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ses relations naturelles ; ni lé père, ni Fenfant ne savent aimer comme la mère. Cette affection est pins innée que les autres, si Ton pent parler ainsi , c'est-à-dire que la raison et la volonté y ont moins de part, qu'elle est plus spontanée, plus instinctive. La femme aime son enfant comme elle s*aime ellie-mème , sans réflexion et par la Seule impulsion de la nature. G*est qu'en effet son enfant , c'est elle. Elle Ta porte en germe dans son sein, avant la conception; il a été engendré, formé, organisé dans ses entrailles. Gomme fœtus, il était implanté dans sa substance , se nourrissait de soti sang et vivait dans la plus étroite sympathie avec elle. Tout ce qu'elle à senti , éprouvé, aitné , désiré, a retenti dans ^on fruit et s*est imprimé sur Cette eiistence encore si tendre. Elle l'a moulé, façonné, le pénétrant de tous les rayons de sa vie et sHmaginùni pour ainsi dire en lui. Puis, quand il a été arraché de ses entrailles, il s'est attaché à son sein; il s'est blotti dans ses bras; elle Ta embrassé , serré contre son cœur , ne s'en séparant jamais qu'à regret. C'est encore sous son influence qu'il commence à vivre après la naissance; elle préside à ses premières communications avec le monde, et les impressions primitives , les plus vives , les plus efficaces et les plus tenaces, lui arrivent ordinairement par la médiation maternelle. Si en outre on considère ce que l'enfant reçoit de la mère , on concevra pourquoi il lui est plus intimement uni. La femme, dépositaire du germe de l'existence, a eu elle le foyer de la vie, le centre attractif, qui ne peut se développer sans l'esprit viviflcateur. La mère fournit surtout le fixe dans la génération, ce qu'il y a de plus prô-
fond , (le plus stable , et ainsi ce qui tient prlucipalement aux qualités de Tâmc et de la forme. Le père se retrouye davantage dans le développement de rintelligence , dani les facultés de Fesprit , dans le mouvement de la vie. De plus y la conception une fois faite et jusqu'à la nais* sance, le concours du père est nul; il est peu important depuis la naissance et jusqu'à Fâge où Fenfant peat comprendre la parole. L*homme n'a ni assez de sensibilité, ni assez de patience , pour donner sans relâche an nouveau-né les soins assidus qull réclame. La première éducation , qui est presque toute physique , appartient aux femmes. Il est donc tout simple qoe T amour maternel soit plus profondément enraciné , et qu'en général les enfants soient plus attachés à leur m^ qu'à leur père,
ÏA mbrcy qui en a vraiment le cœur, ne n^lige rien do ce qui pont rf?s$crrcr et consolider son rapport avec son oufant. Elle est jalouse de son affection , de sa réaction, et uo souffre point que personne s'interpose entre elle et lui. Kilo no permettra jamais qu il boive le lait d'une autre, si ollo pout le nourrir elle-même ; sinon , elle aimera u\iou\ lui donner le lait d'un animal. Celles qui remettent si taoilomont leurs enfants aux bras d'une étrangère ne s,\Aont ivis do quoi elles se privent par leur faute. L'enftiul s attache au soin qui Ta nourri et ne connaît point oi lui qui la jH^rlo, Puis le lait est un extrait du sang, et lo sauj: ost lo a ohiculo do la vie. Avec le lait de Tétraniioiv ivisso st^n sang . avec son sang sa vie , avec sa vie quoique olioso do si>n âme et do son esprit ; de là des prédix^ix^tious, dos (Xiicl^auts , des inclioatkiiis au bien ou
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aa mal qai s'infiltrent dans le nourrisson. Combien sont gâtés physiquement par le mauvais lait d'une nourrice ! Combien y ont puisé les germes des maladies qui ont affligé le reste de leur existence, les virus qui ont infecté dès r origine les sources de leur vie ! Quelle douleur pour un cœur de mère, de ne pouvoir communiquer Taliment Tital à celui qu'elle a mis au jour , et de le voir prodiguer ses premières caresses, et pour ainsi dire, la vii^ité de son amour à un être qui ne lui donne pour ainsi dire qu'une nourriture animale, et qui n'a pas pour lui des entrailles maternelles ! C'est à la ville et dans les conditions, élevto, que cet abus est le plus commun ; au yiliage et chez les pauvres, les femmes allaitent leurs enfants; et cependant si quelque chose pouvait dispenser de ce devoir, ce serait assurément la nécessité de gagner le pain da jour, et le rude travail auquel force la misère. Les femmes des villes , qui ont le plus de secours autour d'elles , dont la vie est plus douce, sont justement celles qui n^ligent le devoir imposé par la nature. La force et le lait leur manquent, dit-on; la poitrine est faible, le système nerveux trop irritable! Soit, mais pourquoi en est-il ainsi ? Si elles ont eu la force de concevoir et de porter, ne peuvent-elles point avoir celle d'allaiter? Si elles ne l'ont pas, à qui la faute ."^ Où la plupart ontelles perdu leurs forces et ruiné leur santé ? Dans les amusements du monde, où eUes s'épuisent par des veilles répétées , par des fatigues excessives , s'agitant avec une espèce de fureur dans une atmosphère échauffée et malsaine , puis s'exposant à tous les inconvénients et à tous les dérangements organiques qui en sont les conséquences
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inévitables. C'est bien souTcnt à lenrs pdsdions immodérées qu elles doivent den*être mères qa'& moitié. Pœs aux suites du passé se joint la prévision de ravcnir. La fonction de nourrice est exigeante, fatigante; elle astreint à une vie calme et sédentaire : il faat passeir u berceau de Tenfant les jours et les nuits, et ainsi se 86questrer pour un temps des joies du monde. Enfin de^ rii're tout cela il y a encore quelque chose de plus déplorable, de plus immoral et que nons osons à peine indiquer ; on suboi*donne le but de la natore & ses moyens, et on tourne même les moyens contre la fin , en sacrifiant les devoirs de la maternité aux plaisirs qui h procurent.
La femme est surtout femme par rafFectiod ltiate^ nelle , qui dans Tordre naturel Félfeve à sa plus haMe puissîMice. Elle est capable de tout faire , de tout souffrir |>our ses enfants . et , tant qu'elle vit , leur bien-être est son inténH le plus cher. Elle est comme identifiée avec on\ : tout ce qui tond à 1 en séparer lui est douloureux. Co qui les Mosso la blesse, et quand la mort les lai enlèTe^ c'est connue si on lui arrachait les entrailles. Elle s'eftVnie pour on\ de ce qu elle ne craint point pour ellemême, et cela plus ils sont jeunes et faibles, plus ils ont iH-soii) (!e siMi secinii^. II t a là une admirable disposition de h naîuiv: car ce luxe de tendresse est une néccasile pour une existence aussi fragile que le noayean-né. C.ojH uvlant . bii il que cette conduite de la mère «oit toaeluuite. admirable, on ne peut pas dire que ce <oit '^ertu de sa |>art . puisque nous relrouTons la même ohi%$e chcx les animaux. Les femdles les pins timides