‹ Philosophie moraleChapitre 61 sur 224 · PARTIE PSYCHOLOGIQUE* — CHAP. III · texte numérisé non relu

PARTIE PSYCHOLOGIQUE* — CHAP. III

lirait Fart du médecin , qui consiste sartout à saivre d* abord la nature dans ses mouTements, Texcitant à propos^ la disposant peu à peu à la médication , puis à Vaider efficacement et à la soutenir , quand elle entre ea traTail et se trouve au plus fort de l'engagement ; médecine expectante ea ce sens que, pour agir, elle attend toujours les indications de ta nature. Il y a aussi dans le Trai médecin , dans le médecin artiste , une espèce d*inatinct qui correspond à celui du malade, et qu'on iqppelle le tact médical. CTest un talent naturel , appliqué au discernement des maladies, de leurs causes et de leurs remèdes, que Texpérienoe et la pratique développent et perfectionnent , mais ne remplacent jamais. C'est une manière rapide et pénétrante d'interroger la nature , d'interpréter ses réponses et de comprendre par ses plaintes ce qui lui manque. Le vrai médecin voit, sent, juge et prescrit. Il raisonne peu; souvent même il serait embarrassé de rendre raison de ce qu'il fait , ce qui ne Vempêche pas de le faire avec assurance et succès.

L*animal malade ne mange plus et se tient coi ; ou s'il bouge , c'est pour chercher instinctivement le remède à Mm mal. L'homme , qui a de la raison et qui réfléchit ce qu'il sent, se tourmente souvent par sa pensée et aggrave son état. U contrarie le travail de la nature en loi par toutes sortes d'imaginations , de craintes, de prévisions. L'être raisonnable est moralement affecté dès qu'il se sent pris par la maladie, et il devient presque toujours incapable de voir, de juger et de vouloir sainement en ce qui concerne son état. Puis le genre de la maladie a une influence spéciale sur le caractère et sur I. 10

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l'esprit. Ainsi les maladies de la tèle tendent généralement à enflammer le oerrean , en y appelant l'afflin dn sang , et de là les accidents de l'eicitation cérâirale, le délire et ses suites. Les maladies de la poitrine attaquant la région préeordiale, siège des affeetiona mmales, et, concentrant poor ainsi dire tonte la ▼italité dans ces organes, eialtent en même temps par la sympattûe du pbjsiqoe et du moral les passions tendres, les senbments dn cœnr , Tarnoor, et rendent pins sensible , phn impressionnable , plus ardait. Les maladies de Tabdomen ont poar premier effet de troubler la digestion en h rendant difficile et mauYaise, ce qui amène une nutrition incomplète ou yiciense ; d'oà suit une circnlatiffli moins animée , qui met tout loiganisme en aouffranee. La ¥ie est en moins partout ; ses principales fonctîoiii sont entrayées, et Thomme nMNral est porté i la tristesse, à rabattement, au découragement. 11 Yoit tout en noir; il dcYient sombre , taciturne , défiant, mélanooliqoe. Son esprit s'exerce difficilement , ou bien il se replie sur Inimème pour se concentrer dans ses propres réfleximis et s isoler de ce qui Tenloure, ce qui amène rbypocondrie. Tout cela se fait spontanément , par Faction de la nature physique qui modifie et subjugue rapidement la natuiv psychique , à laquelle elle est unie , si celle-et n'y prend garde et ne lui oppose une force plus haute. Une Tolonté ferme, un esprit ëleré peuvent beaucoup sor leeorps, même dans la maladie, où il est le plus exigeant; rien u affermit plus le courage et ne donne plus d'élévation à 1 àme que le sentiment du devoir et la conscience de la iUguité humaine , telle que la foi chrétienne l'inspire.

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