‹ Philosophie moraleChapitre 93 sur 224 · PÀATIE PSYCHOLOGIQUE. — €HAP. IV · texte numérisé non relu

PÀATIE PSYCHOLOGIQUE. — €HAP. IV

mœurs, par leur manière d^ètre et d'agir, par tout œ ^ui constitue leur nationalité. De cette pénétration réci"proque résulte une vive stimulation pour rintelUgence 3t la Tolonté, On commence par s*imiter, on finit par rivaliser, et l'émulation des efforts tourne au profit de la Mîience , de Fart et du bien. Ainsi les peuples et les individus s'instruisent mutuellement, et se perfeclionnent les uns par les autres. C'est certainement à sa plus grande sociabilité que la France doit d'avoir été à la tète du mouvement intellectuel et moral dans le monde moderne, même quand elle ne primait point par sa force politique ou par les armes. Elle a toujours tenu le sceptre de l'esprit, et sa langue est devenue universelle , à cause de l'influence générale et constante que notre nation a en effet exercée sur les autres peuples par la foi et les mœurs, par les lois et les institutions, parla science et les arts.

Mais si tout homme tend instinctivement vers son semblable pour s'unir à lui^ il y a aussi dans chacun une force de concentration qui le ramène sur soi-même^ et le porte naturellement à s'aimer plus que les autres , à se préférer à tout ; c'est l'ornour de soi, X amour-propre , Xégoïsrne. La société n est possible qu'autant que ces deux forces opposées s'accommodent et se compensent, comme le monde physique ne subsiste que par le balancement de la force centrifuge et de la force centripète^

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de l*attraction et de rexpansion. De là les trois principaux mobiles de la Tolonté dans ses rapports avecles autres volontés. 1* \j* amour de soi, ou l'intérêt propre avec toutes ses formes. 2* \J amour des autres, ou le désir du bien d'autrui. 3^ Le balancement de l'un par l'autre, ou la pondération des volontés et des pouvoirs ; ce qui donne X équité ou la justice distribudve.

Les lois de la vie sont unitorseUes et régissent tons les êtres^ qaelk que soit la forme de kor existence. Le procédé vital est partout le produit de F attraction et de rexpan-^ sion eomUnées; et la constitution de Tëtre vivant , et par conséquent son caractère, sont déterminés par la prop<Nr^ tion relative de ces deox forces. Dans Tordre moral) k centre s'aiq[)elle mot^ Tattraction amour de Soi^ Fexpaasien amour des autres, et le balancement ou Féquilîbre de TamoQr de soi par Farnoor des autres, de Tintérêt propre par celai du prochain , se nomme équité. C'est rapplication de la même loi dans une autre sphère, à un antre degré, sur d'autres natures.

Le mouvement instinctif qui porte les hommes les uns vers les autres, et qui provient de T homogénéité de leur nature et de leur rapport commun atec le même principe, avec le même père, établit entre eux une sympathie naturelle, qui les rend jusqu'à un certain point solidaires, dans la joie comme dans la souffrance, et mêlent pouf ainsi dire leur existence en une seule , celle du genrt humain, de T humanité. Tous les hommes issus d'une jnème souche, participant à la même vie, enfants d'un

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