‹ Philosophie moraleChapitre 4 sur 224 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

naissant la faculté d'en tirer les conséquences et de Les appliquer. Nous affirmions avecKant qu'elle est sans valeur objective, n'atteignant pas la vérité en soi, et qu'ainsi livrée à elle-même dans les questions métaphysiques, elle produit des notions contradictoires qui se neutralisent ; et dans l'ordre des faits physiques , constatés par les sens ou le témoignage , elle donne une probabilité plus ou moins forte , équivalente à la certitude dans la pratique.

Le scepticisme pouvait sortir de là ; les théologiens l'ont senti, et ils ont réclamé avec droit.

Ils ont vivement attaqué deux conséquences qui ébranlent les fondements de la science théologique.

La première, c'est que la raison ne peut démontrer l'existence de Dieu. Kant avait cru le prouver de deux manières : à priori, en montrant l'impuissance de la raison , qui ne saisit jamais Vétreensoi, mais Je*conclut, ce qui lui donne une notion logique^ à p(;5^mon , en balançant les uns par les autres les arguments pour et contre, comme des quantités positives et négatives qui s'effacent , en sorte que le doute était le résultat nécessaire de la discussion. Ces vues ingénieuses nous avaient séduit. Depuis^ nous en avons reconnu l'exagération par une étude plus approfondie de la raison.

L'autre conséquence^ non moins grave, c'est que la raison seule ne peut établir les motifs de crédibilité de la religion chrétienne, qui repose sur des faits surnaturels , les prophéties et l68 miracles ; en sorte qu'un incrédule ne pourrait être ramené A.la foi par la raison, la raison n'atteignant point le surnaturel, ^ ne le connaissant que par la foi. Il faut donc la foi pour arflver à la foi , nous disait-on ; vous tournez dans un cercle viicdenx. Après de mûres réflexions , nous sommes restés con- "vaincii que nous avions trop restreint la puissance de la raison, et confondu deux choses théologiquement différentes, savoir, les miracles et les prophéties, comme motifs et comme ibjets de foi.

Nous n'avons jamais pensé à révoquer en doute la vérité des

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