‹ Philosophie occulte (volume 2)Chapitre 36 sur 62 · LES TABLES TOURNANTES ET PARLANTES · texte numérisé non relu

LES TABLES TOURNANTES ET PARLANTES

L existence delaimant universel spécialisé dans les métaux, dans les plantes, dans les animaux, dans les hommes, était connue des anciens hiénvphantes. C'est à cette force mystérieuse qu'ils donnaient les noms d'Od, d'Ob et d'Aour, chez les Hébreux. C'est la double vibration de la lumière universelle et vitale. Lumière astrale dans les astres, lumière magnétique dans les pierreries el les métaux, magnétisme animal chez les animaux et chez l'homme. Tout, dans la nature, en révèle l'existence.

Les expériences de Mesmer et de ses successeurs ont prouTé que le magnétisme animal peut communiquer aux objets inertes la vie et la volonté Ai* rhomme. Il n'y avait donc pas lieu de s'étonner du phénomène si multiplié de nos jours des tables tournantes et parlantes; mais l'ignorance aime à 'iVtonner, parce qu'en s'étonnant elle s'émerveille, et qu'en s'émerveillant elle s'enchante, puis elle lie veut plus être désenchantée, et n'écoute pas l<'s simples diseurs de vérité.

La véritépresque toutentière sur les tables mer- Mn lieuses se trouve tr^s-simplement et très-clairemont exprimée dans une lettœ d'un savant ano^ n\ine que cite M. A. Morin. a Croyez bien, dit ce M>ant, qu'il n'existe, dans les tables, ni esprits, ni revenants, ni anges, ni démons; mais il y a <Io tout cela si vous voulez, quand vous voulez, A comme vous voulez , puisque cela dépend de votre imaginative, de votre tempérament, de vos rrii\ances intimes, anciennes ou nouvelles. La M^^amlmlance n'est qu'un phénomène mal ob- ^'MTé par les anciens, incompris par les modernes, m\% parfaitement naturel, qui touche h la physi* (jiu' d'une part et à la psychique de l'autre ; mais il t tait incompréhensible avant la découverte de

rélectrîcHé et de l'héliographie, parce que. pour expliquer un fait de l'ordre spirituel, noussonunes obligés de nous appuyer sur le fait correspondant de Tordre matériel, comme les anciens poètes le faisaient par des comparaisons et les prophètes par des paraboles.

a Or, vous savez que le daguerréot\pe a nonseulement la faculté d'être impressionné par les objets, mais aussi par l'image des objets. Eh bien! le phénomène en question, qui devrait s'appeler la photographie mentale^ ne produit pas seulement les réalités, mais aussi les rêves de notre imagination, avec une telle fidélité que nous y sommes trompés, ne pouvant distinguer une copie prise sur le vif d'une épreuve prise sur l'image.

« Cette photographie mentale, direz-vous, est une chose bien extraordinaire, bien merveilleuse. — On en a dit autant de la photographie ordinaire, puis on s'y est familiarisé. Il en sera de même de la nouvelle découverte : on s'habituera, ol chacun vérifiera, en faisant des tables comme on fait du daguerréotype, les uns bien, les autres mal, car il faut pour réussir un ensemble de pn'*cautions et de conditions indispensables au succès. Le premier maladroit, le premier étourdi venu

n'est pas plus eu état d'obtenir ww bonne épreuve d'un côté que de l'autre.

« La magnétisation d'un guéridon ou d'une l>ersonne est absolument la même chose , et les ivsultats sont identiques ; c'est l'enyahissement d un corps étranger par l'électricité vitale intelli- ^^ente ou la pensée du magnétiseur et des assistants.

<< Rien ne peut donner une idée plus juste et plus facile à saisir que la machine électrique ras- Moiblant le fluide sur son conducteur, pour eu obtenir une force brute qui se manifeste par des I dats de la lumière, etc. Ainsi l'électricité accumulée sur un corps isolé acquiert une puissance <le réaction égale à l'acliou, soit pour aimanter, M Ht pour décomposer, soit pour enflammer, soit |NHir envoyer ses vibrations au loin. Ce sont la i\^ effets sensibles de Télectiicité ànUe (1) produite par des éléments bruts; mais il y a évidemou ut une électricité corespondante produite par la pile cérébrale de l'homme: cette électricité de i âme, cet éther spirituel et universel qui est le na'lieu imUnani fie I univers métaphysique ou in-

(I) Broie est le nom donne par la tttbie pour la distinguer 'i<* rcleelricil^ intellifenic.

coi-porel, a besoin d'êti-e étudié avant d'être admis par la science, qui ne connaîtra rien du grand phénomène de la vie avant cela.

