PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. III
son intelligence ni à sa volonté la possibilité de s'exercer ; esdaTe da monde, qni le domine par la nécessité de ses kns ; esdaye de ses semblables , dont les soins lai sont indispensables à son entrée dans la vie, et qui disposent à leur gré de sa personne. 11 peut devenir libre comme il pent devenir raisonnable , car il porte en lui la puissance de ces facultés ; mais à coup sûr il n'est en naissant ni Ton ni l'autre. Il naît réellement dans les fers ou dans les entraves de toutes les nécessités physiques , et le but de son existence est de s'en affranchir et de conquérir cette liberté qu'on lui accorde si gratuitement à son origine , et à laquelle il ne parvient que par une longue éducation et beaucoup d'efforts.
L'instinct y considéré d'une manière générale, est ce qui porte ou pousse toute nature vivante à son développement et par suite aux moyens de ce développement. Il est l'expression du besoin foncier de chaque être, de sa constitution , et il tend toujours vers l'objet de ce besoin, vers ce qui répond à cette constitution. Il se montre dès que l'être commence à vivre , et ainsi ii entre en exercice par l'action objective qui vivifie. Chaque créature a un instinct général et des instincts particuliers qui ressortent, l'un de son caractère générique , les autres de son caractère propre. C'est ce qui fait^ sous le rapport de la vie , la distinction la phis saillante des genres , des espèces et des ia«^ dividus.
L'instinct est Texpression spontanée de la natore de chaque être ; il tend naturellement et irrésistiblement yen. ce qui est nécessaire pour entretenir et développer la Tie ;; il y tend sans connaissance , sans direction libre , par k. seule impulsion du besoin qui va droit au but. Il y a des. instincts généraux qui sont communs à tous les êtres vivants , quelles que soient leur organisation et leur forme;, car tous ont besoin de vivre , et ainsi exécutent natord-^ lement les mouvements et les fonctions qui se rapportent à cette fin. Mais tous ne vivent pas de la même manière, parce que leur corps n'est point composé des mêmes éléments , n'a point la même structure et fonctionne différemment : de là des instincts spécifiques , oonununs à tous ceux de la même espèce , et enfin des instincts individodSi qui sont les instincts de l'espèce modifiés par les qualités de rindividu , eomme ceux du genre le sont par les propriétés de l'espèce. Il n'y a point en effet deux individus parfaitement semblables dans la réalité , et par conséquent il n'en existe pas deux qui vivent exactement de la même façon. Cet aperçu ne pourrait-il pas nous conduire à une nouvelle manière de distinguer les êtres de la natore, pour établir une classification plus vivante en histoire naturelle? Ce serait de prendre pour caractères fondamentaux les instincts les plus remarquables des créatures animées et de les ranger en ordres, en classes , en genres, d'après les indications naturelles de leur manière de vitre, et du mode de leurs fonctions vitales, tant sous le rapport organique que sous le rapport de leurs mœurs. îa classification actuelle est tout anatomique ; elle porte- *^>uvent sur des caractères purement extérieurs, et^ainsk
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peu philosophiques. Celle que nous voudrions sinon y substituer, au moins y ajouter , serait plus physiologique, nous oserons même dire plus psychologique ; car elle is'attacherait au principe vital, quel qu'il soit, de l'existence des animaux et à ses principales manifestations ; ee qui donnerait à la science de Fhistoire naturelle quelque chose de plus dynamique , de plus vitaliste , de moins matériel.
Comme il y a dans l'homme deux natures , il y a aussi en lui deux espèces d'instincts ^ celui de l'âme et celui du corps. L'instinct de l'âme, tendance innée de la nature psychique vers Finfîni , est au fond des besoins les plus nobles de l'hu* manité, de ses désirs les plus élevés, de sa vie vraiment humaine; mais il ne se montre distinctement qu'à l'époque où l'homme est capable de recevoir, de sentir et de comprendre une influence spirituelle. L'instinct physique parait le premier dans l'enfant. Quelque grossier qu'il soit au commencement, il n'est cependant jamais purement animal, parce que l'âme, déjà active sous la masse corporelle, rayonne dans les mouvements et à travers les formes organiques. De là les signes précurseurs de l'intelligence et de la liberté.
Si rinstinct est Texpression spontanée de la vie , il suit qne chaque être vivant a son instinct, les êtres spirituels
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