PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. V
dire avec le sang, qu'aujourd'hui encore, après que toutes les difficultés dogmatiques ont été mises à jour par la polémique des derniers siècles , cette absurde accusation est répétée malgré les dénégations les plus formelles et les plus lucides explications. Les catholiques n*adorent ni la sainte Vierge ni les Saints, ils les honorent et les vénèrent; ils témoignent Fadmiration et Tamour qulnspirent leurs vertus, leur dévoûment, leur pureté; ils les invoquent comme de puissants intercesseurs, jouissant de la lumière de Dieu et pouvant nous aider efficacement par leurs prières, parce qu'ils sont entrés dans la gloire. Nous inscrivons leurs noms sur les frontons de nos temples , sur nos autels , ponr nous mettre plus spécialement sous leur protection , les regardant comme des chefs invisibles qui veillent sur nous , nous guident dans le combat contre le mal et nous animent au service de Dieu. Bien en tout cela ne ressemble à Tadoration.
Il y a, dans le sentiment de Tadoration , de Tétonnement devant la grandeur infinie de Dieu , devant sa puissance sans limite. Ce sentiment est encore rehaussé par la vue de notre faiblesse et lespèce de confusion qu'elle nous inspire; il est, comme nous le verrons plus bas, rélément principal du sentiment du sublime. Cela suppose une certaine connaissance de Dieu et de nousmêmes. Aussi l'enfant n'est point capable d'une véritable adoration. L'idée de Dieu est trop confuse dans son esprit; les sens et l'imagination lui présentent toujours quelqiie image , et, s'il n'était soutenu par la parole de vérité, il tomberait dans l'idolâtrie, comme tous les peuples en-
fants. Il sent Dieu , mais il ne le connaît pas ; il a besoin deTimaginer, et c*est pourquoi il ne peut en soupçonner rinfinité. En outre, il ne se connaît pas loi-méme, iln*a éprouvé ni sa force, ni sa faiblesse, et ainsi il ne pent ressentir rhumilité, qui naitdn sentiment de notre néant devant Dieu.
L*admiration, excitée par la miçnifioence et la beauté des œuvres du créateur , suppose un esprit assez développé, assez éclairé pour discerner cette beauté, appréder cette magnificence et comprendre ce qa*il font d'intelligence et de puissance pour les produire. Ces deni éléments de Fadoration sont esthétiques, ils Tiennent surtout des sens et de Timagination. Mais il y entre quelque diose de moral , de personnd , qui nous tourne Ters Dieu , et nous lie à lui d*nne manière particulière, par la Tue de ce qu*il a fait pour nous et la conscience de ce que nous lui devons : c'est la reconnaissance que produit en nous la conviction de la bonté deDiea à notre ^rd; bonté toute gratuite, puisqu'il nous a aimés le premier et sans que nous avons pu le mériter en aucune façon. Ici la grandeur du don nous écrase , comme toatà-rheure le spectacle de la puissance et de la force, et nous restons anéantis sous le poids de notre reconnaissauct\ ne pouvant rendre que notre bonne volonté , puisque tout appartient à D:ea , et qu'il n'a aucan besoin delà créature. De et" double sentiment de notre faiblesse m face de la craniear de Diea, et de notre impuissance 4 lui T\^ndnf ce qu il nous a donné, provient l'acte de fîidorativHî qui sV\pn.îns» c!e deux manières, d'un côté Ctt nx\Mmai$!«aut et dkvîinnt que Dieu sent e^ grand et