PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. IV
et la qualité morale de l'acte est appréciable par la part relative que chacun y prend. Nous tâcherons de constater cette part dans tous les faits moraux que nous analyserons.
La première société, celle qui est la base de toutes les autres, est formée par la nature : c'est la famille. La famille, fondée par la génération, établit entre les individus, et indépendamment de leur volonté, des rapports particuliers. Ces rapports, en imposant aux hommes qui y sont engagés des devoirs réciproques, font naître en eux des sentiments sui generis et les portent à des manières d'être et d'agir analogues. Ces sentiments et les motifs d'action qui en sortent ont dans l'homme un double élément , un élément physique , qui lui est commun avec les animaux, et un élément moral, propre à l'être intelligent et libre. Ainsi sont constituées les afifections de famille, les affections maternelle, paternelle, filiale, fraternelle et de parenté.
La société humaine dérive de la famille et subsiste par elle. La famille est d'institution divine ; elle vient de Dieu par la nature , et ainsi l'origine de la société , comme celle de tout ce qui est conforme à l'ordre, se laisse ramener à la source unique de tout bien et de toute vérité. La famille naturelle, la famille politique ou la nation , et la famille universelle ou la réunion de tous les hommes I. 15
par le Christianisme sont trois degrés de la réalisation de ridée divine dans le développement da genre humain , afin que tout ce qui est en paissanœ dans le germe de rbumanité passe en acte et se manifeste ; oonune Taibre sort d abord de la semence avec deux folioles, pois forme une tige couronnée de plusieurs branches, dont chacune se ramifie en mille autres, où se déploie le luie des feuilles , des fleurs et des fruits.
La famille se constitue par trois termes, ooHune tout ce qui existe dans F univers, et ces trois termes doivent être un et distincts entre eux ; ce sont trois personnes formant une unité synthétique, le père, la mère et Fenfant. Ces trois termes s impliquent, et vous ne pouvez les concevoir Tun sans T autre. Point de père sans mère et sans enfant ; point de mère sans enfant et sans père ; point d*enfant sans parents. Ils sont aussi nécessaires , que les trois dimensions du corps, les trois termes de la proposition , les trois propositions du syllogisme , les trois sons de T accord musical, etc. Entre les personnes de la famille , comme entre les termes de toute eiiistenee, il y a une hiérarchie déterminée par la nature même et qui se pose par la génération. Le père est le principe relatif delà vie; il a l'initiative de la génération dans sa puissance. La mère reçoit et conçoit ; et de T action et de la réaction de ces deux facteurs nait le produit ou Fenfant, qui tient néccssiûrement de la nature des deux, puisque tous deux ont concouru à le former. L>nfaut est le résultat et le lien de leur amour; c'est leur représentant commun ; c'est dans co Urme moveu, fruit et gage de leur union , qu'ils doivent l'ester unis. Le rapport de 1 homme et de la femme