‹ Philosophie occulte (volume 2)Chapitre 51 sur 62 · DU U6MÀ0E DE SAINTS ANNE · texte numérisé non relu

DU U6MÀ0E DE SAINTS ANNE

En ce temps-là, il y avait un jeune homme riche et de bonne estime, nommé Stolano, issu du sang royal, noble dès le commencement de son enfance, nourri en la crainte de Dieu, lequel fut donné, par les amis d'Émérantiane à icelle, en légitime mariage, duquel elle eut une fille qui fut appelée Ysmaria. Quand elle eut quinze ans, elle fut mariée à Élinde, qui eut une fille appelée Elisabeth, qui eut pour mari Zacharie, le souve-

rain f rètre dcmt eat descendu Joan-Baptiste, et

en iMitreccMiçut encore Ismaria une fille nominée

Enim, mère du saint évèque Servais. Dans la

suite, quand tmérwiimue eut saixwte et ub ans,

elle pensait pour certaw de Jà en avant, selon le

cours dénature, qu'elle n'aurait pbfs d'e^^^^

néanmoins elle était attendant, suivant la pco-

messe qui lui avait été faite par le saint père

Archos. Quelques jours aprèis, étant dans la

dbambne en oraison, elle fut environnée d'une

grande clarté., el ouït une voix qui lui dit : Émé-

rantiane, je t'annonce aujourd'hui une grande

joie à venir en ce monde, car Dieu tout-puissant

veut montrer sa bonté infinie aux enfants du

genre humain; le temps est proche qu'il a promis

par les prophètes ; car la racine de Jessé fleurira,

et la semence d'Âbrahaoi recevra hénédicticn, le

tr6ne de David aura qui en lui s'asseûîra. Par quoi,

chère amie, écoutez-moî, car l'esprût de Dieu

vivant est en mcn,

DE LA MERVEILUEUSE SàXVnTÈ DE SàDTES INK.

Alors qu'Ésaérantiane eut vu la grande clarté, eUe fut fort épouvantée, elle onît une voix, lui di-

saut ainsi : ^éimutiane, n'aie ni peur niccainte, mais honore ton Créateur de tout ton pouvoir; car par sa giAot tu concevras par-deiaas le cours de nature, de Stolano ton mari, et enfianèeras une fille, de laquelle naîtra une fille qui a été prédestinée avant la création du monde, précieuse par-dessus toutes créatures kumaines; car Dieu veut opérer en elle des choses incompréheasibias^ excédant les entendements angéliqneset humains, par-<le8sus l'œuvre natufeUe.

Lors Émérantiane répondît : iesuisfilte d'Adam, ancienne d'âge, le fruît 4e mariage <léfaiit en moi; c'est pourquoi natureUement je ne puis concevoir ; néanmoins je sais bien et confessequ'à Dieu rien n'est impossible. Faites de moi aekm votre bon ptaisir et selon vos grandes miséricordes; car nos parents ^t moi nous vous avcms grièvement offimsé, et ne méritons rien. Lors elle oQlt derechef la \oix, Ini disant : Fille, d^ meure en paix, car il faut que je fasse savoir la puissance et volonté divine aussi pareillenMmt à Stohtno, ton mari. En ce temps-là, Stolano était allé dehors voir ses bestiaux allant pattre aux champs ; ainsi comme il était en son oraison, subitement fut environné d'une lumière, et oolt une

voix qui lui dit : Stolano, paix soit avec toi, lèvetoi, et t*en va en ta maison, et couche avec ta femme Émérantiane, laquelle le nom sera manifesté par le monde universel.

