‹ Philosophie occulte (volume 2)Chapitre 38 sur 62 · LE LECTEUR ET L'AUTEUR · texte numérisé non relu

LE LECTEUR ET L'AUTEUR

LE I.EGTEUR.

Ainsi, voilà qui est bien entendu, \ous rejetez l'autorité de TÉglise catholique romaine?

l'auteur.

Ai-je dit cela? Je la respecte au contraire, et je crois qu'il faut y revenir comme au seul principe de hiérarchie et d'unité.

LE UMTEUR.

Votre enseignement diffère cependant du sien. Pensez-vous en savoir plus qu'elle ?

l'auteur.

En matière de science, oui. Car l'Église n'est infaillible qu'en matière de foi.

LS LMTBUA.

Vous i*ejetez le diable et leufer de M. de Mireille; ne sont-ce pas la des matières de foi?

Le Credo de M. de Mirville pourrait être celui-ci :

Je crois au diable, le destructeur très-puissant, perturbateur du ciel et de la terre, et en Tantechrist, son fils unique, notre persécuteur, qui sera conçu du mauvais esprit, naîtra d'une vierge sacrilège, sera glorifié, régnera et montera s'asseoir sur Tautel de Dieu le père tout-puissant, d'où il insultera les vivants et les morts. Je crois eu l'esprit du mal, la synagogue satanique, la coalition des méchants, la persistance des péchés, la i)erdition de la chair et la mort éternelle.

Qui osera dire ainsi soit-il ? Qui ne voit pas que le Credo noir est tout l'opposé de celui de rÉglise, et que le croyant qui affirme l'un doit nécessairement nier l'autre?

LE LXCTSUB.

Cependant l'Évangile et l'Église parlent du diable et de l'enfer?

Oui, symboliquement, et ce sont ces symboles que je viens expliquer par la science et la raison.

13 LBGTX011.

Mais enfin, la foi de TÉglise...

l'auteur.

L'Église n'a jamais pris le diable pour objet de sa foi.

l£ LEGTEUH.

Mais enfin vous affirmez une sorte de catholicité universelle qui exclurait seulement r%lise romaine.

l'auteur.

J'ai dit positivement le contraire : il serait au»i absurde de mettre Rome hors de Tunivers que de prétendi*e renfenuer Tuoivers dans Rome.

LE LECTEUR

Vous me permettrez de préférer les croyances de ma grand mère à toutes vos raisons*

l'auteur.

Libre à vous de penser comme les grand^mères, ou même de ne rien penser du tout* Mais le

monde souffre d'être .sani religion, et j'ai voulu à mes risques et périls montrer la conciliation possible entre la raison et la foi. Laissez-moi espérer que j'aurai un jour des petits-enfants qui penseront comme leur grand-përe.

LE LEOtVUR.

Mais pensez-vous que Rome vous approuvera ?

l'auteue.

A-t-elle approuvé Galilée? La terre tourne cependant.

us U9QTSUH*

Maintenant elle ne le condamne plus.

l'auteur.

C'était une question de temps. Vous voyez bjen que j'ai quelque raison d'espérer.

LE LECTEUR

Mais on vous persécutera.

l'auteur.

J'y suis accoutumé.

LE LECTEUR

M. de Mirville dira encore que vos livi*es sont abominables*

— Ma--

L'âUT!KU&«

Je suis trop poli pour lui répondre que les sienN sont pitoyables.

us LEGTEUA.

On organisera plus que jamais contre vous la conspiration du silence.

L'AUTBUft.

On me traitera alors comme Alexandre devanl qui la terre se taisait : siluit tetra in compectu ejm.

LE LEGTBUR.

Adieu, car je vois que vous êtes incorrigible.

l'auteur.

Au revoir, car j'espère toujours que vous voudrez vous corriger.

t*t U réaction qui les tue hérite du fruit 46 leurs tra>aux.

Ce ^ut les boucs émissaires 4u progrès, ce bont les parisis de la conquête ; leurs corps sf»*- \eut de fascines pour combler labîme qui sépai*e le passé de Ta^euir; les souverainetés lé^ritiiqes rentrent triomphantes par le chemin qu'Us ont frayé, mais elles rentrent transformées . I^ daw^ nés ont travaillé pour les saints, et un jour tar^ dif arrive enfin où Ion se hasarde à soupçonner que ces réprouvés, si longtemps dédaignés ou maudits, étaient peut-être des martyrs.

Telles ne sont pas sans doute mes prétentions ; mais si j ose tout, c'est que je reconnais une inébranlable autorité, et que je ne crains pas qu'elle s (^re, même en me blâmant. L'autorité absolue, en effet, est nécessaire pour arrête** es divagations de Terreur. Une autorité. ces( une raison collective; les rêves ne sont rien devant elle, et une raison particulière ne peut avoir de plus haute prétention que celle de se faire adopter.

Nous avions pensé à faire suivre nos hardies révélations sur le dogme occulte des anciens, d'ane large et complète apologie de la catholi«-

cité dans le sens du comte Joseph de Maistre; mais ce travail n est pas fait pour nous, et nous ne nous croyons ni assez digne, ni assez autorisé, pour l'entreprendre. Il nous suffira d'en donner le plan et les principales pensées. D'autres un jour le feront, nous n'en doutons pas. A chacun son œuvre : la nôtre est celle d'un pionnier et non d'un b&tisseur. Voici donc nos quelques pierres et nos ébauches d'architecture.

DE LA YgRITe CATHOLIQUE

CONTRE LES SCEPTIQUES, LES SPIRITES ET LES HÉRAnOUBS MODERNES.

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