‹ Philosophie moraleChapitre 209 sur 224 · PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. V · texte numérisé non relu

PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. V

chant la forme, et en vérité on a déformé ; il est resté un esprit sec, vague, errant, changeant, qui ne sait plus oÀ se poser, ni comment se formuler, et qui , privé de l'expression générale et vraie que l'Église lui avait donnée, en prend une particulière et relative, en chaque individu, à sa raison propre et à sa manière d'interpréter la parole divine. La forme tend toujours à remporter en ce monde , où la matière est si prépondérante et la forœ attractive si énergique, que l'esprit risque sans cesse d'être dominé, étouffé. C'est pourquoi il faut de temps à autre une effusion nouvelle de l'esprit, qui vienne ranimer lé cœur de l'homme et faire jaillir et abonder la vie par-dessus la forme. C'est ce qui n'a jamais manqué chez le peuple de Dieu et dans l'Église. Les prophètes continuaient à travers les siècles la chaîne de la révélation divine, et, dans la société chrétienne, outre la parole d'autorité, qui, par l'assistance incessante de l'Esprit Saint, proclame continuellement ce qu'il faut croire et pratiquer , il paraît à certaines époques dés âmes choisies de Dieu pour être defe vases de sa lumière , ûeà canaux de sa grâce, et qui, pat* la sainteté de leur vie et là puissance de leur parole, réveillent lé zèle, enflamment III volonté , illuminent l'intelligence et renouvellent la piété sur la terre. Ainsi s'opèrent les véritables réformés, qm ne brisent jamais l'unité ; elles commencent par le dedans^ au cceur, s'insinuent peu à peu dans les membres comme une nouvelle vie, les rattachent plus étroit^neht m centre, en les épurant successivement de tout ce qui est hétérogène, et tournent le mal même et les abus à Tacfroissement et à la ootisolidation du bien.

La vraie piété eitt donc à la fois inlérieore et eitéricare. Elle part da cœur et se répand dans rhonune tout entier; die agit par toute sa personne. Le désir de plaire à Dieu, de lui être agréable et par conséquent d'accomplir sa tokmté, en est ïàme ; car la foi doit opérer par la charité. Celui qui dit , Seigneur, Seigneur, n'entrera pas pour cela dans le royaume du ciel. Quand j'aurais la sdeuee des choses du del et de la terre, quand j'aurais la foi qui transporte les montagnes , si je n'ai la charité , cela ne me sert de rien, f Cor. xin, 2). Il faut Famour qui se justifie parles œuvres. Ainsi se démontre la piété véritable.

De la foi, sentiment fondamental de la vie psychique parce qu'il met Thomme en rapport avec Dieu, dérive le sentiment de V infini y lequel se produit sous trois formes diverses qui sont le sentiment du Bien souçerain, celui de la Vérité universelle et celui de la Beauté absolue; car l'idée une de l'être y fille de la lumière divine et mère de la science humaine, se îéfrange dans Tesprit de Fhomme en trois idées principales, correspondantes à la triple manifestation de Dieu, en lui et hoi^ de lui. Ces trois idées, identiques entre elles par l'unité de l'infini qu'elles représentent, sont distinctes Tune de l'autre en ce qu'elles l'expriment dans des relations diverses. Il en est de même des sentiments

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