‹ Philosophie moraleChapitre 96 sur 224 · PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. IV · texte numérisé non relu

PARTIE PSYCHOLOGIQUE. — CHAP. IV

est volontaire. La liberté et la raison y participent plas ou moins , même dans la passion la plus exaltée. Le rapport de r enfant aux parents dans la génération est forcé ; c'est le rapport de l* effet à la cause, de la coqséquence au principe. La volonté individuelle de Tenfant n'y est pour rien ; il se trouve engagé sans son consentement, et c'est par là que Fhomme commence à subir la nécessité du monde où il naît. Mais comme les facteurs de la génération humaine sont des êtres intelligents et libres, soumis en cette qualité à des influences supérieures aux lois naturelles , par leur liberté même et les dispositions morales qui en dérivent , ils peuvent attirer dans lacté reproducteur de la vie dont ils sont les instruments une action extraordinaire ou surabondante du principe de toute vie, action spéciale qui peut briser, changer ou modifier les conditions ordinaires de la transmission vitale, le cours réglé de la nature , et ainsi mêler des éléments de lumière, de vertu et de sagesse aux éléments terrestres. Dieu prépare souvent avant leur naissance , comme il est dit dans FÉcriture, ceux qui deviendront les instruments de sa providence. Il les appelle avant qu'ils soient conçus dans le sein de leur mère. Par une effusion mystérieuse de sa grâce , il les sème pour ainsi dire plusieurs siècles avant qu'ils viennent au monde , dans les antécédents dont ils doivent sortir, et cette semence du del ne lève et ne parait qu'au temps marqué.

Une fois placées les unes en face des autres par la constitution de la famille , les personnes qui la composent contractent entre elles des rapports particuliers , d'où ressortent les lois qui doivent diriger la famille dans sou

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SOUS une autre forme après sa naissance. C'est surtout à ses soins et à sa sollicitude qu'il doit la conservation de sa frêle existence. La mère aime son fruit comme elle s'aime elle-même, et ici se retrouve l'instinct conservateur sous une autre forme. On peut même dire qu'elle l'aime plus qu'elle , car elle fait pour lui ce qu'elle ne ferait point pour elle. L'amour maternel est le mobile le plus fort et le plus constant du cœur de la femme.

Abandonnée au seul instinct de la nature y cette affection est purement animale, et alors la ten-^ dresse peut tourner au détriment de l'enfant, qui a besoin de loi et de discipline pour se développer intellectuellement et moralement. Il est donc Irésimportant qu'à TafFection naturelle de la mère se joigne la conscience du devoir maternel, qui la rend capable de résister à Tinstinct du cœur et de s'affermir contre les larmes et les cris de l'enfant, afin de lui apprendre de bonne heure à se soumettre à la loi. Une mère tendre et ferme à la fois, qui sait tempérer Tamour par le devoir, est le salut et la gloire de la famille.

L amour maternel est le sentiment le plus tendre et le plus profond que lÂme humaine poisse éprouver dans

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