‹ Philosophie moraleChapitre 72 sur 224 · PARTIE PSYCHOLOGIQUE*. — CHAP. III · texte numérisé non relu

PARTIE PSYCHOLOGIQUE*. — CHAP. III

concentre sa vie dans l'intérieur ; elle devient craintive parce qu'elle est faible; elle aspire au repos, à la fixité; c'est pourquoi elle n'aime point le changement ni la nouveauté.

Toute existence vivante est dans un mouvement continu, qui se laisse cependant partager en certaines périodes, déterminées par la nature même, en raison des caractères distinctifs qu'elles présentent; ainsi les saisons de Tannée, bien qu'elles se fondent Tune dans l'autre, ont leur physionomie propre et pour ainsi dire leurs fonctions. Les quatre âges principaux y correspondent, et chacun a plus d'analogie avec l'un des quatre tempéraments essentiels. Tout enfant a un excès de lymphe ; dans la jeunesse le sang est en plus , la bile dans l'âge mûr, et rélément terreux ou l'aride dans la vieillesse. L'enfance est le commencement du printemps , c'est le temps de la germination. Le bouton se forme et s'entr'ouvre dans Fadolescence ; la fleur s'épanouit pendant la jeunesse. Le fruit se noue et mûrit dans la première partie de l'âge mûr, qtii est l'été de la vie, et il donne sa semence dans la seconde, qui est l'automne. Dans la vieillesse l'existence revient sur elle-même et se concentre, comme en hiver. Chaque âge amène un changement moral analogue au changement physique. Comme il est signalé dans le corps par la prédominance de tel organe , de telle fonction, ainsi dans l'esprit et la volonté il se marque par telle disposition, qui modifie le caractère et à laquelle on ne peut échapper entièrement, quoiqu'on puisse la modérer et la diriger. Chaque homme a plus ou moins le caractère

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de 800 âge, et c'est an malheur qoand il ne l'a pas : cela proare qae son développement ne se fait point régaliimment, selon Tordre et les lois de la nature ; par omséqnent il est troublé, faussé par quelque droonstanœ dépendante de la volonté humaine, ce qui tonme toujours au détriment de l'individu. Parmi les populations trèscivilisées on voit des enfants précoces, qui même ayant ladolescence ressentent les désirs de la jeunesse. Leur corps se développe prématurément, à force d'imagination et par les excitations factices de la conversation et delà lecture : ce qui Tépuise avant le tanps, parce que la natore, loin de seconder ce mouvement, s'y refuse et y est entraînée malgré eUe. Il en va de même aux adolescent^ et au jeunes gens qui contractent les goûts et prennent les manières de l'âge mûr. Ils ne réussissent qn'à se fener 1 imagination , à se dessécher le cceur par ime prudence raisonnée qui n'est pas de leur âge et qui, sans leur donner réellement 1 aplomb et les avantages de la maturité, leur ôte le charme et l'amabilité de la jeunesse. Le d^ de la civilisation générale à chaque époque exerce dans ce cas une grande influence. Il y a des peuples qni restent enfants ; dautres sont toujours jeunes, comme les prêtres d* Egypte le disaient des Grecs. Certains hommes sont presque vieux en naissant, et plusieurs sont encore en^ fants au terme de la vie.

L'enfance dispose à la soumission, à la confiance, à loaverture du cœur. Se sentant faible , eUe s'attadie volontiers à un plus fort , elle cherche un appui. Peu caimbie de ivfléchir et de fixer son esprit sur un objet, surtout sur soi-même, elle se lusse aller aux impres-

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