Quand Stolano ouït cette voix, il en fut fort épouvanté, et s*étonna beaucoup ; car il était en l'âge de soixante-dix ans, et que tous deux étaient inhabiles pour avoir génération selon le cours de la nature. Lors il ouït derechef la voix, disant : Stolano, ne veuille douter, car il n est rien d'impossible à Dieu, et pour signe de ce que je dis, quand tu entreras dans ta chambre, là oii tu dois coucher, regarde vers le chevet du lit, et tu trouveras en écrit quatre lettres d'or que nulle personne n'a écrites. Et ayant dit cela, la clarté s'évanouit de lui. Quand Stolano eut entendu, il se leva de sa cellule, louant Dieu, puis s'en alla vers sa femme Ëmérantiane, et se contèrent l'un à l'autre ce qu'ils avaient vu et oui, allèrent en ladite chambre, et trouvèrent le signe de quatre lettres d'or écrites au chevet du lit, conmie deux A et deux iV, lesquelles jointes ensemble font Anna, laquelle Ëmérantiane concevrait en bref et enfanterait, dont ils louèrent et remercièrent Dieu, attendant la promesse du Créateur

à eux faite. Peu de temps après, Éoiérantiane conçut, de Stolano son mari, un fruit par la grftce spéciale de Dieu, et en grand désir attendait le temps de l'enfantement.

Quand le temps s'approcha, elle alla vers les disciples, priant très*humblement qu'ils vou* lussent faire oraison pour elle envers Dieu, afin qu'il lui plût préserver de l'ennemi le fruit qu'elle portait, et qu'en temps et lieu elle pût enfanter salutairement. En ce temps, il y avait un disciple nommé François, lequel, quand il vit Émérantiane, se mit à genoux, criant à haute voix, et disant : Qui est cette sainte matrone qui est auprès de moi? Émérantiane lui répondit : Très-véné- « rable père, ne me connais-tu pas? Je suis la vieille Émérantiane, ta très-humble servante. Il lui dit : Émérantiane, je vois en toi grand mystère pardessus le cours de la nature. Je te dis, en vérité, que, comme uncieiigeou une lampe rend clarté es ténèbres, ainsi je pénètre au milieu de ton sein une fille resplendissante en clarté, dont je ne puis assez m'émerveUler, car elle excelle l'entendement humain.

Émérantiane lui dit : Révérend Père, les œuvres de Dieu sont incompréhensibles, et ses oûséri-

eorâm sodI mpésétrables, et ce qa'îl vent mon* trer dans fm de t^tips à son peuple. Veuillez prier pour moi ; car la bonté divine se veut mani* fester, laquelle nous est promise depuis long* temps.

Quand le bon père François et ses compagnons entendirent C(da, ils prièrent ajec ferveur pour elle; ils lui dirent : Émérantiane, réjouis-toi , car ta prière sera etaucée; retourne en ta maison, et fais tes apprêts pour enfanter.

tut QUSL TEMPS 8AIN1% kSM FtJT RÉK.

Quand le tempâ fut venu <)ii*fimërantiaii6, suivant la promesse de Tange, enfanterait one fille, cela arriva ainsi qu'il avait été prédit ; et il parut sur là poitrine dudit enfant quatre lettres d'or, faisant le nom d'Anne. Ce nom était resplendissant fioiUme pierres précieuses.

Quand ce beau miracle de ce nom fut vn par les femmes qui avaient assisté à renftudtenie&l, le bruit de cette merveille se ré)^dtt de toutes part»,

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aveugle; et se fit conduire par son serviteur Jérusalem, lieu de sa demeure.

OOMlfE SAUms ÂSHE FUT L BSPAGX BE GIHO AUB SEEVAim ▲U TEMPLE DE JÉEU8ALEM AVEC LES AtTEES FILLES.

Après qu'Émérantiane et Amie sa fille vinrenl demeurer en Bethléem, vinrent neuf prêtres au temple de Jérusalem qui reçurent sainte Anne de sa mère en grands honneurs, qui n'avait que trois ans, la menèrent en grande révérence dans le temple de Jérusalem, pour y servir les autres dévotes qui y demeuraient, entre lesquelles Anne profitait et croissait en Tamour de Dieu et en toutes sortes de vertus; jour et nuit dévote en toutes ses prières, elle était aussi diligente aux œuvres manuelles qui lui étaient ordonnées, car les jeunes filles servant au temple, devaient laver, coudre et nettoyer les ornements du temple.

