‹ Philosophie moraleChapitre 217 sur 224 · PAUTIE PSYCHO£X3G|QU£. ,— CHAP. V · texte numérisé non relu

PAUTIE PSYCHO£X3G|QU£. ,— CHAP. V

sique, et devant les expliquer et les hsiri^onisef l'un par l'autre. Elle cherche à les expliquer par l^ loi de la causalité 9 à les harmoniser par celle de Téquité, par la justice. Quand donc elle entre en rapport avec l'inGni, la Vérité absolue lui apparaît comme cause première ; de là, pour la raison spjjculative, le besoin d'un être suprême qui ait en lui la puissance de tout ce qui existe, et pour la raison morale, le besoin d'une ywj'^^ceaèjo/we qui se donne à tous et ne fasse acception de personne.

La raison a son idéal comme la volonté , riotelligence et rimagination ; c'est toujours 1* infini qui eu fournit le fond, et la forme est donnée par la faculté dans laquelle il se réfléchit. Dès-lors le sentiment de F infini prend une nuance particulière, plus ou moins dégradée ou foncée, si Ton peut s'exprimer ainsi, à mesure quelle s*éloigne davantage du sentiment pur, comme les couleurs dans le spectre solaire sont plus obscures en s' éloignant de la lumière blanche. Le sentiment de l'infini dans la raison, c est-à-dire , dans Tàme développée surtout par la fonction rationnelle , se transforme en sentiment de la cavM première pour la raison spéculative, et de Idt justice oIh solue pour la raison morale ; et , de ce double sentiment sortent deux tendances correspondantes, qui animent et caractérisent la double vie de la raison , sa vie scientifique ou l'exercice de la pensée , sa vie morale ou l'application de la justice. L'homme raisonnable conçoit surtout Dieu comme cause ; il le connaît par la pensée, plus que par le cœur ou par l'intelligence ; il sait mieux le démon-

trer que le sentir on le contempler. Il s'y attache fermement comme à on premier principe, où il dépose tonte la puissance de la causalité. Ici se trouve un écueil. Voyant tous les êtres en Dieu comme des effets dans leur cause, et portée naturellement à expliquer la création comme une production d'effets , ou un écoulement de consécpiences, (car la causalité dans la nature extérieure et la déduction dans la pensée suivent exactement la même loi), la raison risque de tomber dans le panthéisme et cette grande erreur parait en effet dans presque tous les systèmes delà philosophie humaine. Même quand la raison se soumet à la foi, si elle domine dans Tbomme, elle imprime son caractère à la religion, qu'elle tend à réduire en pensées et en raisonnements. C'est pour elle une affaire de logique plus que d'âme, où il y a plus de rigueur, d'exactitude et de régularité que d'élévation, de mouvement et d'amour. Elle a une tendance au pharisaïsme, c'est-à-dire, à exécuter \ littéralement la loi , sans en comprendre l'esprit. Ainsi procède en effet la logique ; elle s'occupe plus de la forme du vrai que du vrai lui-même; elle est plutôt l'art de le formuler que de le découvrir; elle expose plus qu'elle n'invente : ce qui ressort de la constitution même de la raison , de son caractère mixte et de Sii position intermédiaire.

H en va de même dans la vie pratique de la raison. Elle aime le bien , le cherche et veut l'accomplir : mais elle le sent , le œmprt^nd et le fait à sa manière, sous une forme qui lui est piH)pre, suivant l équité rigoureuse et par la wunHMisiaiou des intérêts. L'homme raisonnable, qui a foi tu Du u. se le représente surtout comme le législateur su-

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