‹ Philosophie moraleChapitre 22 sur 224 · PARTIE PSYGHOLOGIQIJB. — CHAP. II · texte numérisé non relu

PARTIE PSYGHOLOGIQIJB. — CHAP. II

L'homme étant composé de deax natures, pour qu'il y lit réellemait développement humain , il faut que les iax natures se manifestent, et ce développement ne sera légnlier qoe si leur rapport hiérarchique est rétabli et Mhsiste. L*àiDe doit avoir la supériorité sur le corps, an flMfltt le plus habituellement; et, quoiqu'eUe soit exposée i toutes sortes d'influences et d'impuMons qui lui arrirent par le corps, ce qui donne au corps une grande influence dans ses déterminations, cepeudant elle doit toajours lui imposer son autorité et ne jamais se désister du gouvernement. Là où la nature physique règne exduihrement, c'est nue vie animale et non une vie humaine. L'âme est au fond ; mais , accablée par la matière , elle ne vit point encore de sa vie propre, elle ne peut se manifester comme âme ni arriver à la conscience d'ellemême. Napoléon regardant son fils nouveau-né demandait à quelqu'un : < Croyez-vous qu'il y ait une âme làdedans? » cela vonlaiVdire : Je ne vois au dehors que les Agnes de la vie animale, et par conséquent je ne puis en inférer qu'un principe animal : c'était une conclusion par induction. Autant vaudrait demander si la fleur est dans le germe de la plante, si l'épi est dans le grain de froment, quand l'œil n'en voit encore rien paraître. Ainsi h puissance de l'humanité est dans l'enfant, et elle en sortira avec le temps et les excitations convenables.

Tant que l'enfant n'a point le saitiment de sa nature psychique, il vit animalement et par conséquent sans dirôion en lui-même, sans lutte avec lui. Mais quand, msraetkmde la parole, l'âme s'éveille et commence à

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réagir par la volonté et par riatelligenoe, alors les besoins de Fàme paraissent , de nouveaux désirs naissent, ane loi supérieure se pose, et lindividu sent en lui une doubk vie, la vie morale qui se remue au-dedans et la vie physique ou extérieure qui s'agite dans son corps. IjO joug da corps semble à l'âme pesant, indigne d'elle, et la loi spirituelle, qui impose des commandement&eontraiires aux exigences de la chair, entre en guerre avec la loi pbysi^ qjote. De là une scission, une opposition où la liberté se constitue ; car la volonté, en rapport avec deux ordres de cboses divers, excitée par des influences opposées, et cependant ne pouvant vouloir qu'une chose à la fois , est obligée de choisir, et ainsi de discerner, de juger. Alon s'établit la vie vraiment humaine ; l'homme sent et agit en. homme, non plus sous l'impulsion unique de l'iinu tinct et des appétits grossiers , non plus en instrument de la nature physique, mais en supérieur, en juge en arl>itre. Il commence la fonction de médiateur qui ressort de sa double nature; il entre dans la voie de sa destination.

Mais ce qui est encore plus triste que l'abaissement ' originaire de l'homme, conséquence fatale de la première prévarication du genre humain, c'est la dégradation volontaire de l'individu déjà développé, et qui , après avoir eu la conscience de sa nature morale et le sentiment de sa supériorité, se laisse de nouveau subjuguer par la nature physique, en sorte que la volonté et rintelligence deviainent les servantes du corps et de la matière. On ne tombe point tout d'un coup dans ce misérable état; on y arrive

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ins^siblement par une pente qui entraine plus bas chaque jour ; et enfin, à force de céder à Finstinct animal, aux besoins et aux appétits naturels et factices, la volonté, sans perdre absolument la puissance de leur résister, n'a plus le courage de combattre; elle est yaincue dans chaque occasion et à la première impression. L'homme est tombé dans la senritude. Il agit presque conmie l'animal ou la plante, il est même plus bas que l'un et Fautre; car ils sont à leur place, vivant conformément à leur nature; lui est déchu de la sienne; il a abjuré ce qu'il a de plus noble : c'est un être dégradé. Que de<vient alors «a liberté? De fait, il est esclave, puisqu'il n'a plus d'empire sur lui-même, puisqu'il est devenu passif sons l'esprit mférieur qui le domine; car tout homme est esdave de celui qui l'a vaincu (11^ Ép. de S. Pierre, cbap. 2, V. 19) , et l'^et inévitable de la passion est de paralyser en tout ou en partie l'usage de la liberté. Mais la liberté elle-même ne peut se perdre ; elle est inaliénable, parce qu'elle est essentielle à l'humanité. Elle subsiste donc en virtualité , dans sa racine, ou comme puissance, comme faculté; mais c'est une puissance inerte, une racine stérile, une vertu morte, une faculté sans exer-' dce. Bien de plus déplorable pour l'homme que de se laissa ainsi dominer dans la partie principale de son être, en s'abandonnant par faiblesse, on en se vouant par une volonté perverse à l'influence mauvaise qui en fait l'instrument ou le jouet de sa fureur. Souvent il ne peut être tiré de cette servitude que par un secours extraordinaire, par une grâce spéciale qui vi^t l'éclairer et le fortifier

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