prétendus incrédules ou athées dont nous parlions tout-à-F heure, et qui sont la plupart superstitieux à l'excès. Ils admettent souvent des choses cent fois plus difficiles à croire que ce que l'Église enseigne, eteox,

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