LE RÈGNE DU XISW
Lorsque Tesprit d'intelligeiv^ se sei^ répandu sur la terre, il viendra un temps où Te^rit de r Evangile sera, la lumière des nations.
On comprendra que le principe de la puissance eisl. la soi)\eraine raison, comme il est dit au commencement, si longtemps mal compris, deTévangile selon saint 4ean.
Alors, \e Christ renaîtra tous les jours, non plus symboliquement sur les autels, mais réellement et corporellement sur toute la surface de la terre.
N Vt>il pas dit que le moindre d e&tie nous c'est lui ? Ainsi, alors la naissance de tout enfant sera un Noël, et tous les hemmes respecteront le Sauveur les uns dans les autres.
hb Christ ^iors ne sera plus sMkoieat pauvre,
affuné, proscrit, «me épouse et sans oufants, poursum et crucifié ; il sera riche comme iùb aprte son preuve, il sera dans l'abondance de tontes ehoses, il sera, époux, il sera père^ U ter gnera et pardonnera somrerqinement à œox qai Taufont persécuté.
Car, nn jour , toutes les nations ne seront qu'une nation, tous les trtoes smtmt somnis à on senl tfOne, et sur ce trAne s'asseoira un juste qui auri Tesprit de Jésus-Christ, et qui sera ainsi Jésu^ Christ lui-même, comme nous pouwns tous être lui, lorsqu'il est en nous.
Ce roi réconciliera TOrient a^ec TOocident el le Nord avec le Midi. 11 donnera aux peuples la Traie liberté, parce qu'il rendra inébranlables les bases de la justice.
En réprimant la licence, il supprimera la misère. Tous auront le droit et les moyaas de Meir ftdre ; nul n*aura le droit de s'alHrutîr et d'être Ticieux.
La pénalité sera remplacée par l'h^^giène mo^ raie, les coupables seront regardés comme des malades et soumis au traitement des aliénés. Lsf grande expiation de la Croix suffit à tontes le9 offenses humaines, et supprimera un jour Féche-i
faud, dei^eiui exécrable du momeot qu'il est inutile.
On n*acoorderaplus d'exîstaioe rédleà Terreur, car le vrai seul existe, et le mensonge est fugitif comme le rêve. Il n*y aura donc plus qu'une religion dans le monde, et le pontife universel déclarera, du haut de la suprbne autorité, que les juiCs, les mahométans, les bouddhistes, etc., sont des chréti^is mal instruits, dont il est le chef et le père. Il les bénira et les convoquera au grand concile des nations. Il ouvrira pour eux le trésor inépuisable des indulgences et des prières, et donnera réellement et en vérité sa bénédiction à la ville et au monde.
Ce sera alors l'époque du retour de l'enfant prodigue ; il n'a plus rien, mais son frère lui prêtera, et il travaillera pour reconquérir sa richesse. Ce sera l'heure où les vierges folles, ayant enfin de l'huile dans leurs lampes, reviendront frapper à la porte, et si l'époux refuse de leur ouvrir, les vieiiges sages leur tendront la main et les feront entrer par la fenêtre ; car le dernier mot du christianisme, c'est solidarité, réversibilité, charité universelle; et Je vous dis en vérité qu'il n'est pas un saint dans le ciel qui ne soit prêt à des-
cendre dans Fenfer, pour en délivrer les pauvres ànies« fallût-il ensuite y rester seul à leur place et en fermer à jamais les portes sur lui. Concevez- TOUS un ciel superposé à un enfer ? un banquet éternel en face d'un étemel bûcher, une maison de paix et de prières sur une cave pleine de sanglots et de tortures? Un seul rêve doit remplir le sommeil étemel de chaque juste : la délivrance d'un réprouvé; et si ce rêve était sans eqpérance, il deviendrait un cauchemar, plus terrible que les supplices mêmes de l'enfer.
C'est ainsi que les gnostiques, c'est-à-dire ceiio: (fui saoaiefU, en d'autres termes, les initiés du christianisme primitif, interprétaient les oracles rendus par l'esprit de Jésus-Christ; ils furent suivis par les disciples d'Origène , mais l'Eglise lescondamna, et eut raison de les condamner, car ik divulguaient les doctrines secrètes et profanaient les mystères du Bialtre.
Il ne faut pas, en exagérant l'espérance du vulgaire, ôter à la loi sa sancticm terrible, et le dogme de Tétemité de l'enfer ni xprime, après tout, que le divorce étemel eutn» k» bien et le mal*
Les apocryphes, c'est le nMr iV^volutîonnairp de IVsprit de Jésus ; son côté bietareht(|iie, éditant
eft constittiatit, appartiftit de ditrit i l'Église i gnante, dont il tië hotis appaHieot pas d'usurp6r les fonctiotis.
