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lème père, doivent tendre à une m^e fin, Tunité dont I sont sortis; et cette unité, comprise et voulue pAv 8 homm^, réalisée par l'amour, est la perfection de or nature , ce par quoi ils s'approche^nt le plus de Dieti ar modèle, dont la bonté infinie se manifeste en se [>miant à tous» C'est pourquoi le Christianisme est la octrine par eicdlence, appelant tous les hommes à la lus haute perfection, celle de Dieu même, et les y appoint par la charité, c'est-à-dire par l'amour universel qui » unit entte eux, en les unissant à Dieu. Ainsi se comlète et se divinise dans l'homme cette tendance natuelle, qui porte son âme vers l'âme de son semblable , BS attache l'une à l'autre par tme sympathie commune , it dans son extension graduée et ses transformations suciessives constitue la sodété de la famille par les Uens du âng, celle de l'état politique par le patriotisme, et enfin a grande société de tous les hommes, la société univer*=' sdle ou catholique, par la charité.
Mais à côté de ce principe d'union et de fusion, il j I en nous un prindpe de restriction et de séparation. [Chaque homme est un individu, une personne ; c'est un tout, un monde distinct, ayant son centre propre ou son moi, sa volonté propre, sa propre pensée^ et une circon*' sçription bien marquée. Les âmes sont impénétrables comme les corps, plus que les corps, et il est impossible qu'une personne soit absorbée par une autre, que deux moi s'identifient et deviennent un. Le moi est donc une condition de l'existence morale, une conséqu^ce nécessaire de la personnalité ; et le moi, comme centre et en vertu de la force attractive qui lui est inhérente, attire
tout ce qui l'entoure et tend à absorber en soi oa à faire graviter dans son orbite ce qui entre en rapport aToe loi. De là 1 amour de soi , opposé à Tamour des autres , mais qui a aussi sa légitimité, sa bonté relative, en tant qu'il concourt à la formation et au maintien de la personnalité, chacun étant chargé par la nature même de pourvoir à la conservation de son existence et à la satisfaction de ses besoins. Le mot, racine de l'égoïsme, est donc dans l'ordre des choses ; il a sa raison dans la constitution et Torganisation de l'homme. U est bon à sa place et dans la mesure convenable; il ne devient mal qu'en devenant désordre, c'est-à-dire en sortant de la proportion, en outrepassant les limites où il doit être maintenu, limites qui lui sont naturellement posées par le moi des antres en concurrence et en opposition avec lui. Ainsi Ih, comme partout, le mal est la négation du bien, la déviation de l'ordre, l'infraction de la loi, le dérangement de la proportion ou de la mesure; il n'est rien de lui-même ; comme toute négation; il n'est que par le positif, par le bien qu'il contient au fond et qu'il corrompt. Le mal et le faux sont toujours , et à tous les degrés, l'idée et la volonté du Créateur perverties par la pensée et la volonté de la créature.
Toute société entre les hommes est donc un mélange d*égoïsme et d'amour, et il n'en peut être autrement, puisque l'homme est porté naturellement à aimer son semblable et à s'aimer lui-même. Mais ici se présentent trois cas possibles , dans les individus et dans les sociétés, et de là trois degrés de moralité pour les uns , trois formes politiques pour les autres , suivant que le prm-
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cipe de Tégoïsme ou le principe de rameur domine, on qu'ils se balancent. Là encore nous retrouvons le symbolisme admirable du monde physique, et les choses Ti«ibles nous enseignent les invisibles. Les corps se présentent sous trois formes , solides , liquides , gazeuses. Ces trois états sont déterminés par la proportion de la force attractive et de la force expansive. Quand Tattraction remporte , les molécules se resserrent, se concentrent ; il y a plus de masse sous un moindre volume, et le solide qui en résulte, en rapport plus actif avec le centre terrestre , s'y précipite. Si l'expansion a le dessus , les molécules s'écartent , se raréfient , se subtilisent ; l'esprit l'emporte sur la matière, la déconcentre , la généralise et lui imprime un mouvement d'ascension qui l'enlève. S'il y a équilibre entre les deux forces , la matière devient fluide et elle cherche le niveau. Ainsi dans l'ordre moral, là où Tégoisme règne, le cœur se ress^re , et avec lui toute la personnalité se rétrécit. La concentration de l'affection en soi-même amène l'endurcissement , et par suite la pesanteur de l'existence ou la tendance vers les choses de la terre. L'égoïste s'isole et se matérialise inévitablement. Si Tamour triomphe , le cœur s'élargit, et par la tendance continuelle de l'amour à se répandre, la vie s'étend, se généralise. Celui qui aime vit dans ce qu'il aime , il s'oublie pour ce qu'il aime , et plus son affection est pure , élevée , spirituelle y divine , plus elle le transporte au-dessus de lui-même; plus elle l'universalise en le mettant en communication vivante avec ce qui est univei'sel. Le propre de la charité, qui est la perfection de l'amour, c'est d'unir les àmcs en Dieu, leur
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prindpe. Enfin, quand r^îsme et ramoiir 8* éqoilibfmt, !■ parait la justice , la stricte équité qui tient les volontés en |n balance , et fait la part exacte à chacune. Ce n^est pas en pi f ain qu*on a mis une balance dans les mains de la jm- y^ tice , et un bandeau sur ses yeux. Elle estime tout aa poids du sanctuaire et sans regarder les perscmnes ; eUe juge en pesant et ne décide que par le niYeao.
