FARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. II
duit. Ou a procédé à peu près de même en psychologie. On a dit : Il y a tant de facultés ; les uns en ont reconnu plus, les autres moins. Les facultés intellectuelles, morales ou sensitives , sont toutes nécessaires à Texistence humaine , et composent par leur réunion ce qu on appelle Fàme. Elles s impliquent mutuellement, en isorte que Tune ne peut entrer en exercice sans que les autres n'y participent ; il est donc inutile de leur assigner un rang, car elles sont toutes dune importance à peu près égale , et il n y a point de raison suffisante pour les classer rigoureusement. Ce qui veut dire, en définitive, qu on renonce à les ordonner exactement faute de connaître leur généalogie. Nous devons cependant rendre justice à Gondillac sous ce rapport ; son système , tout indigeste qull est , est au moins une tentative de science psychologique. Il a senti la nécessité de ramener les facultés à r unité et de les subordonner entre elles , «n les réduisant à la sensibilité qui doit les produire par sa transformation. 11 y avait du génie dans son aperçu, ou au moins un pressentiment remarquable de la vérité^ mais il y a eu beaucoup d'ignorance et de légèreté dans l'établissement de son système. Oui , nos facultés sont des transformations ou des conséquences, non point d*one autre faculté , mais d'un principe qui les contient toutes virtuellement. La volonté , Tintelligence, la sensibilité, c'est toujours Tâme voulant , pensant, sentant de telle manière, et ainsi se transformant pour se manifester. Alors se présente cette question : N'y a-t-il pas entre ces facultés un ordre établi par la nature et qui doit déterminer leur dignité respective? Cet ordre est-il le même
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que celui de leur déyeloppement apparent? Non, il n est pas le même, et il ne peut pas Vêtre, parce que l'homme a été bouleversé dans son existence dès Torigine, et le rapport entre les deux natures qui le constituent interverti. La nature physique ayant pris le dessus , le développement animal s'opère d'abord ; et ainsi les facultés qui paraissent les premières, loin d'être les plus nobles, sont au contraire les plus superficielles, les plus extérieures, celles qui tiennent de plus près au corps et à la matière. Quand l'homme est formé , ou plutôt reformé par l'éducation, quand il est homme dans toute la vérité de ce mot, c'est-à-dire rétabli dans la constitution primitive de son existence, ou tel que Dieu l'a fait, alors, bien que les sens soient toujours nécessaires pour que les impressions, les excitations et les motions arrivent à l'esprit et à la volonté , bien que les opérations de la pensée et le travail de la raison soient très-utiles, quelquefois même indispensables , pour amener une décision par le discernement et l'appréciation des motifs, cependant, ces facultés ne sont que les ministres de la volonté, à qui seule il appartient de décider en définitive , par le oui ou le non, et surtout en donnant le branle à l'action par le choix de sa liberté. Aussi telle la volonté, tel l'homme. Sans elle les autres faculté manquent de stimulant, de direction et de soutien; leur activité, leur opération n'aboutissent à rien de net , de définitif. Par elle tout marche au but , et la multiplicité se ramène à l'unité. A quoi servent l'esprit et Fintelligencc sans la volonté qui choisit et applique? Ceux qui peneaucoup et le plus subtilement sans savoir bien