‹ Philosophie moraleChapitre 205 sur 224 · PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. V · texte numérisé non relu

PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. V

autre instinct de la Tolonté, qui est au fond de ses désirs, qui anime son activité, l'instinct de sa destination, qui la pousse toujours en avant vers un but mystérieux qu'elle entrevoit. L'âme aime donc Dieu, et elle est attirée et poussée vers lui de deux manières, par une attraction objective qui vient de Dieu même, l'appelant à lui comme centre , et par une impulsion subjective, qu'elle ressent en elle et qui l'emporte vers Dicai , sa J(i^. dernière. « Nemo potest ad me^ ventre, nisi pater, îtjti niisU me, traxerit eum, » ( Joan. vi, 44. )

Quand rhomme sait mieux ce que Dieu est pour, lui et ce qu'il est pour Dieu, le respect amène Vado" ration , qui est à la fois un sentiment et un acte. Le sentiment est complexe ; il y entre de l'étonnement, de la stupéfaction devant Tinfinité et la grandeur de la puissance de Dieu, de l'admiration à cause de la magnificence et de la beauté de ses œuvres ; puis de la reconnaissance pour sa bonté qui nous a créés gratuitement^ qui nous a tout donné par, amour, et enfin la conscience de notre impuissance à lui rendre ce que nous en avons reçu. Ce sentiment s'exprime par l'acte de l'adoration, c'est-à-dire par l'hommage que nous rendons librement à Dieu, comme au Seigneur souverain de nous-mêmes et de toutes choses^ reconnaissant notre dépendance et

lui faisant rofTrande ou Toblation de notre personne. Telle est Tadoration en esprit et en vérité.

L*adonition est le fait le plas éminemment religieux ; elle est le complément de la vie psychiqne , comme la foi en est le principe. C*est la foi pleinement manifestée, réalisée. Ce fait est très-complexe ; car il est le résnmé oa l'aboutissant de plusieurs autres, et, comme il arrive toujours dans les mélanges , de la pénétration des âéments résulte un produit nouveau , qui n est plus seulement la sooune des parties int^rantes.

D^abord Fadoration a Dieu seul pour objet , taudis que la crojance, le respect, la vénération , la crainte, Famour peuvent s'adresser à des créatures. Adorer ne autre que Dieu, un autre que le créateur, est une idolâtrie, une superstition, une corruption du cœur. Ce mot est quelquefois employé dans les livres saints pour exprimer le respect ou les honneurs rendus à ua homme qui impose par sa supériorité : c'est une Ogure , et personne ne peut s y tromper. Les païens adoraient les créatures par ce qu ils les substituaient à la divinité dans leur pensée et dans leur amour. Us voulurent adorer Paul et Barnabe qui venaient de fake marcher le pamlvtique de Lystre, et ceux-ci sècrièni^nt avec indignation et en déchirant leurs vêtements : * >'ous sommes des hommes comme vous, et Dieu seul est adorable ! * L ÎCTonince ou la mauvaise foi ont pu seules accuser d idolâtrie 1" Église catholique, et h force du préjugé est telle, quand il est implanté de bonne heurv dans les esprits et transmis pour ainsi

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