‹ Philosophie moraleChapitre 63 sur 224 · PARTIE PSYCHOLOGIQUB. — GHAP. III. l&f · texte numérisé non relu

PARTIE PSYCHOLOGIQUB. — GHAP. III. l&f

Cet instinct a une force remarquable chez les animaux à Fépoque où il les agite. L'homme, être général ou uni<' Ycrsely peut en ressentir Faction dans tous les temps. ▲ l'impulsion organique s'ajoute la stimulation de son imagination , de sa raison. Heureux si , à Tâge où il commence à sentir le besoin d'aimer , son cœur , touché par une parole d'intelligence ou de foi , pressent quelque chose d'idéal et aspire à une beauté parfaite, dont la possession doit lui donner des jouissances plus vItcs et surtout plus durables que celles de la chair ! Par cette participation de l'âme et par le mélange de cet élément céleste, l'amour sexuel s'ennoblit et se transfigure : livré à luimême, c'est un désir purement animal, un entraînement des sens , un emportement brutal , une espèce de foreur, qui, avant d'être satisfaite, ôte à l'individu la puissance sur lui-même, l'usage de sa raison et de sa lib^^, pour le jeter ensuite dans la prostration et le dégoût. La satis* faction fréquente de cet appétit est funeste au développe-^ ment intellectuel et moral , surtout dans l'adolescence el la première jeunesse; et au contraire l'exercice habituel des facultés de l'esprit et de l'âme par de bautea études et de fortes occupations qui appliquent constamment la volonté et absorbent l'activité, est un des meilleure mojens de le contenir et de le dimi&er. Les hommes qui ont l'amour do la science, et qui consacrent leur vie à la recherche du vrai , ont en géoérid peu de penchant â l'amoai: physique ; à plus forte raison ceux dont l'âme s'est donnée à Dieu , en se dévouant à l'accomplissement de sa tolotité et au ministère de sa parole. Ceux-là se posent en haut de toute la force de leur désir, avec toute

leur puissauce d'aimer; c est dans les âmes qu'ils se plaisent à répandre la surabondance de leur Tie , pour s*j reproduire psychiquement, intellectuellement, par nne génération céleste, par une fécondation purement spirituelle. Quand cette tendance supérieure remporte, Tinstinct grossier faiblit en proportion, parce que la Tie humaine étant une sous des formes multiples, elle nepeat se répandre par Tune de ces formes sans diminuer d'autant son effusion par les autres. C'est pourquoi depuis l'Évangile, qui , en réconciliant l'homme avec Dieu, lui a rendu la vie du Ciel et a fait surabonder sur la terre la vie de l'esprit dominée jusque là par la vie du corps, la virginité, la chasteté , la pureté, remises en honneur, ont été exaltées au-dessus de la fécondité terrestre qui les méprisait auparavant ; elles sont devenues les premières conditions de la réception et de la transmission de la vie divine pour tous ceux qui ont dft être employés à r^énérer leurs semblables, à propager et à entretenir dans les âmes l'action vivifiante de Dieu même. Ceux-là se font eunuques pour le royaume du ciel.

Ces trois instincts de la formation, de la conservation et de la reproduction, triple expression de l'instinct fondamental de l'être vivant, sont modifiés et nuancés dans les individus par plusieurs circonstances dont les principales sont le sexe, le tempérament, l'âge, la position et les rapports de chaque personne. Le sexe, à mesure qu'il se détermine.

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