OOMMB MA&IE TISITA SA COUSINE ELISABETH
Peu après que Marie eut été saluée de Fange Gabriel, et qu'elle se fut soumise à la volonté du Sdgneur, elle s'en alla, comme écrit saint Luc, airec empressement traverser les montagnes pour se rendre en la maison de Zacharie, pour saluer sa cousine. Elisabeth entendant cette salutation de Marie, l'enfant qui était en son sein tressaillit de joie, Elisabeth fut remplie du Saint-Esprit et s'écria à haute voix, disant : Bénie tu es entre les femmes, et béni est le fruit de ton ventre^ d'où me vient ce bonheur, que la mère de mon Sauveur vient à moi? A ton entrevue, l'enfant qui est dans mon sein a tressailli de joie; tu es bien heureuse, car les choses prédites sont accomplies. Lors Marie composa ce beau cantique, Magnificat. Marie demeura là près de trois mois, puis s'en retourna en sa maison.
JOSEPH, VOYAirr MAKIS, SON ÉPOUSE, ENGEUTTE, LA VOULAIT SEGRÈTEMENT ABANDONNEE, ET GOMME L^ANOE L'BN D^ TOUBNA.
Lorsque Marie fut donnée à Joseph en mariage, et qu*elle fut de retour de la maison d'Elisabeth,
comme écrit saint Matthieu , Joseph, apercevant qu'elle était enceinte, ne la voulut point diffamer, mm résolut 4e la laisser ; et comme il a?ait cette tolofité , l'ange «'apparut à iei en songe, disttit : Joseph^ fils de DatiiJL, ne veuille craiiidre de recevoir Marie^ td& épousiez car ce qui est en elle mtt II* Suint-Esprit^ eSe enfafitem un fih qu «b fiomnèft Jé^iS^ ^ mt9L eelid qui sauvera son peuple. À C0B paroles^ Joseph fut consolé de l'ange, et reçut soa âpouse Matie en sa maisoii^ iâ gardant soigcMMement.
^UTUBS, t^Vïïàt J6s£PH.
il faut aavoir^ pour pliisieors raiscms, que Notre-âeigaeur voulait que sa mère épousât un ami. Prem^rement, coimne écrit saint Ambronn^ pour éviter toute mauvaise suspicion en la voyast enceinte, si elle n'eût eu mari, Dieu voulant que
pou l' empêcher la calomnit* ; car l'ctu cmyîiiL Marie enceinte de sou mari Joseph ; aulœmeûj, sans ce mariâ^, les mauvais esprits eussent jtifté Marif être aduUire, et tout cela a élé affranchi par If
iïloyëti du mariage, Ça été aa^i^i afiù qné JOséph fût époux secourable à Marié éf ft FËûfatit Jésoé, comme nous le soyons dans la fuite en Egypte, et pûf son refouf ajnts ta perséctitton dUéfôde, ainsi qu'écrivent saint Jérôme 6t saint Âmbroise, afin que ce mystère ne fût connu aux mauvais esprits, afin qu'ils ne sussent au trai qu'il fût le Fils de Dieu.
QO^qO LB FILS DE DlSn.
Ouând Aïine eiitetidît parler de Wârie, «a fille, et aussi de la salutatioïi que l'ange lui àtait faite, et ctoiïinïé elle avait conçu le Fils de Dîêu, élite fût réjouie, donnant bénédiction au Sdgneur de tous ses dons et grâces, disant : 0 Dieu 1 si j^avais autant de langues comûie j'ai des parties en mon corps, je les emploiei^ais toutes ponr louer votre infinie bonté, pont lés grandes merveilles que Vous opérez eu ma fille pour le satut de tout le ittoûde. 0 Vous, ciel et tefre , efl toutes créatures qiii Y sont, et ceoi tp sont cowstrlués aui limbes et ténèbres, réjouissez-vous avec înoi , donnant
louange et bénédiction à Dieu de son immense miséricorde envers nous.
GOimS ANNB, Lk NUTT QUE JÉSUS-CHRIST FUT JXÈ, GHEBCHi MAEIB, SA FnXE.
