PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — GHAP. T
qu'elles excitent^ par lesquels nous devenons capables de goûter et d'apprécier le bien , le vrai et le beau dans les choses créées.
L*idée de Dieu, oa de TÉtre universel, se forme en nous par Faction de lobjectif divin que nous recevons dans notre flme, et vers lequel nous réagissons avec foi. Tout homme qui croit en Dieu, a de Dieu une idée toujours relative à sa foi. L'idée des êtres n*est donc point le produit d*une abstraction ; elle provient d'une génération qui implique le commerce de Tobjet avec le sujet. Or, l'idée de Dieu est, dans la science, ce que Dieu est dans Tunivers, ridée mère, source et terme de toutes les autres, sans laquelle elles u*out ni substance, ni sens, ni but ; et la science elle-même n'est que la réflexion dans Tentendement humain de Tidée universelle, ou la puissante analyse de tout ce que cette idée renferme. Ici re parait la loi générale qui préside à la manifestation de Fêtre et des êtres. Dieu est un et triple par son éternelle génération; il a créé rhomme à son image, et toutes les créatures portent des traces de sa ressemblance. La trinité dans Tunité doit donc se retrouver plus ou moins distincte dans toute existence du ciel et de la terre , et il est impossible d'expliquer à fond une chose quelconque sans rintelligence et r application de cette loi fondamentale. L'idée de Dieu ou de rÊtre infini la reproduit nécessairement dans son développement , 1 " parce que tout ce qui existe ne peut passer en actualité que par cette série de trois termes ; 2*" parce que l'esprit humain est lui-même constitué par
518 VHILOSQPHW MOA4U.
tooîB tcmm, et 3r pajcce qoetefl olfeto eGitéri^ursayeeleiqDtls U est au rapport sont dan». 1a wièma conditioa. Ea oatre, l'idée, étant la représeatatioB 49 flo» original, B*a de perfection et de vérité que par sa conformité avec lui, et puisque Dieu est un et trois dans son éternelle génératien, on et trois dans sa manifestatioa temporelle , Tidée de Dieu doit être une et triple dans sa nature et dans son déploiement. En d'autres termes, elle doit se résoudre en trois idées , unes en substance et triples par les relations diverses qu'elles expriment. En effet les idées du bien, du vrai et du beau signifient au fond le même objet , Finfini ; mais linfini comme source du vrai et da bean, c'est le bien; manifesté en lumière et rayonnant , c est le vrai; déployé barmonieusement ou pleinement manifesté dans sa grandeur et sa magnificence, c'est le beau. Et cependant bien , vrai et beau ne sont pas la même chose ; il y a distinction et même opposition entre ces termes. On ne doit pas les confondre, et ils forment dans Thomme des idées distinctes, qui président à des manières d'être et d'agir très-diverses, savoir la morale , la science et Fart. L'homme qui a le sentiment du Bien absolu , ou de la perfection dans le bien, est certainement en rapport avec l'infini; celui qui a le sentiment de la vérité universelle, ou de la perfection dans la science, a été touché par Tinfini , et il en est de même de l'artiste qui conçoit le beau idéal et cherche à le réaliser. Il y a, dans tous les trois, commerce avec l'infini , mais par un côté différent et sous une autre face. C'est que, dans notre état présent, nous ne pouvons communiquer pleinement avec l'infini, au moins tant que nous sommes posés dans notre esprit