PARTIE PSTGHOLOaiQUB. — GHAP. II
orée ses motift par sa pensée , par sa manière d'envisager les objets , en sorte que là encore sa lilierté se retrouve dans la réflexion , la comparaison , le discernement et la délibération.» En outre, quand les motifs se compensent ou se détruisent les uns les autres , et cela arrive la plupart du temps datH» la délibération , la volonté devrait rester immobile , comme le fléau d'une balance en équilibre. II n'en va cependant point ainsi. I^ balance morale se décide malgré la neutralisation des motifs; il y a en elle, au e&Oitte de son levier, à son point d'équilibre, une force mt generis^ qui a la puissance de s'ajouter d*un côté ou de Vautre, et ainsi d'entraîner le bassin le moins pesant , â cela lui convient.
Tout acte de liberté est un fait complexe. Il implique d'abord le mélange du subjectif et de l'objectif, puisque le sujet ne se dédde à agir qu'après une impulsion externe ^ par un motif, donc sous l'influence d'un objet. Puis au fond de l'acte il y a toujours le besoin , c'est-à-dire lé vide qu'éprouve la créature ne pouvant se suffire à elle* même ou épuisée par son développement. Ce besoin fonder est celui de l'être, de la vie, de la nourriture. Il se divise en besoins secondaires, relatifs aux diverses parties de notre existence, aux deux natures qui nous constituent et à leurs appétences. Chaque besoin senti pousse la volonté à chercher l'objet qui lui correspond, tendance vague et aveugle tant que cet objet n'a point agi lui-môme sur le sujet. C'est l'amour en général ou la racine du désir; ce n'est point le désir en acte ou réel , déterminé, puisqu'il n'y a encore aucune connaissance de l'objet : ignoH
nuUa cuptdo» Mais comme il y a des pressenlimentSy aTànt Factualité de l'impression et du sentiment, on peut dire aussi qu'il existe un pré -désir ou un désir avant-conh reur, qui est simplement la tendance instinctive de la nature vers ce qui lui est analogue. Cette tendance s'édairera et prendra une direction précise^ après que l'objet, par son impression sur le sujet, lui aura révélé sa nature, ses propriétés, ses qualités, et surtout sa convenance et sa disconvenance avec lui. Dans cette impression est le pouf^ quoi objectif de l'acte de la volonté , la raison suffisante de sa détermination ou le mobile qui la fait agir dans un sens et non dans un autre. Beste le pourquoi subjee-iif, ou la raison suffisante interne qui est la volonté même ayec sa liberté, ou sa puissance, de se décider par ou contre tel motif : stat pro ratione voluntas. L'acte libre est complet quand la tendance instinctive et aveugle devient, par la connaissance de Tobjet, recherche voulue et intelligente. Cette puissance de réagir d'abord obscurément, ensuite avec conscience, s'appelle la spontanéité du sujet. Elle est au fond de tous nos désirs; c'est la racine de notre activité.
§ te.
SlTaete de la créature^ si sa spontanéité n'est jamais qu'une réaction , il est évident que cet acte ne peut être a priori^ ni cette spontanéité absolue. La volonté créée n'entre en exercice qu'à la condition d'une action prévenante et excitatrice. L'acte^