PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. III
ire , sûre de régner sar le monde en régnant sur ce cœur. La manifestation de la volonté de rhomme est brusque , impérieuse , violente ; son geste est celui du commandement, sa démarche celle de la force; son action est impétueuse, mois en général passagère et peu soutenue : e^est un jet rapide , un torrent qui passe, un éclair qui brille. Dans les affections du cœur, Thomme s* exalte promptement par les sens, par l'imagination , par le désir ; il se passionne aisément et il tend avec ardeur au but de la passion, mais son feu est moins intense et moins durable que dans l'autre sexe ; il donne plus de lumière que de chaleur et produit plus d'apparence que d'effet. L'homme est plus porté à l'inconstance, parce qu'il vit plus au dehors, et qu'il a plus besoin de mouvement et de changement. Sa plus belle prérogative est son aptitude pour la recherche de la vérité , sa capacité pour la science ; car par son intelligence il domine la nature et gouverne le monde. Alui les idées sublimes, les spéculations de l'esprit, les vastes généralisations , les théories , les systèmes, tous les produits de la pensée, et par conséquent Tinstruction, l'enseignement et les livres. À lui l'annonce de la parole de vérité , qui doit être prêchée sur les toits et opérer des révolutions dans le monde. A la femme cette parole qui dit à l'oreille et qui va au cœur. En un mot, l'homme, se par la force de son esprit et de son corps, est propre au gouvernement extérieur de la famille et de la société ; et il agit contre sa nature, il se dégrade, quand il abdique ces soins afin de se livrer à ceux du dedans , pour lesquels le tact, l'adresse et la patience lui manquent.
158 PHIIX)SOPHlE MORALE.
Chaque individu^ bien qu*il subsiste par ses rapports avec le genre auquel il appartient et avec le monde où il est placée fait cependant une existence à part^ un monde clos, vivant jusqu'à un certain point en lui et pour lui. Il a sa constitution et sa forme propres ^ et quoique tous les êtres de la même espèce soient composés des mêmes éléments^ chacun diffère cependant des autres par le mélange et la proportion de ces éléments, d*où résulte ce qu'on appelle le tempérament. Du tempérament provient une tendance à une certaine manière d'être et d'agir, qui distingue le caractère de chacun et qui influe notablement sur le mode de son développement et sur la direction de sa vie.
Si je connaissais par&itement le tempérament d*iin homme, disait un médecin célèbre, je saurais toat ce qaest Thomme : parole exagérée, qui exalte outre mesare f influence da tempérament, par la supposition qoe Forganisation physique est tout, et que le moral, comme dit Cabanis , en est une simple modification ; ce que Texpérienoe dément formellement. Qae le corps et la manière dont il est constitué aient une grande influence sur Tàme à laquelle il est uni, cela est incontestable, et le moraliste doit tenir compte de ce fait important , au-