PARTIE 1»«TCHOLOGIQtfe. — CHAP. IV
et de sa raison. La maniëFe de poser le proîdème le résout déjà; car toutes les conséquences et ainsi la eonclasion sont dans les données de Thypothèsé. Rousseau déraisonne complètement en cette inatière, soit qu'il s'efforce de prouva que la société n^est pas Tétat naturel de Tbomme, et qu'elle fait son malbeur et sa d^adation, en sorte qu'il ne retrouvera le bien-être et la perfection dont il e^t capable qu'en revenant à l'état sauvage; soit que, voulant constituer une société lUHrmale, il la construise de toutes pièces et par le moyen le plus fantastique , par un contrat social , où cbacun se réserve de consentir à la loi de Tassodation , afin de n'obéir qu'à lui-même en se soumettant à tous. A ce prix seulement la société trouve grâce à ses yeux, parce qu'elle conserve quelque chose de l'indépendance naturelle* Lts aopbistea de tous les âges , au temps de So* jorate comme au xvpi® siècle , ont enseigné à peu près les mteaes erreurs, voyant toujours dans l'institution #oeiale une cbose arbitraire , conventionnelle, fondée par ia voloqté humaine dans un intérêt commun ou privé, ils ont expliqué la société par ses conséquences ou par «es abus, allant ainsi à rdiours des choses ; car les conséquence», par exemple les avantages de l'état social, viennent nécessairement après l'institution et n'en peuvent être le principe ; et les abus , ou les maux qui en résulteirt la supposent déjà fondée et en exercice. G est le cercle o& tourne inévitablement la raison de l'homme, toutes 1^ fois qu'elle est laissée à elle-même, et veut tout expliquer par elle seule. Elle prend ses petites vues pour des principes, die met sa pensée à la place de la Providence. Ainsi a
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dànt quelques jotm , pendant quelques heeres , surtout quand la nature extérieure ne leur fournit point les distractions dont ils ont besoin* Alors ils demandent à la société ce que la nature refuse; ils dierdient des ésMH tions , des images , quelque chose qui les etdté et les occupe dans les compagnies , les réunions, par les cen-^ Tersàtiims, les festins, les danses et tout ce qu'on aj^Ie les amusements du inonde. Aussi oomme ils détiennent tristes , moroses , ennuyés, quand la maladie les atteint on que Tàge arriye ! Ils sont isolés du monde par le fait , soit par la séquestration que la maladie impose , soit par l'impuissance où les réduit la vieillesse , et ils ne sa?efft plus que faire de leur misérable existence»
Vous êtes* vous trouvé une fois dans un endroit inconnu , loin du bruit et des habitations des hommes ^ séparé du reste du monde, perdu dans une fùtii dm% vous ne connaissiez point les bornes, au orépuseole du soir, quand la lumière se retire devant les ténèbres , et que le voile de la nuit commence à enye^ lopper la terre? li'bomme le plus courageux devient alors timide comme un enfant. Une crainte vague le saisit au milieu de l'inconnu qui Tentoure , au sein de la solitude qui le presse de toutes parts, menaçant pour ainsi dire do Tengloutir. L*exiguité de notre personne , de notre force , de notre puissance est comme absorbée par r infini, qui est en face de nous. Alors nous revient à Tesprit tout ce que nous avons entendu raconter da monde invisible et des êtres malfaisants qui se plaisent h égarer et à tourmenter les hommes ; alors nous rt^ viennent au cœur nos pressentiments d'un autre monde,