‹ Philosophie moraleChapitre 213 sur 224 · PARTIE P8YGH01.06IQUB. — CHAP. V · texte numérisé non relu

PARTIE P8YGH01.06IQUB. — CHAP. V

une fausse direction. Il y a donc deux cas possibles. Si celui qui a senti Dieu de bonne heure > qui en a conçu ridée, le désir et Famour, persévère dans sa foi, agit par elle et cherche dans la parole de Dieu Taliment et la rè* gle de sa vie, la vertu d'en haut, qui a fécondé son âme, coQtinuiera à la soutenir, à la diriger, et son développe-p ment psychique se fera régulièrement et solidement sous Tinfluence de la lumière divine. Sa volonté aimera Dieu par-dessus tout et en toutes choses , son intelligence cour templera en Lui la vérité, son imagination n'aspirera qu a la beauté suprême, et il tendra constamment à se conformer, dans ses actions et par ses paroles, au modèle éternel. Cest la voie de la sainteté dans la vie pratique, de la science et de Fart véritables dans la spéculation ; par cette voie s'élève le vrai génie, le génie par excellence, qui surpasse tous les autres, parce que l'esprit de l'homme y est inspiré et conduit par l'esprit de Dieu. Mais il peut arriver, et il arrive trop souvent, que l'âme, après avoir reçu le don de Dieu, le néglige ou s'en détourne, soit que la culture manque ou que la parole divine, qui en est le grand moyen , ne soit point écoutée , soit que la raison ou les passions le re[)oussent. Alors la foi du premier âge s'affaiblit; elle devient vague, obscure, sans objet déterminé, parce que h formule dogmatique lui manque et qu'elle ne sait plus à quoi se prendre. Ne connaissant plus Dieu objectif, l'homme se fait à luimême un dieu subjectif; il se le représente sous mille formes, et ne peut le saisir sous aucune; il demande partout linfini dont son cœur a besoin, et, ne le trouvant nulle part, il se consume à aimer sans espoir et s'évanouit

dans rimpoissance de ses désirs et de ses pensées ; oo bieo prétendant aeqnérir la sdenee nniTerselle par les efforts de son intelligenee, par les traYanz de son esprit propre, il s'épnise en systèmes stériles, qni le charment on instant sans le satisfaire. Dans Fart son imagination délirante dÎYagne, et le goût du beau idéal, qn*ildoit an sentinient de l'infini, n'étant point cnltiré, épnré, sonteno par des croyaoees positi¥es ni par des idées snpérienres, flotte entre le ciel et la terre, s'allie oo plntdt se mésaOk arec tons les contraires ; et, an lien d'être on discernement entre le bean et le laid , le sublime et Tignoble, il déliait un instrument de confusion, prenaot le monstmenx pour le grand , et le mélange des dissonances pour de Tbarmonie : c'est le génie ^ré ou dévoyé par l'absence de la foi. n a encore de la grandeur, de la force; il y a de l'infini dans ses œuvres, car il en a le sentiment et l'instinct. Mais il pervertit le don du ciel ; ce qu'il a reçu ne sort qa a le rendre plus coopable*; il en abuse dans Fiotérèt de sa gloire, de ses passions , et , loin de servir à raccomplissement de la volonté providentielle parmi les hommes , il lui devient un obstacle. Ainsi rennemi parvient trop souvent à gâter le champ du père de famille, en semant Fivraie parmi le bon grain. Ainsi dégénèrent les mœurs, les sciences, les arts, quand la foi ne les soutient plus et que les esprits, se soustrayant à linfluence de la parole divine, s'abandonnent à tout vent de doctrine.

Dans la seconde classe d*hommes , que nous avons appelés hommes du fini , et qui sont certainement les plus nombreux sor la terre, se trouvent ceui qui n'ont ja-

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