« L'électricité cérébrale, qui n'est plus pour moi et mes collaborateurs à Tétat d'hypothèse, parait avoir besoin, pour se manifester à nos sens, du secours de l'électricité statique ordinaire ; de sorte que si celle-ci manque dans l'atmosphère, quand Tair est très-humide par exemple, on ne peut obtenir aucun mouvement des tables, qui vous disent clairement le lendemain ce qui leur manquait la veille.

« L'intelligence d'une table actionnée est le résumé ou, si vous le voulez, le reflet de l'intelligence des personnes qui l'actionnent, on peut même dire de tout un salon attentif et en harmonie de sentiments et de croyances. D'autres fois. ce n'est que la répercussion des idées d'une seule personne plus influente par sa volonté, qui peut même paralyser ou activer de loin le guéridon et lui imposer tel ordre d'idées qu'il lui plaît.

« Il n'est nullement besoin que les idées soient nettes dans le cerveau des personnes : la table les découvre et les formule d'elle-même, en prose ou en vers, et toujours en termes propres ; elle

demande souvent du temps pour remplir certains bouts-rimés ; elle commence un vers, le rature, le corri^ ou le retourne à notre instar ; elle joue, plaisante et rit avec nous comme le ferait un interlocuteur bien élevé. Si les personnes sont sympathiques et bienveillantes les unes pour les autres, elle se met au ton général de la conversation, c'est l'esprit du foyer ; mais si on lui demande une (''pitn*amme contre une personne absente, elle emporte la pièce. Quant aux choses du monde extérieur, elle en est aux conjectures comme nous ; elle compose ses petits systèmes philosophiques, les discute et les soutient comme un rhéteur des plus retorts. En un mot, elle se fait une conscience et une raison à elle, avec les maté^ riaux qu elle trouve en nous.

" Tout cela vous paraîtra bien bizarre, bien incroyable ; mais, après vérification, vous en arriferez là comme nous.

" Les Américains sont persuadés que ce sont des morts qui reviennent ; d'autres, que ce sont des esprits , d'autres des anges , d'autres des démons, et il arrive précisément à chaque groupe le reflet de sa croyance, de sa conviction préconçue : ainsi les initiés des temples de Sérapis,

de Delphes, des Branchides et autres établissements théurgico-médicaux de ce genre, étaientils bien convaincus d avance qu'ils allaient entrer en communication avec les dieux adorés dans cliaque sanctuaire ; ce qui ne manquait pas d'avoir lieu.

« A nous, qui savons la valeur du pliénomfeue, il ne nous arrive aucune chose que nous ne puissions expliquer sans peine d'après nos principes ; nous sommes parfaitement sûrs qu'après avoir chargé un guéridon de notre iafliid' magnétique, nous avons créé une intelligence analogue à la nôti'e, qui jouit comme nous de son libre arbitre, et peut convei'ser avec nous, discuter avet: nous, avec un d^*é de lucidité supérieure, attendu que la i-ésultante est plus forte que l'individu, ou le tout plus grand que la partie.

« La meilleur condition est de n'avoir pour coUaborateui-s que des enfants presque sans influence mentale; c'est à peu près comme si vous étiez seul en présence de votre conscience et en conversation intime avec vous-même, sauf que le raisonneur éphémère formule ce qui n'était qu'à l'état de chaos ou de nébuleuse dans \o\w conscience.

a II n'est pas une réponse des orades anciens qui ne trouve son explication naturelle d'après la théorie dont nous avons la clef. N'accusons plus Hérodote d'avoir radoté dans ses récits les plus étranges que nous tenons pour aussi vrais et sincères que tous les autres faits historiques consignés dans les récits de tous les écrivains du pa-» ganisme.

« Le christianisme, qui avait pris à tâdie de délivrer le monde de ces croyances superstitieuses dont il avait reconnu l'inanité et les dangers sans en découvrir les causes, a eu les plus grands combats à livrer pour détruire les oracles et le sibyllisme ; il a dû employer plus que la persuasion, et l'établissement de l'inquisition n'a pas eu d'autre but ; lisez Anunien Mofcellin et les violences des premiers empereurs chrétiens contre les consulleurs de tables, et les sermons de Terhillien contre ceux qui interrogeaient Ctqieiia^ et Mefvtas (Chèvres et Tables).