Lorsqu'elle se trouvait seule, elle se jetait à genoux pour prier Dieu en grande dévotion, ce qu'un des prêtres du temple s apercevant, s'étonna de la grande dévotion de cette jeune fille. Afin d'en être encore mieux informé, il se cacha secrètement en la chambre où il avait accoutumé

de faire cette dévotion , afin qu'il pût voir et oiilr la manière de ses prières. Et quand se vint h, minuit , Anne se leva de son lit à la manière accoutumée, priant à mains jointes, les genoux en terre, les yeux fixés vers le ciel, et disant :

O Dieu d'Israël I ma conscience me donne témoignage que nous vous avons grandement offensé, à cette cause vous vous êtes éloigné de nous; certes, Seigneur, combien de temps se passera-t-il encore jusqu'à la délivrance de notre dur esclavage? Nous sonunes dans cette attente, suivant les promesses que vous en avez faites à notre père Abraham, de nous donner un libérateur. Seigneur, ne vous ressouvenez point de nos fautes passées ; mais souffrez que votre miséricorde nous vienne consoler.

Souvenez-vous de nos pères Abraham, Isaac et Jacob, et de la miséricorde que vous leur avez promise.

Je vous prie, Seigneur, de vouloir exaucer la prière de mon tendre cœur, et ne rejetez point mon oraison, car vous êtes mon Père qui m'avez créée; c'est pourquoi mes lèvres vous loueront en ma jeunesse, et quand j'aurai plus d'âge, je

feus donnerai de plus grandes louanges, ea vous confessant , et aurai mémoire de votre suséricorde, et la prêcherai à ceux qui en vous ne croient.

Quand Anne eut ainsi prié, elle se prosterna sur la terre, et prit un peu de repos.

Le prêtre, qui s'était caché pour voir et entendre les ferventes prières de cette jeune fille, fut ravi d'étonnement à la vue d'une si grande dévotion ; il disait en lui-même :

Si tous les sages de Jérusalem voyaient la piété de cette pucelle, ils n'en seraient pas moins étonnés que moi. Et parce que le jour approchait, ledit prêtre n'osa demeurer plus longtemps, de peur d'être aperçu, mais secrètement se retira. L'eippressement qu'il avait de savoir qui était cette sainte fille, fît qu'il y alla tant de fois qu'il vit Anne en face, joignant les mains, dit :

0 Dieu tout-puissant! je ne pouvais vivre en repos jusqu'à ce que j'eusse connu cette sainte pucelle, et je crois que c'est cette fille dont il est dit qu'une pucelle parviendra à un émînent d^i*é de sainteté.

Anne continua ses exercices de dévotion, et st rendit de plus en plus agréable à Dieu.

GOMHB ÉMÉRAHTUIIB tfOOttlT ST FOT XIHI BN «AfQLTUM FBÂS m STOLANO SON MARI.

Quand Émérantiane, mère de Huiiito Aiints mi septanle-huit ans, elle dit à sa iillu Aniio : Hogardez, mes jours sont passés, il est tempM qiio jn me repose avec mes père et mère et d'Atri) on sépulture auprès de Stolano, votns |>èro. 0 iim trèsH^hère fille! ayez mémoire de la mtiUivivnvdu que Dieu nous a montrée et fait encore ulUmAm patiemment le temps de grâee que Diiru non*» u promis. Gardez les commaxukmimtA di5 flii5U, ayit/ compassion d^ pauvre», a^uf^iUfi Ut% iUmiUm^ demandCT cmiseil aox gens pi^^ux ^ hashuU, Dmv la sainte Écriture, reod^ ^tiiâ'ji% ^j lUi^U'.ur iU*. Ums les biem qu J fMj% a f^iU. ^ ;« t/^j« ((^^o*

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auprès de son mari, comme elle avait demandé. Anne pleura sa mère autant de joui-s qu'elle avait d'années.

COMME SAIIS'TE AiN.NE, A L AGE DE DIX-HUIT AWS, PRIT MARI.

Alors qu'Anne eut dix-huit ans, par le conseil de ses amis, elle prit mari, un homme craignant Dieu, noble de sang, comme de la lignée du roi David, appelé Joachim, lequel vivait saintement en la crainte de Dieu, et gardait ses commandements, et était miséricordieux envers les pauvres; car on dit de lui que quand il eut quinze ans, il partagea son bien en trois pails, en donna une partie aux pauvres, l'autre au temple, et la troisième part fut pour subvenir aux besoins de sa maison.

