PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — GHAP. I
et de là en grande partie Faffaibliss^nent de la raisou et de la morale publiques. Toute la partie supérieure de la vie humaine , celle par laquelle elle se rattache au cicd et à r éternité, a été laissée de côté. On a étudié l'homme en lui-même , dans ses relations avec le monde inférieur, saos tenir oompte de ses rapports avec ce qui est audessus de lui, comme s'il ne relevait que de lui , comme si on devait trouver dans sa conscience et dans son moi l'origine , la raison et la mesure de toutes choses ; tandis qu*en vérité il n'a en lui la raison première de riea , et qu'il ne peut expliquer ou servir à expliquer les choses créées que par la lumière reçue de son principe et qu'il reflète sur la création.
La psychologie morale conoroe la psychologie intellectuelle a une partie transcendante et une partie expérimentale. De l'idée pure de l'âme et de sa nature on peut déduire sa constitution morale, depuis ses puissances d'action les plus hautes ^ jusqu'aux plus inférieures qui ressortent de son union avec le corps. Nous entreprendrons cette déduction, après avoir constaté dans l'expérience et par l'observation tout ce qui se rapporte à l'état moral de l'homme, les sentiments , les motifs d'action , les désirs , les passions, en un mot tous les faits de l'activité volontaire envisagée dans tous ses rapports. Quoique la psychologie expérimentale ne puisse s'élever par
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PniLOSOPHIS. — MORALE
éUe-même au principe de la psychologie transcendante, elle lui est cependant utile comme doctrine préparatoire.
L'idée pure de Tàme, comme toutes les idées, en prenant ce mot dans l'acception vraiment philosophique, dans le sens platonicien, ne peut être le produit de Tobservation, de l'induction ni de l'abstraction. Il y a dans '^ute idée quelque chose de nécessaire, d'universel qui dépasse la sphère des faits, et qui par conséquent ne P^ut jamais en être extrait. L'idée vient donc d'une autre source, à savoir de celui-là même qui a créé les choses et î^i en lescréant a réalisé par sa parole, dans le monde de ^'espace et du temps, ce qui était conçu de toute éternité dans son entendement divin, dans sa sagesse. Les idées ^® toutes les existences créées sont donc dans la sagesse ^i^ine qui en est le réceptacle, et l'homme ne peut les conc^^fDir qu'en entrant en rapport avec l'éternelle sagesse, ^t cjue si elle Téclaire et le pénètre de sa lumière ; d'où l'iU ^^^Oaination du génie, qui est génie par la faculté de con- ^^^^^oir en lui l'idée divine, pour l'engendrer ensuite hors lui par les divers moyens d'action ou d'expression, n œuvre, sa gloire, c'est d'introduire une idée dans le ^*ïionde, de l'y réaliser, de l'y incarner pour ainsi dire. l?ar là il ressemble à Dieu et parait participer jusqu'à un certain point à la puissance créatrice.
Mais comme peu d'hommes ont cette sublimité d'intelligence qui va saisir l'idée divine à sa source en se mettant en rapport avec l'idéal; comme il n'y en a même qu un petit nombre qui soient capables de ramasser pour