« Il n'a pas fallu moins de dix-sept siècles et demi pour avoir raison des sorciers par le fer et le feu; les derniers surrivants furent Urbain Grmdier et Cagliostro : mais le phénomène étant naturel renaissait tantôt sous la forme des trero-

Ueara denint Médard, tantôt sous celle des hallucinés de saint Pftris, dont Talleyrand a constaté la réalité dans sa jeunesse, ea crucifiant une sîrbylle a^ec Tabbé de Lavauguillon, sans lui faire de mal. Mesmer a ressuscité la chose.

« Ce phénomène est aussi ancien que Thomme, puisqu'il lui est inhérent. Les prêtres de Tinde et de la Chine l'ont pratiqué avant les Égyptiens et les Grecs. Les sauvages et les Esquimaux le connaissent ; c'est le phénomène de la Fat, source de tous prodiges ; quand la foi s'affaiblit , les miracles disparaissent. Celui qui a dit : a avec la f<H, on transporte les montagnes, » ne s'étonnerait pas qu'on soulevât un guéridon. Avec la foi, le magnétiseur enlève un rhumatisme, et les bei]gers de la campagne obtenaient du pied de leur chèvre, comme nous obtenons du pied de nos tables, des réponses analogues aux croyances intimes des interrogateurs, aussi étonnés de voir formuler leurs pensées, leurs instincts et leurs sentiments, que le sauvage est étonné de voir refléter sa figure dans une glace. Les plus mal partagés sont ceux qui croient causer avec fe démon qui répercute leurs rêves et quelf uefùs l'état de leur conscience^

« L'Iiomne, eo s^ regardant au miroir de la ubie, • S'y voil parfois si laid qu*il se prend pour le diable.

(c Plus il y a de croyants réunis par une foi quelconque autour d'une table, plus la pile est chargée, plus les résultats en sont puissants et mMTeilleux.

a Lee premiers chrétiens rassemblés autour de la sainte table pour communier en Dieu voyai^it Dieu, comme ceux qui ont foi en la magie et la sorcellerie voient des enchantements et de la sorcellerie partout. Les hôtes du festin de BalUiasar ont vu sur les murailles la mmace née dans leur conscience contre Tauteur de pareilles orgies, et rien de plus. Ceux qui croient aux apparitions, à des taches phosphorescentes, à des bruits étranges, sont également servis selon l^urs idées; car il est £ait à chacun seloa fift fiM. Celui qui a prononcé ices profondes paroles, était bien le Verbe incarné; il ne se trompait pas et ne voulait pas tromper les autres ; il disait la vérité, que nous ne faisons que iiépéter ici sans plus espérer qu'oa } aûc^pte.

« L'homme est un mî^rojposppe on petit inioade; il porte en lui un fragment du grand Tout ji Vi^

chaotique. La tâche de nos semidei est de débrouiller la part qui leur est échue par un travail mental et matériel incessant. Ils ont leur corvée à remplir par Tinvention perpétuelle de nouveaux produits, de nouvelles moralités, et la mise en ordre des matériaux bruts et informes départis par le Créateur, qui les crée à son image pour créer à leur tour et compléter l'œuvre de la création, œuvre hnmense qui ne finira que quand le tout sera tellement parfait, qu'il sera devenu semblable à Dieu et capable de se survivre à luimême. Nous sommes bien loin de ce moment final, car on peut dire que tout est encore à faire, à refaire et à parfaire ici-bas, institutions, machines et produits.

Ment non solnm agitât sed créât tnolem.

a Nous Vivons dans la vie, ce milieu ambiant intellectuel qui entretient dans les hommes et les choses une solidarité nécessaire et perpétuelle; chaque ceneau i*st on gaii^Hoîi, iin** station du télégraphe névralgique uuivtf^rHûl €0 rapport constant a\vr la station centrale <•' avec toutes les autres , par les vibrations de pensée.