Quand il eut vingt-un ans, il épousa Anne et la prit pour femme, laquelle était fort charitable, faisant du bien aux pauvres, et même aux malades et affligés; elle habitait en Nazareth, petite ville de Galilée, en laquelle l'ange Gabriel annonça à Marie sa fille qu'elle concevrait et enfanterait le tUs de Dieu ; ainsi donc Anne menait une vie très-

sainte. Il lui arriva une fois quelle lisait comme Tobie instruisait son fils, en cas que Dieu lui envoyât largement des biens temporels, qu'il en donnât librement aux pauvres, lesquelles paroles Tépouvantaient en soi-même, pensant en son cceur : 0 Dieu ! combien j'ai de biens et pourvue de toutes choses nécessaires ! hélas ! j'ai été ingrate et n'ai pas accompli mon pouvoir comme cet écrit lordonne. Pendant qu'elle était ainsi pensive, il y survint Joachim, son mari, et la voyant triste, lui dit : 0 ma très-chère aimée! pour quelle cause êtes-vous triste? Elle répondit : Parce qu'il y a longtemps que nous n'avons satisfait aux ordonnances de la sainte Écriture, et lui fît lire ce qu'elle avait lu de Tobie. Quand il eut lu, il lui dit : Que te semble-t-il que nous devons faire? Elle lui répondit : Il me semble que puisque Dieu nous a pourvus de biens, que nous les partagions en trois parts, que les deux premières parties soient distribuées à l'honneur de Dieu, et la troisième pari nous la garderons pour nos besoins. Il lui répondit qu'ainsi ferait, car il désirait faire le semblable, avant qu'ils fussent conjoints ensemble. Quand Anne ouït cela, elle fut réjouie, et se fit préparer un mulet, s'assit dessus, et s'en alla avec

ses serviteurs aux champs et es lieux oii élaieiil les bestiaux paissants, pour les ramènera la maison. Le nombre était de deux mille àena cents. Et quand ils les eurent ramenés, ils les partagèrent tous en trois parts égales; l'une des parts fut donnée au temple, l'autre aux pauYres, et la troisième ils la conservèrent pour se nourrir, et dont elle aidait encore les pauvres yeuyes et orphelins, là où elle savait les trouver, et le faisait par le consentement de son mari Joachim, car il était semblablement miséricordieux envers les pauvres, et en ce point ils vivaient en la crainte de Dieu, en paix et amour ensemble, gardant les commandements de Dieu soigneusement.

Hélas! combien s'en faut-il aujourd'hui que les personnes conjointes en mariage se conduisent en cette sorte ! Dieu y veuille pourvoir. Ainsi soit-il.

gomme anne fut avec joagillm £n l'état pe habiâgi vingt ans sans avoir fr9it, et gomme il fut ashloghé audit joaghm du souverain prêtre, allant a l'offrande.

Quand Joachim eut été avec Anne en mariage l'espace de vingt ans, vivant sdon Dieu,

ils n eurent aucun fruit, ce qui était grand opprobre devant les gens, car, en ce tempslà, on se moquait de ceux qui étaient infructueux et qui n'augmentaient point le peuple, et, pour cette cause, furent méprisés de plusieurs.

C'est pourquoi ils firent leur oraison à Dieu avec ferveur qu'il lui plût regarder ce reproche, et leur ^ivoyer du fruit, lequel lui offriraient pcNir le servir au temple de Jérusalem.

Un jour que Joachim en une grande fête vint avec les autres de son lignage en Jérusalem pour faire offrande selon la loi, comme il approcha de l'autel, il mit l'offrande dessus.

Le prêtre le prit de mauvaise part, jetant l'offrande hors de l'autel en présence de tout le peuple, lui repr«icha son infructuosité, disant :

Qu'il n'était pas décent de recevoir son offrande avec ceux qui étaient fructueux, à cause qu'en son état de mariage il ne multipliait pas la lignée du peuple d'Israël.

A ces paroles, Joachim fut triste et ennuyé, iadinant la tôte, n'osait de honte regarder persomieanfaoB.

GOMME JOAGHIM S'EN ALLA VOIR SES BERGERS ET PAâTOC- REAUX GARDANT SON BÉTAIL^ ET GOMME l'aNGE LE CON- FORTA.

