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PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. II

L'homme ne devient quelque chose , en hicn et en mal, que par la volonté. Elle est vramient le signe caractéristique de r humanité; elle constitue le caractère. Le plus souvent ce ne sont pas les moyens de faire qui manquent , c'est la volonté. Les plus hautes facultés de l'esprit, les plus grandes qualités ne produisent rien, si la volonté ne les met en jeu , si elle ne se donne la peine d^ les exercer ou de les appliquer. Les meilleures inspirations et les plus e](cellents désirs n'opt aucun résultat, tant que la volonté n'est point sérieusement décidée à les réali-^ ser , quand elle n'a point en elle ou ne reçoit point d'ail-» leurs la force et l'impulsion nécessaires pour se mettre à Tœuvre et passer en acte.

Du reste la volonté , qui commande aux autres puis-^ sauces et les met en mouvement, en a grandement be-^ soin , non-seulement pour exécuter ce qu'elle veut , mais encore pour le vouloir sincèrement, s'éclairer dans ses déterminations et trouver les moyens les plus couve*» nables à ses fins. Les sens , la mémoire, l'imagination, la raison , toutes les facultés de l'esprit lui rendent des services continuels ; elle ne peut agir sûrement et dignement dans l'état présent sans leur secours. La première dans la hiérarchie naturelle et par l'autorité, elle vient souvent en dernière ligne dans l'expérience , quand il faut délibérer, c'est-à-dire observer, comparer, penser avant de décider. C'est un roi qui a grand besoin de ses ministres pour le conseil et l'exécution : il doit prendre leur avis, mais il n'y est point lié, parce qu'en définitive, étant investi de la souveraineté , il peut décider même contre U

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bon sens et le droit. D'où naissent à la fois^ la grandeur et la misère de la volonté.

Il y a dans la ydonté de chacun on abtme insondable , c'est pourquoi rien n'est plus mystérieux, ni plus respectable, que la liberté et sa détermination. C'est le sanctuaire de l'humanité , par lequel elle communique aTcc k source même de son être , receyant par cette voie des impressions , des inspirations , des motions , souvent inexplicables à la raison , et qui se justifient sealanent par révénement. Nous examinerons ailleurs les diverses manières d'agir de la volonté.

Toute créature a besoin de nourriture. Elle ne peut se nourrir que de ce qui est homogène à son fond, et ce qui lui est le plus homogène, c'est la source dont elle est, L'àme a donc aussi besoin d'aliment ; elle est même la plus affamée de toutes les créatures ; car elle ne peut cesser de vouloir, de désirer, d'attirer à elle, comme le feu ne peut cesser de consumer. Si donc toute volonté humaine veut et ne peut cesser de vouloir, si l'objet de son vouloir est l'être et le bien-être, et si aucun objet fini ne peut contenter son besoin , toujours actif, toujours renaissant, nous devons en conclure que l'infini seul peut la nourrir et la satisfaire; d'où suit l'induction légitime que l'infini est son principe , qu'elle est fille et type de l'infini.

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