<t Le soldl q[>iritttel échire les ftmes comme le soleil matériel éclaire les corps, car F univers est double et suit la loi des couples. Le statîonnaire ignorant interprète mal les dépèches divines et les rend d'une façon souvent fausse et ridicule. Il n'y a donc que l'instruction et la vraie science qui puissent détruire les superstitions et les non-sens répandus par les ignares traducteurs placés aux stations de renseignement chez tous les peuples de la terre. Ces aveugles interprètes du Verbe ont toujours voulu imposer à leurs élèves l'obligation de jurer sans examen, in verba magistri.

a Nous ne demanderions pas mieux, hélas! s'ils traduisaient exactement les voix intérieures qui ne trompent que les esprits faux. C'est à nous, disent-ils, à débrouiller les oracles, nous en avons la mission exclusive, spiritus flot ubi vult, et il ne souffle que sur nous, disent-ils.

« Il souffle partout, et les rayons de la lumière spirituelle éclairent toutes les consciences; QujK cummi^ ^ ^ ^ ^^^ ï\khQ\x\ qui l'uieol Ja hi-» aïtffT, tl ) a auscii à^s». ciirps réfrinj^'DtH el beau- Wtp qui suul dénud!* Av *^ ' iHi^ ri^llcctible. %fk la nqorîlé ; t4 qu«arH rorp^ et tous

Ids Mprits fMéohirotit égaléffidllt Cêttê double lumière, oti y Terra beaucoup plus clair qu'aux jotird'hui. »

Nous croyons avec le savant de M. Morinque les phénomènes actuels nous mettent sur la voie des plus grandes et des plus importantes découvertes. Géttè photographie mentale des idées courantes est quelque chose d'immense qui nous révële la grande communion de la vie. Une âmê unique en e£Pét entretient la vie dans toute la na*^ ture, mem apitat molem.

Cette ftme est active chez les êtres intelligents et passive chez les autres. Or, ce qui est actif agit sur ce qui est passif et lui emprunte même sa force. L'homme peut prendre au lion sa vigueur, au singe son agilité et son adresse, il peut aussi imposer au lion et au singe sa propre pensée , et s'en servir comme d'instruments ; tout cela est une question de magnétisme.

Croyez-vous que le grand peintre, par temple, trouve chez le marchand les couleurs do»t il fait rayonner sa toile? Non, sa pensée coitt'' mande au soleil qui lui abandonne ses reflets. Toute puissance intellectuelle est une mdp&,

et la matière mise au service de Fesprit devient intriligence.

Le jour pour se manifester a besoin de la nuit, et) comme le dit M. A. Morin dans quelques vers assez heureux dont nous complétons la pensée:

Le temps fiour Apollon est tenu d'abdiquer ; Nous sâfone k présent quel génie invoquer. Sa force est :

Tout lb monde ;

Il se nomme :

PinsoNHi; •* Celui qui ne Ta pas est celui qui le donne ; -— Ainsi que dans Taimant le pôle négatif Est leemastant agent de VéSti positif.

La nature muette inspire la parole.

L'ignorance publique a créé le symbole, Et l'homme de génie est peut-être, en deux mots. Celui qui tire à lui l'esprit de tous les sots*

La Fontaine faisait plus : il tirait à lui le génie des bétes, ou plutôt il leur prêtait le sien, et les fiûsait parler bi^i mieui que nos medham ne font parler lee guéridons. Le monde appartient au gé* nie. Il dit à la pierre : sois vivante 1 et la pierre se lève et s'isîme. Le statuai» bit les dieux ; puîa vient la Cm, et les ilteu parlent, les stMaes mukiit

les yeux, le marbre pleure. Pure imagination, direz-vous : oui , souvent , mais pas toujours ; et la preuve en est que les tables remuent et parlent réellement. On ne sait pas encore de quelles forces peut disposer l'aimantation humaine; et quand les prodiges de la foi deviendront les conquêtes de la science, l'homme, élevé au-dessus de toutes les superstitions, aura pris sa place dans l'univers; il comprendra qu'il est né pour conmiander à la nature, et qu'il est ici-bas le plénipotentiaire de Dieu.