Gomme Joachim en la présence de ses amis et de tout le commun peuple avait en cet état été rejeté, car c'était sa coulpe, et de chagrin il n'osait retourner en Nazareth, craignant que ses voisins ne lui reprochassent ce qui lui était arrivé au temple, il s'en alla vers ses pastoureaux, et délibéra de demeurer avec eux sans se trouver à Nazareth, comme il fit, attendant que Dieu le consolât et lui donnât à entendre ce qu'il avait à faire.

Et quand il eut été là quelque temps, il arriva une fois qu'étant seul, l'ange de Dieu, avec une grande clarté, le vint visiter, en le consolant et l'exhortant qu'il ne fût épouvanté, et lui dit : Je suis l'ange de Dieu, par lui envoyé pour fannoncer que ton oraison est exaucée de Dieu, et que tes aumônes sont montées jusqu'au ciel ; il a vu la honte et le reproche de ton infructuosité; car Dieu est le vengeur des péchés, et non point de la nature. Kt quand il rend une femme infé-

condi), il fait cela afin que plus miraculeusement il lai rende la fécondité quand il lui plaira, comme il fut fait de Sara, femme d'Abraham, laquelle en sa vieillesse enfanta Isaac. Semblablement Rachel fut inféconde, et en vieillesse enfanta Joseph, qui devint grand Seigneur en Egypte. Puis Samson et Samuel, qui eurent tous deux des mères qui furent longtemps stériles; ainsi il faut croire que les nativités différées sont d'autant plus merveilleuses qu'elles ont été différées. Sache que ta femme concevra une fille que tu nommeras Marie. Cette fille consacrée à Dieu, et au ventre maternel sera remplie du Saint-Esprit ; c'est pourquoi elle ne demeurera entre le peuple commun; mais au temple, afin que nul n'ait suspicion d'elle, et ainsi qu'elle sera née d'une femme infertile; ainsi d'elle naîtra le Fils de Dieu, qui s'appellera Jésus ^ et par lui recevra toutes créatures à sauvement. Pour signe de vérité, ta femme Anne te rencontrera en Jérusalem à la porte dorée, car elle a dessein que tu t'en retournes.

Quand l'ange eut ainsi parlé à Joachim, il se réjouit; et comme Anne, sa femme, était ennuyée, attendant sa venue, ledit ange s'apparut à elle.

et la consola, lui dit ce qu'il avait annoncé à Joachim, et qu'elle allât w Jérusalem à la porte dorée, où elle le rencontrerait, ce qu'elle fit.

Et quand ils se rencontrèrent, ils fur^it remplis de joie de la promesse de l'ange, touchant la fille qu'ils devaient avoir. Quand ils eurent été au temple servir Dieu dévotement, ils retournèrent ensemble à Nazareth, où ils attendaient en grande liesse la promesse divine. Aussitôt après Anne conçut, et neuf mois après enfanta une fille, laquelle fut appelée Marie^ conune l'ange avait ordonné. Or, quelle joie fut au ciel et sur la terre de cette nativité! Qui pourrait expliquer le bonheur que reçurent les humains!

DE Ul nativité de MARIE.

Le jour qu'Anne devait enfanter le bienheureux enfant que l'ange avait annoncé à Joachim. son mari, celui-ci s'en alla quérir une partie des sage^femmes, pour assister Anne à son enfantement, pareillement s'en alla en la montagne quérir Elisabeth, la femme de Zacharie, et Ysmaria, sœur d'Anne, ayant quatre-vingt-un ans. Quand elles furent venues en la chambre d'Anne,

il leur sonblait qu'elles sentaient une grande Joie au cœur, et plus elles approchaient Anne de près, plus elles sentaient de joie et d'odeur. Quand vint l'heure qu'Anne devait enfanter, elle fut subitement environnée d'une grande clarté, et enfanta une belle fille, luisante connue le soleil, et incontinent vint une multitude d'esprits célestes, chantant mélodieusement : Voyez ici la reine des cieux et mère à venir du Fils de Dieu. Quand les sages-femmes furent assemblées en la chambre d'Anne, et y eurent été six jours, virent choses merveilleuses, et rendirent louange à Dieu.

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