‹ Philosophie moraleChapitre 32 sur 224 · PARTIE PBYGHOIiOGIQUE. — CHAP. II · texte numérisé non relu

PARTIE PBYGHOIiOGIQUE. — CHAP. II

projection de l'être^ est Teffet d'une motion^ et toute motion suppose une force motrice et une force muable, un agent et un patient. Tout acte partant de l'être créé a donc un double principe , l'un objectif^ l'autre subjectif; aucune créature n'a rinitiative de son développement. Aucune ne peut vivre par elle 9 parce qu'aucune ne s'est donné la vie. Si Thomme existe, s'il vit et possède, c'est qu'il a reçu; s'il sait, c'est qu'il a été instruit; s'il parle, c'est qu'on lui a parlé; s'il se meut, c'est qu'il est poussé : s'il agit, c'est qu'il a un motif. La spontanéité absolue n'appartient qu'à Celui qui est par Lui-même.

Cette analyse de Taete libre jette quelque lumière sur les questions d* origine; car, tout ce qui s'établit dans le monde partant en définitive de la volonté humaine , Texplication de Facte primitif de la volonté vaut pour tous ses actes et ponr leurs résultats. Étant reconnu que la créature est nécessairement dépendante, qu'elle n'est, n'existe et ne se développe que par un principe objectif qui la pose et la soutient, nous devons en conclure qu'il en est ainsi de tous les modes de son activité, que la même loi régit toutes nos facultés, c'est-à-dire que leur exercice, toujours secondaire ou à posteriori, n'a lieu que par la sti-f mutation d'un agent extérieur. C'est le sens de cette parole : « Qu*aveZ'V0U8 que vous ri ayez reçu * ?» On peut donc affirmer philosophiquement que l'homme n'a que cç

» l Cor. iT, 7.

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qui lui est donné, et que par lui seul il ne pourrait nea : ce qui place au commencemeat de toutes les institatioiis humaines un principe supérieur dont elles dérivent ^ qui leur donne la vie , la sanction et Fautorité. Nous rer trouvons cette vérité dans les traditions et les croyances des peuples. L'origine de tout ce qui servit à développer et à perfectionner Thumanité, à savoir le langage, la société, le gouvernement, la religion, les sciences, les arts, même les arts les plus utiles à l existence physique, .comnie r agriculture, la métallurgie, etc., a été attribuée par l'antiquité, plus rapprochée que nous de rinstitution des choses, à utie intervention divine et surnaturelle, au cornmerce de Thonmie avec un monde supérieur. La mythologie grecque, issue de la mythologie égyptienne, n'est qu'un système d'explications symboliques et mythiques des choses religieuses , morales et politiques de la société. Au fond de chaque invention et de chaque établissement il y a toujours l'inspiration d'une divinité révélant à 1 homme ce qu'il devait faire et conmient il pouvait le faire. Il n'y a pas en effet d'autre moyen pour la raison de sortir du cercle vicieux où elle s'enferme nécessairement, dès quelle veut expliquer à elle seule une origine quelconque. Rousseau l'a parfaitement démontré dans la question de la formation du langage. Il faudrait à l'homme une langue déjà faite pour former la premiè]:e langue; car l'invention des mots et de leur significaticm suppose l'exercice de la pensée, et l'esprit ne peut penser sans mots. De même si la convention a présidé à la formation de la société , une convention n'étant possible que par une langue commune, et la langue n'étant possible

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