‹ Philosophie moraleChapitre 51 sur 224 · PARTIE PSYOHOLOGIQUB. — CHAP. III · texte numérisé non relu

PARTIE PSYOHOLOGIQUB. — CHAP. III

Diea y et par conséquent des vérités immuables , inaltérables comme la sagesse divine. Elles sont an fond de tons les êtres créés , et elles en constituent les caractères généricpies et spécifiques par leur distinction , de même que par leur manifestation successive elles soutiennent la vie des générations et des individus. Chaque semence d'existence porte en elle le reflet ou le rayon d'une idée , et elle doit l'exprimer par son développement. C'est ainsi qne ks créatures proclament le Créateur , racontent sa gloire, parce qu'elles sont les expressions symboliques de sa puissance et de sa vertu. Leur enveloppe ou leufr corps est déterminé, dirigé dans sa formation, dans son organisation, par l'idée de la semence ou du germe. Or l'àme humaine est aussi une sem^ice , semence de Dieu, comme dit saint Jean (I Epître^ m, 9). Elle doit se développer sur la terre, où elle a été déposée , et son développement sera nécessairement en raison de ce qa'elle est en elle-même, et de ce qu'est pour elle le monde où elle est obligée de vivre, avec lequel elle cmnmunique par la substance physique qui la recouvre. Cette substance, unie par les liens mystérieux de la vie au principe psychique qui ïinformeen l'animant, s'organise, se fiiçonne, se dispose conformément aux puissances, aux faculté et aux fonctions de la nature supérieure qu'elle doit servir à manifester ; elle devient le corps de Y esprit qui la moule et la meut, et il y a entre eux même rapport qu'entre la parole et l'idée , la lettre et le sens , le signe et lax^hose signifiée. Le corps est donc le symbole vivant de ce qne Tâme est au fond , en même temps que l'instrument naturel de son activité. Voilà pourquoi il y a

tant d^analogie entre 1* intérieur et Textérieiir de rhomme, entre les sentiments, les affections, les opératioiifi de son &me et de son esprit , et les mouvements, les formes et les linéaments de son corps. Sur ce rapport est fondé le sens naturel du langage et des langues , et toute l'iiisti* tution des signes , dont les éléments et les corabiiiaisoiis fondamentales n*ont rien d'arbitraire. De là toat ee qtti est comparaison, métaphore, allégorie, parabole, anagogie, apologue, en un mot tout ce que lesrfaâenn appellent figures et sans quoi il n'y a ni âoqoenee , ni poésie, ni même de langue.

Si nous appliquons cette considération génénle aai détails de Texistence humaine , la vérité en deriendra encore plus saillante, et les caractères particuliers de la forme et de F organisation de l'homme s'expliqueront, non par des raisons extérieures et des circonstances ao>' cidentelles, mais par la nature et les facultés duprindpe qui l'anime. Ainsi d* abord l'homme par sa nature psychique appartient à une sphère supérieure; son âme est en rapport avec l'infini, avec l'universel. Son corps eiprime à sa manière cette universaUté; il réunit dans sa composition tous les éléments du monde où il est placé ; et pour son développement il n'est point borné , comme les animaux et les plantes , à tel cUmat , à telle zone , à tel sol, ni à telle nourriture, à telle manière de vivre. Il subsiste partout où la vie subsiste en ce monde ; il àh sorbe tous les genres d'aliments ; ses appétits et ses ééàn ne sont point réglés nécessairement par les temps, les saisons et les moments du jour. Il est omnivore et omnir' vivant , il peut vivre en homme au milieu des influences

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