CHAPITRE IL
lA TtlAlVSITION DES ESPRITS OU LE MYSTÈRE DE Là MORT.
Quand l'homme s endort du dernier sommeil, il tombe d abord dans une sorte de rèye avant de se réveiller de lautre côté de la vie.
Chacun voit alors dans un beau song^ on dans un terrible cauchemar le paradis ou Tenfer aux-« qods il a cru pendant son existence mortelle.
C'est pour cda que souvent Tàme épouvantée se rejette violemment dans la vie qu'elle vient de quitter, et que des morts, bien morts lorsqu'on las a enseveUs, se réveillent vivants sous la toake.-
L'âme aloi*s, u osant plus mourir, se consume en efforts inouïs pour conserver la vie en quelque sorte légumineuse de son cadavre.
Elle aspire pendant leur sommeil la vigueur fluîdique des vivants et la transmet au corps enterré dont les cheveux poussent comme une herbe vénéneuse et dont un sang rouge colore les lèvres.
Ces morts sont devenus des vampires; ils vivent conservés par une maladie posthume qui a sa crise comme les autres, et qui finit par des convulsions horribles pendant lesquelles le vampire, pour tftcher de s'anéantir lui-même, se dévore les bras et les mains.
Les personnes sujettes au cauchemar peuvent se faire une idée de l'horreur des visions infernales. Ces visions sont le châtiment d'une croyance atroce et assiègent surtout les croyants superstitieux et les ascètes fanatiques : l'imagination s'est créé des tourmenteurs, et ces monstres, dans le délire qui suit la mort, apparaissent à l'âme avec une effroyable réalité, l'entourent, l'attaquent, et la déchirent en cherchant à la dévorer.
• Le sage, au contraire, est accueilli par des
visions heureuses, il croit voir ses amis d'autrefois fenir au devant de lui et lui sourire. Mais tout cela, avons-nous dit, n*est qu'un rêve, et I âme ne tarde pas à se réveiller.
Alors elle a changé de milieu, elle est audessus de l'atmosphère qui s'est solidifiée sous les pieds de son enveloppe devenue plus légère. Cette enveloppe est plus ou moins lourde, il en est qui ne peuvent s'élever au-dessus de leur nouveau sol ; il en est d'autres au contraire qui montent et planent à volonté dans l'espace ooomie des aigles.
Mais des liens de sympathie les rattachent ton* jours à la terre sur laquelle ils ont vécu, et sur laquelle ils se sentent vivre plus que jamais, parce que, le corps qui les isolait étant détruit, ils ont conscience de la vie universelle et prennent part aux joies et aux souffrances de tous les honmies.
Ils voient Dieu tel qu'il est, c'est-à-dire présent partout dans la justesse infinie des lois de la nature, dans la justice qui triomphe toujours à travers tout ce qui arrive, et dans la charité infinie qui est la communion des élus. Ils souffrent, ifODi-nOtts dit, mais ils espèrent parce qu'ils
alflient, et ils se trouvent heureui de souffrir. Ils Mtourent paisiblement la douce amertume du sacrifice et sont les membres glorieux, mais saignants toujours, de la grande victime étemelle.
Les esprits créés à Timage et à la ressemblance de Dieu sont créateurs connue lui, mais, comme lui, ils ne peuvent créer que leurs images. Les volontés audacieuses et déréglées produisent des larves et des fantômes, Timagination a le pouvoir de former des coagulations aériennes et électromagnétiques qui reflètent un instant les pensées, et surtout les erreurs de Thomme ou du cercle d'hommes qui les met au monde. Ces créations d'avortons excentriques épuisent la raison et la vie de ceux qui les font naître, et ont pour caractère général la stupidité et la malfaisance, parce qu'elles sont les tristes fruits de la volonté déréglée.
Ceux qui n'ont pas cultivé leur intelligence pendant leur existence restent, après la mort, dans un état de torpeur et d*engoiirrltî%s^tlUuit plein d'angoisses et d'inquii^tude; ils reprendre conscience d^ux-mAines, il^ ï le vide et dans la nuit, iit^ pouvant ni m descendre, et incapable.^ dv mrre«ponil|6^^
le ciel, soit avec It terre. Ils sont tirés peu à peu de cet état par les élus qui les instruisent, lei consolent et les éclairent, puis ils obtiennent d*Atre admis à de nouvelles épreuves dont la nature nous est inconnue, car il est impostible que le même homme renaisse deux fois sur la même terre. Une feuille d'arbre, une fois tom^ bée, ne se rattache plus à la branche. La chenille devient papillon, mais le papillon ne redevient jamais chenille. La nature ferme les portes der^ rière tout ce qui passe et pousse la vie en avant. Ls même morceau de pain ne saurait être mangé et digéré deux fois. Les formes passent, la pen«sée reste et ne reprend plus ce qu'elle a usé une Mb.