PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. V
La foi vivante porte à l'action , ou tend à se réaliser par les œuvres. C'est le mobile le plus énergique de la volonté. Se confiant en Dieu, en sa parole^ en sa puissance^ l'homme qui a de la foi croit contre tout motif de croire et espère contre toute espérance. Il participe en quelque chose à Timmutabilité de Dieu avec qui il est en rapport; car^ ce rapport l'a déjà élevé au-dessus de l'espace et du temps ^ au-dessus du monde ^au-dessus de luimême. De là^ sa patience ^ sa fermeté, son courage pour résister à la tentation, combattre ses passions, supporter les plus cruelles souffrances. Il puise dans sa foi l'inspiration et la force du dévouement. La foi chrétienne est la source la plus féconde des grandes actions , et la plus sûre garantie de la moralité.
La foi est en même temps nn sentiment et nn motif d'action ; elle n'est complète, que si elle passe en acte et se réalise par les oeuvres. D'où la distinction de la foi vivante et de la foi morte. Celle-ci se borne à croire , mais ne produit rien ; elle n*agit point sur la volonté pour la pousser à exécuter ce que le sentiment inspire. On rappelle morte , parce qu*elle n'a point de mouvement, et que l'immobilité et l'impuissance sont les
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rignes ordinaires de la mort. Un homme qui fait profession de croire, et qni n*agit pas conformément à sa croyance, a nne foi morte. Celai qui disserte menreillensement sur la Tertn, et ne la suit pas dans sa conduite, a une foi morte. Celui qui invoque le Seigneur et qui n'accomplit pas ses commandements a nne foi morte. La foi iritante , au contraire, pousse toujours à Faction , dk produit le sUe qui à besoin d'opérer et qui opère par la duurité. « La diarité de Jésus-Christ me presse, » 8*éerie lApAtre ; et die le porte à se dérouer jusqu'à devenir aîiathème pour ses frères. Là est le mobile le plus pmssaiit de la volonté; il n'y a rien que la M rivante ne puisse exécuter, parce que, mettant l'Ame en rapport avec Dieu, elle la M\ partteiper à là force divine. En eKet, quand un objet est mû par un antre j la force dé cdoi qui meut passe dans cdui qui est mù, et die passe sam déperdition , si le mouvement est central. De ' même , lorsque raction de Dieu meut Tâme dans son centre , elle y conserve toute sa force et elle opère en elle et par elle les merveilles de la foi et de la charité. Abraham s'apprête à immoler, sur l'ordre de Dieu , T héritier de la promesse divine ; Moïse attend quarante ans, en gardant les troupeaux de Jéthro , que Dieu F appelle à délivrer Israël ; il croit à la terre promise et àraccomplissement de Torade divin, malgré les longues infortunes du désert et les murmures toujours renaissants d'un peuple indocile. Le miracle de la foi consiste à croire plus à Dieu qu'à nous-méme, à sa parole plus qu*à notre raison propre. Unie à Dieu par la foi, Fàrae acquiert une prodigieuse énergie pour souffrir ou pour agir. Ainsi s'explique la constance des mar-