‹ Philosophie moraleChapitre 75 sur 224 · PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. III · texte numérisé non relu

PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. III

ment modifié par les circonstances extérieures. La position géographique du pays, la nature du sol, le climat, les saisons, la température, Tair, les eaux, les aliments ont de l'influence sur l'organisation physique, et par suite sur l'homme intellectuel et moral. De là des penchants et des goûts propres aux pays, aux localités. Le genre de ▼ie a aussi son importance : la vie sauvage ou civilisée, sédentaire ou active, solitaire ou répandue, champêtre ou citadine , matérielle ou intellectuelle ; puis toutes les espèces de professions , de métiers et d'occupations habituelles , dont chacune imprime à la longue à ceux qui s'y adonnent une certaine tournure d^esprit et un caractère particulier.

La personne humaine est par son corps en relation continuelle avec le monde , et c'est pourquoi les agents physiques , qui modifient son organisme , Taffectent par contre-coup et la mettent dans telle disposition. Ainsi elle ne dépend pas seulement de la constitution, du tempérament, de rétat de santé ou de maladie de sa nature inférieure , mais encore des circonstances où se trouve cette nature, et des influences qui la pénètrent. Le caractère des peuples et celui des individus ont de lanaiogie avec le pays et les lieux qu'ils habitent. Les hommes de la montagne ne ressemblent pas à ceux de la plaine; ceux de l'intérieur des terres sont très-différents de ceux qui vivent sur les bords de la mer , et cela I. 12

au moral et au physique ; c*est une autre tournure de corps , d'esprit et de caractère ; ce sont des goûts, d» penchants, des habitudes , des mœurs autres. Les montagnards sont en général hardis, entreprenants, rudes, tenant davantage à leur manière de voir , à leurs coatumes et à leur foi, religieux, superstitieux, simples dans leur genre de vie, sohres , honnêtes ,, hospitaliers. Moins riches , à cause de l'ingratitude du sol , et ayant besoin de beaucoup d'efforts et de travail pour se procurer la subsistance et acquérir du bien-être, ils sont aussi j^ ingénieux , plus laborieux , plus économes. L*air de la montagne pur et vif excite leur activité et leur donne dn nerf. Ils ont en général plus d'ouverture et de capacité pour les choses spirituelles. En outre la sublimité , la masse , la grandeur et l'obscurité des montagnes éveillent et entretiennent dans leur âme le sentiment de Tinfmi. Il semble qu'ils soient plus rapprochés de Dieu par l'élévation même de leur position , et ils ont un penchant marqué pour ce qui est religieux , mystérieux. La difficulté des communications les fixe davantage an sol. Ils aiment passionnément leur pays et sentent pen le besoin d'entrer en rapport avec d'autres populations; ce qui les rend moins sociables, et moins accessibles à la civilisation. Dans la plaine , surtout si elle est fertile , les hommes vivent en général plus par le corps que par l'esprit. Ils consomment davantage, et cette surabondance de nourriture et de développement matériel tourne au détriment de la partie intellectuelle el morale; ou, s'il y a de l'économie et de la sobriété, c est en vue du lucre et pour amasser. Les commn-

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