A la suite de ces légendes si oaiTeiiieiit orientales, nous pourrions ranger les récits, évidemment synii)oliques, de la l^nde dorée, les actes apocfjrphes des ap^t^eB^ Thistoire du géant Christophofe plié en deux sous le poids mystérieux d'un enfant, le martyre de sainte Foi^ de sainte Espérance et de sainte Charité^ et tdnt d autres insp^ rées par le même esprit et toutes brillantes des mêmes tnerfeilIeusescouleur84 Un souffle d'inspiration nouyelle avait passé sur le monde, et ce souffle était celui de Jésus-Ghrist. Ce qui distingue les évangiles apocryphes des évangiles canoniques, c'est peut-être plus d'audace dans les fictions et moins de prudence dans l'indication des tendances révolutionnaires et radicales ; mais c'est partout le même génie émancipateur du pauvre, protecteur du foible, la mêmetendresse maternelle pour les orphelins de la société, la même foi, humaine parce qu'elle est divine , et divine parce qu'elle est humaine. Les histoires merveilleuses varient, parce qut* Ift forme de Ié parabole
est arbitraire. C'est l'esprit seul qui Vivifie. Ces histoires, d'ailleurs, sont essétttiellementjtliyës, et on peut les comparer avtecleSapologues du Talmud ; on peut les taxer d'un mysticisme et d'uû idéalisme pxagt'^rés ; mais quels rêves magnifiques, si on leîs prend seulement poiir des rêves ! Ce sont deis photographies d'aspirations collectives; ce sont lefe partiboles posthumes de Jésus, i*evivant tout entier dans ses disciples; ce soût les oracles, non pas des tables tournantes, mais des tables eucharistiques, et voilà comment les esprits divins parlent après leur mort, si tant est qu'ils puissent mourir. Mais non, les grande^ pensées ne meurent pas et n'ont pas besoin, pour se transmettre, de coups frappés contre les murs. Elles remuent les âmes et riton les meubles, elles frappent les cœurs et non les pierres ou les planches ; elles sont comme des arbres qui jettent leur semence et reproduisent des forêts. En vain, on veut les captiver et lés circonscrire, elles ont une sève qui fait éclater les liarrières et qui renverse les prisons ; elles courent ci>nune l'incendie dans les bois morts. Ne cherchez plus Jésus dans le tombeau où les prêtres lavaient mis, il est ressuscité; il n'est plus ici, ne cherchez pas le vivant parmi les morts !
Que nous veulent donc ces larves et ces vampires qui, dans des cercles de prétendus spirites, essaient d'amoindrir THomme-Dieu ! Qu avonsnous à faire d'un Jésus sans divinité et sans miracles ? Ses plus grands miracles ne sont-ils pas ceux de son esprit ? Voulez-vous écrire son histoire ? Écrivez Thistoire du monde transfiguré par son génie. Sa vie, c'est sa doctrine, et sa doctrine vit encore. Je vous donne un Jésus de marbre, a dit Renan. Eh! qu'avons-nous aflEaire de votre marbre? nous avons un Jésus d'esprit et de chair , son esprit est partout. Sa chair palpite dans la poitrine innocente de nos enfants, son sang réchauffe et rajeunit le cœur de nos vieillards. Philosophe de marbre , gardez votre statue sans ftme, et laissez-nous notre Homme-Dieu !
Alfred de Vigny a écrit que la légende est souvent plus vraie que l'histoire, parce que la l^nde raconte, non les actes souvent incomplets et avortés, mais le génie même des grands hommes et des nations. C'est à l'Evangile surtout qu'il faut rapporter cette belle pensée. L'Evangile n'est pas simplement le récit de ce qui a été, c'est la révélation sublime de ce qui est et de ce qui sera ton-
joun. Toujours le Sauveur du monde sera adoré par les rois de rintelligence , figurés par les mages ; toujours il multipliera le pain eucharistique, pour nourrir et consoler les Ames; toujours, quand nous Tinvoquerons dans la nuit et dans b tempête, il viendra à nous en marchant sur les flots, il nous tendra la main et il nous "sauvera en nous faisant passer sur la t6te des vagues ; toujours il guérira nos langueurs et rendra la lomière à nos yeux ; toujours il apparaîtra à ses croyants lumineux et transfiguré sur le Thabor, expliquant la loi de Moïse et réglant le zMe dÉUe.
Les miracles de rÉtemel sont étemels. Admettre le symbolisme des merveilles de TEvangile, ced en agrandir la lumière, c'est en proclamer l'universalité et la durée. Non, ces choses ne ^ sont point passées telles qu'on les raconte, elles ne se passeront jamais, elles restent éternellement. Les choses qui se passent sont des accidents qui passent, les choses que le génie di?in révèle par le symbolisme sont d'inamuables vérités.
Lîseï les Pères des premiers siècles, passez aux irrandes époques du christianisme, doutez saint
Augastîn aspirant à l'infini, et saint Jért^me songeant au ôiel, au bruit de I empire romain qui s'écroule; écoutez tonner l'éloquence de saint Jean Chrysostome et de saint Ambroîse, puis redescendez de là aux divagations spîrites de M. Home, ou aux élucubrations panthéistiques d'Allan' Kardeô , vous sourirez de pitié et de dégoût.
Eh quoi, la mort serait une amère déception ! Les réalités de Tantre vie seraient la dérision de nos aspirations en Celle-ci ! Le vrai paradis serait moins resplendissant que celui du Dante, et lo véritable enfer moins terrible que son enfer ! Quoi, les esprits désincarnés se promèneraient comme ceux de Swedenborg avec des chapeaux sur la tête, et viendraient obséder les vivants pour leur faire écrire des pauvretés ! Mais vous ne voyez donc pas que l'enfer du moyen âge avec ses horreurs grandioses serait préférable à cette ridicule déchéance des âmes! Que Dieu me torture s'il existe un dieu capable de me torturer, mais qu'il ne me rende pas idiot. J*aîmerais mieux le diable et ses cornes que les maisons de Victorien Sardoii construites en clefs de sol et en pattes de mouches, et que ces fleurs idéales écloses sous le crayon
des Médiums^ et qui ressemblent à des pustules de lèpre vues au microscope. Réveillez-vous, pauvres spirites, vous ne sentez donc pas que vous a^ezle cauchemar?