La photographie est, certes, une des plus belles et des plus curieuses découvertes de ce siècle : mais, dans ce bon temps d'autrefois, que r^rettent si sincèrement MM. Veuillot et de Mirville, l'inventeur de cette belle chose n'eût-il pas été accusé de magie, et les masses ignorantes n'eussent-elles pas été persuadées que ces peintures instantanées et merveilleuses étaient l'ouvrage des malins esprits? Qu'eût-on pensé alors du stéréoscope, cette double lorgnette qui donne du relief à un reflet et change un fantôme en statue? Un voyageur «oaporte les Alpes dans sa poche; on met le dôme de Saint-Pierre de Rome dans un étui. Joignez le microscope au stéréoscope, et

— aai —

TOUS verrez se dresser entre vos mains, dans toute leur effrayante hauteur, les colosses des Pyramides, que vous poun*ez contempler à votre aise à traTers le trou d'une aiguUle!... Voyons, notre cher monsieur de Mîrville, est-ce que votre diable ne s'en mêle pas vraiment un peu? Non, n'est-*ce pas ? Mais , quant à la photographie mentale des tables parlantes, c'est bien autre chose : oui , c'est autre chose , en effet ; mais c'est une autre diose tout à fait analogue à la première.

De même que la photographie solaire reproduit avec une fidélité désespérante les taches et les verrues d'un visage , la photographie astrale reproduit le néant des vaines conversations, la iémérité des conjectures et les faux pas des sottes prisées. On connaît les prétendues révélations de Victor Hennequin ; le médium Rose nous affirme qu*Esoousse et Lebras ont été Roméo et iolirtte, et rencontre dans Saturne l'infortuné Lesorques, qui est devenu jardinier. Ceci nous rappelle un couplet d'une chanson amphigourique de Vadé :

La reine Cléopâtrp RaiiMildaurMitte

Desmâfrotts

Que Cafoa

Jelle aux poules.

Tandis que Zorobabel, Faisait euire» en Israél,

Des moules.

C'est le rôfe dans tonte son incohéranoe. Pois il ôToqne madame Lafarge, et Ini fait confesser qu'elle fut coupable : outrage impie à la tombe d*une malheureuse, dont la mémoire, protégée par un doute devant l'opinion publique, touche à l'honneur d'une famille honorable dont quel* ques membres vivent encore ei croient à l'innocence de Marie. Un autre médium, jadis savant, depuis tourneur de tables et halluciné, croit recevoir les baisers d'une femme qu'il a aimée ; puis bientôt son amante d'outre-iombe devient jalouse, d'autres lèvres posthumes ont effleuré la bouche flétrie et démeublée du vieux (Hrard. Et la nou- Telle Diane de ce grotesque Endymion (nous osons à peine le répéter après qu'il n'a pas craint de l'écrire), c'est la mère de Dieu elle^-même. A côté de ces énormités, nous voyons sortir du crayon des médiums des pages qui peuvent n'être encore écrites nulle part, mais qu'on se souvient d'avoir

déjà laes partout, tant ces Terbiages sont communs et se ressemblent. Parfois le prétendu Esprit co-pie tout naïvement un auteur qu'il croit sans doute peu connu. Celui qui écrit ce livre fut étonné un jour de relire , sous la signature de Platon , dans un numéro de la Vérité, journal spirite de Lyon, une page de son introduction à V Histoire de la Magie. Le crayon fait de plates chansons, qu'il signe Béranger , et attribue des capucinades à Lacenaire : c est un tohu-bohu d'àneries prétentieuses et de réminiscences tronquées ; c'est une lanterne mafdque sans lumière, c est le sabbat des plus pau* ^res diables qu'on puisse imaginer ; c'est le chaos des extravagances. Puis, à côté de cela, des aperçus pleins de finesse, des hypothèses hardies et des limbeanx de vraie science, cousus avec les vieilles ftcelles de Tabarin ou de Jocrisse. Apollonius de Thyane écrit des tirades saint-sîmnniennes M les signe « saint Augustin » ; saint Aiif^tiitin déclame contre l'Église catlinltqup. saint I/hjis parle comme Jean Joumet, siitiii Vincent de Paul fait dès phrases, et le grand m\i\\ Eini n*a yXm mfme le bon esprit de vouloli^ n^mi^ltre à riîudmil les chausses du roi Dagobert. Cm\ le bruit srmrdûqw des foules, c'est le qi]i)imqno des eohii«ê.

c'est la confusion des masses photographiées pendant qu'elles se meuvent ; c'est l'esprit impersonnel et multiple qui noie bêtement les animaux dans lesquels il se réfugie, l'esprit que chasse de partout la douce influence du Verbe de vérité, et qui se nomme légion.

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