‹ Philosophie moraleChapitre 77 sur 224 · PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. III · texte numérisé non relu

PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. III

succulente. L'excès de nourriture appesantit lame et le corps, et ceux qui mangent beaucoup brillent rarement parles qualités de T esprit et du cœur. La sobriété, ou au moins la tempérance, est une condition nécessaire de la yie spirituelle. La qualité des aliments a aussi sa part d'influence. On remarque une grande différence dans le caractère moral des peuples et des individus, suivant la manière dont ils se nourrissent. Ceux qui mangent beaucoup de chair sont actifs, violents, portés à la cruauté ; ils tiennent davantage de l'animal. Ceux qui vivent surtout de végétaux sont doux, calmes , bienveillants , mais aussi plus mous. Les populations insulaires ou maritimes, qui firent leui* nourriture de la mer, présentent une autre nuance , et enfin on en trouve de particulières en raison de l'alimentation habituelle de chaque pays. Ainsi , les peuples qui mangent beaucoup de pâtes et de substances mucilagîneuses ont en général quelque chose d'épais, de lourd, de lent; ils sont moins sensibles et moins portés à l'action. L'influence des liquides est trèsremarquable. L'eau pure et limpide est la plus saine des boissons; elle dissout le mieux les ahments et elle porte dans le sang de la fraîcheur et du ton ; elle contribue à l'oxygéner, quand elle a long-temps coulé à l'air libre. Les spiritueux, pris modérément et convenablement dilués, favorisent la circulation des humeurs el disposent à la gaité et à l'activité. Les habitants des pays vignoMes sont généralement affables* et bienveillants. L'excès du vin et des liqueurs alcooliques produit des effets dé{dorableâ au physique et au moral. L'homme qui s'y habitue s'abrutit ; son intelligence, dominée par un

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esprit grossier, perd jusqu'au pouToir de s*eieroer, etia liberté, qui s'amoindrit tous les jours, finit par n' aToir plv la conscience de sa puissance ni le sentiment de sa dignité. Bien n'avilit plus l'humanité que cet ignoble penchanL La bière , prise habituellement, a quelque ehose de lourd et de narcotique qui obscurcit l'esprit » amortit la volonté et engourdit l'homme. Elle produit une vmm triste, sombre, quelquefois terrible. Elle émousae la sensibilité, ternit Fimagination, et donne en général au caractère quelque chose de stupîde et de grossier.

Le genre de yie, en se renouvelant tous les joors , for* me des habitudes, et l'habitude d'un côté produit des pea* chants et des inclinations, en portant souvent et de préférence la volonté vers tel objet ; et de l'autre elle modifie profondément toute la manière d'être par la répétitiaa constante des mêmes impressions et des mêmes actes. De là les goûts propres à chaque genre de vie, qoi peuvent devenir tellement impérieux que l'existence est en péril s ils ne sont satisfaits. Le sauvage ne peut se plier à h vie civilisée. Il n'y trouve ni les sensations, ni les stimulations qu*il aime ; son activité , où la vie physique domine , a besoin pour s'exercer de l'immensité des forêts, des fatigues de la chasse et des dangers de la guerre. Il est déplacé au sein de la civilisation ; il sèche de langueur et d'ennui dans l'enceinte d'une ville. L'homme des chani{)s lui-même ne peut vivre long-temps dans les cités; et, sans prendre part aux travaux de la campagne, les |)ersonnes qui y vivent habituellement y contractent dt^ goûts simples et tranquilles , qui les mettent mal à Taise au milieu de l'agitation de la société. Les habitants

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