PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — GHAP. V
dignilé et sa force primitives, il reprend l'empire qu'il avait autrefois sur la nature ; éclairé de notfreau par la lumière du ciel, il peut contempler l'éternelle Yénfé. Il devient capitble de l'annoncer aux hommes avec auto-* rite ; parlant ce qu'il a vu , ce qu'il a entendu , et leur communiquant la surabondance des grâces qu'il reçoit, il les instruit, les guérit, les vivifie, et combat te mal sous toutes les f«ees et par toutes les voies; De là, les œuvres surnaturelles d^ prophètes, des apôtres et de^ sainte.
L'homme^ qm est en rapport avec Dieu par la foi^ ou qui croit en Dieu^ éprouve à la pensée de Dieu ou en sa présence^ un sentiment particulier de respect et de vénération. Ce sentiment a un double élénnent, la crainte et Tamour. La crainte parait d'abord> quand la créature se voit avec sa faiblesse et ses misères en* face de l'Etre universel qui Ta créée, qui la conserve et dont elle dépend : c^est le commencement de la sagesse. L'amour nait ensuite, par le sentiment intime de l'action de Dieu, qui, étant à la fois pour Tâme la source de son être et son souverain bien, l'attire doublement à lui', comme principe et comme Gn.
Dieu est présent partout, et ainsi l'homme ne peut jamais se dérober à son action. Mais il n a pas toujours le
sentimeot de cette présence , la conscience de cette action, surtout quand il ne réagit pas Yolontairement Ycrs Dieu, quand il est sans foi, ou si sa foi n'est point vivante. Mais si; médiatement ou immédiatement, il entre dans une communication reconnue avecrÉtre des êtres, il en reçoit alors une certaine impression; il éprouve un sentiment particulier, plus profond en raison de sa foi et de la manière plus intime dont il peut communiquer avec son principe. L'homme qui a de la foi ne peut prononcer on entendre le nom de Dieu sans respect ; car il y a une yerta dans ce nom ! « Tu ne prendras point en vain le nom de Dieu. » On invoque le nom pour attirer le regard et le secours de celui qu'il désigne, et pour exciter plus vivement le cœur à s'élever vers lui; car l'objet peut agir par son nom, qui est à la fois le signe et l'instrument de sa verta. Toutes les choses qui se rapportent à Dieu et qui nous en rappellent le souvenir produisent en nous un effet semblable. Un temple , un autel , une cérémonie , une image sacrée , excitent une vénération qui passe du signe à la chose signifiée. Il en est de même , quand la pensée de Dieu s'offre à notre esprit, soit que nous méditions ses grandeurs et ses perfections, soit que, sur les ailes de l'intelligence, nous nous élevions à la contemplation de l'infini , soit que, par la prière et surtout par la prière du cœur, rame, détournant son regard de tout ce qui est fini, laissant tomber les mots, les images et les idées , s'expose purement, nuement en face de Dieu, pour être pénétrée de sa lumière et de sa chaleur.
Le respect se compose de crainte et d'amour; il impose et atlache à la fois par le mélange de ces deux éléments.