Il en sera de même dans Tagr^tion des Tolontés qui produit les corps politiques. Ces corps peuvent se troa- Ter en trois états prindpanx , selon le principe qui prépondère dans leur constitution , et de là Forgamsation et le caractère de leur gouvenement. Là où rattraetion do moi domine, si c^est un moi paissant qui s'imposean autres , et les fait graviter antoor de lui , il y aura une monarchie forte, ou tendance au de^potisnie, solYantla moralité du moi dominant ; mais dans Fim et f autre o» Tunitê ^Vtablira^ et Tétat marchera comme un seul iKimme. La monaivhie a toujours été le gooTeniemcnt le plus solide , et par consÀpient le plus durable. Toute mouanrbîe n'est pas néœs^diremcntégolstiqiie, mauiraise, sans justice et >an< amour. >oa : car la justice et Famour à un ctH-tiin deçn^ sont nécessaires pour constituer uue société « cvHnoie la lonci^ d'expansion pour constituer uu i\Mrp> « 1^ c est ^Huqooi on en retrooTc sons une forme ou sous une autnp jusque dans les gouYememeutî^ k^ plus JttKolus. MùSs si dans une société toutes le$ colonies soa« vioaunees pur la force attractive, si It^^^sjiK 4 toal ea«4hi« «lIok Tanardiîe est flagrante et U di<S!4i>iuck>a unuLirs^uM : c&r lorsque chacun se fait cvtitrv et Jiccirv tout di >ok. :i a t a plus de gouverae-
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ment possible. Tous Teolent commande et personne ne yent obéir; on veut prendre et on ne vent pas rendre, Ml tient à ses droits et on onblie ses deyoirs; le lien polii tique est rompu, la discorde et la guerre existent de fait y le monde social retourne au cbaos. Ainsi périssent lés na«: tiens et les peuples, par le mépris de la religion, la violation de la morale et Tinfraction des lois.
Quand au contraire l'expansion ou le principe de Va^ mour a le dessus dans une société, il y a dans chacun une tendance plus marquée vers le bien d'antrui , plus de; sympathie pour «es semblables, et mie affection plus yive pour le bien public. Il y a plus d'oubli de soi^ même , plus d*abnég^tion de son intérêt propre , plus de sacrifices pour les autres, pour la société, pour la patrie, par conséquent plus de dévouement. L'amour daps ee cas peut même aller jusqu'à Texaltation de la passion ; il peut donner sa vie pour ce qu'il aime ; de là le vrai patriotisme. Cette baute vertu des citoyens n'a au-dessus d'elle que la charité , laquelle est à l'humanité ee que le patriotisme est à la nation. L'idéal de toute société, le régime par excellence , c'est le gouvernement chrétien qui tend à réunir tous les hommes dans une association de foi spirituelle d'espérance et d'amoui^. Néanmoins le dévouement et la charité dans les affaires faumaines n'excluent pas entièrement l'amour de soi ou le sentiment de l'individualité ; car une société ne peut ni se constituer ni subsister sans cet élément, dont l'absence détruirait la personnalité , comme un corps s'évanouirait bientôt si la force attractive l'abandonnait.
Enfin , quqnd les deux principes sont en balance ,
qoand il y a compensation de Tarnoor de soi par l'adioar des antres, restriction et limitation rédproqaes des t(h lontés , il s*établit un équilibre ou un état moyen qui tend à égaliser les hommes et à les accorder par le oî- Teau. C'est la société de stricte justice, où r^ne le droit commun, ainsi que dans FindiTidu qui modère son intérêt par celui d* autrui, et se satisfait sans lui nuire, Téquité est le mobile principal ou le motif dirigeant de sa conduite. Le caractère de ces sociétés est ce qu'on peut appeler le juste milieu. Elles se irantent d*étre très* raisonnables, Texpression de la raison même : elles évitent soigneusement les extrêmes, même dans le Inen ; elles nont ni des Tues grandioses, ni de sublimes Tertus; la l^:alité en est Tàme , cl ce sont en général les légistes qui les conduisent Tout y est médiocre; car tout 8> fait par accommodement , par transaction, par compensation ^ et il est de principe que tous les intérêts doivent v être représentés et qu'il faut faire la part àcha^^ cun. Du reste^ par le mode même de leur constitution) elles sont pou solides : car elles portent sur un point d'équiUbro diflicile à obtenir, et plus difficile à garder. Aussi sont-oUes toujours eu oscillation comme une balance folle . et la tkasoule est le système inévitable de leur gouvernement*
Ainsi « trois grands principes d'action , Tamour de soi^ qui concentre^ resserre, durcit^ appesantit et tend en bas; lamour vies autres, qui dilate* élargit, spiritualise et tend eu liant ; la jitstiee « qui etralise et cherche le niveau. Il est rare que l'un ou Taulre de ces principes déto^mine une aetion à lin seul : lis se compliquent le plus souvent,