Ainsi qu'Anne en grand désir attendait l'heure que Marie, sa fille, enfanterait J.-C., elle était en grand soin pour préparer ce qu'il fallait. Elle prépara un riche lit pour Marie et son fils, elle fit aussi un berceau de bois de cèdre, que lui avait donné le Chevalier de Jérusalem, en reconnaissance d'avoir recouvré la vue à sa naissance, comme il est dit ci-devant. Enfin l'heure approchant que Marie devait enfanter, Anne alla en Jérusalem pour chercher tout ce qu'une femme a besoin quand elle est accouchée. Quand Anne fut allée en Jérusalem, il vint un édit de l'empereur Auguste, que tout le monde de son vaste empire fût mis en écrit, comme le récite saint Luc ; ainsi chacun se retira en la cité d'où il était natif, pour se faire mettre en écrit. A cet effet, Joseph se retira en Bethléem; parce qu'Anne n'était pas en sa maison, il n'osait laisser Bfarie, jspn i&pouse, seulq^ à cause qu'elle était au terme
de son enfantement; il la mit sur un âne, parce qu'elle ne pouvait cheminer; il prit aussi un bœuf pour vendre , afin d'avoir leurs nécessités, tandis qu'ils seraient dehors, car ils ne savaient pas quand ils pourraient revenir ; et dnsi vint Joseph avec Marie en Bethléem. Lorsqu'Anne revint de Jérusalem à la maison , elle ne trouva pas liarie, ce qui l'affligea d abord. Ses voisins lui dirent qu'elle était avec Joseph en Bethléem, pour sati^ faire au mandement de César. Anne craignait que le jour de l'enfantement de sa fille ne vint à arriver en chemin, ou avant son retour en Nazareth; c^est pourquoi elle se mit en chemin, et s'en alla vers Bethléem. 11 arriva qu*en chemin faisant, elle se trouva surprise et égarée de son droit chemin ; quand elle s'en fut aperçue, elle s'assit à terre pour se reposer; elle commença à pleurer très-amèrement, craignant qu'il ne fût arrivé quelque inconvénient, et fut en grande tristesse et ennui jusqu'à l'heure de minuit, qu'elle entendit un chant mélodieux, résonnant en l'air, et en outre elle ouil une grande joie : Gloria in excelsis Deo^ gloire soit à Dieu Très-Haut, et en la terre paix aux hommes de bonne volonté. Lors les anges la vinrent consoler, lui assurant que
Marie, sa fille, était d^^^uQ mère du Vih de Dieo tout-puissant* À ces paroles, Anne fut merreilleusement consolée et réjouie, bénissant Dieu de tout son cœur,
coma ANNC s'en AIM ¥N WmJtm pour qwei^CTraB MARIS, SA FIUJB, AVEC ftSTSS.
Aime ajant entendu des anges ce chant mélodieux et ces paroles de paii^ qu'ils annonçaient aux hommes, elle reprit le droit chemin qu'elle avait perdu, et s en alla vers Bethléem. Et étant arrivée, demanda de maison en maison, Marie et Joseph ; mais personne ne pouvait lui en rendre raison ; toutefois quelqu'un lui dit qu'on les avait vus, et qu'ils cherchaient à loger, et qu'ils ne pouvaient trouver logis, mais qu'ils ne savaient ee qu'ils étaient devenus. Anne, entendant cela, fut remplie de tristesse, et s'en retourna vers Nazareth, croyant qu'ils y seraient retournés depuis qu'elle en était partie; y étant arrivée, elle ne les trouva pas ; elle ne savait que faire d'ennui ; elle s'en alla vers Jérusalem pour les chercher, pensant qu'ils pouvaient avoir été dévorés, ou qu'il était arrivé quelque chpse d'extraordinaire.
Et quand Aaoe vint en Jérusalem, elle chercha par la cité Marie et Joseph, et elle n'en ouït nulle nouvelle, et se prit h se déconforter et à gémir, et ne savait que faire ni dire.
GOMME ANNE TROUVA LES TEOIS AOIS^ ET LEUR DEMANDA s'ils R^AYAnSNT POINT VU NI RENCONTRÉ 8A PILLE MARIE
ET XM^ra.
Or, ainsi qu Anne était fort déconfortée, et que si longuement avait cherché sa fille et ne Tavait point trouvée, ne se pouvait contenter, sans encore les chercher jusqu'à ce qu'elle les eût trouvés; c*est pourquoi elle s'en alla derechef en Bethléem, les cherchant à l'autre bout de la cité, où elle les avait déjà cherchés, elle rencontra les trois Rois auxquels elle demanda en pleurant : si en chemin ils n'avaient pas rencontré un homme et une femme, leur déclarant la forme et façon comme ils étaient, dont l'un d'eux considérant qu'Anne paraissait une femme pieuse et vertueuse, de compassion descendit de dessus sa monture, lui demandant la cause de son deuil. Lors Anne voyant qu'un grand personnage par
compassion l'interrogeait, elle lui conta toute la qualité de Marie, dont incontinent il connut que Marie , dont elle parlait , était la mère du Roi nouveau-né, lequel lui et les deux autres, ses compagnons, avaient visité et offert de leurs dons et adoré, et ils étaient réjouis de Tavoir vu et parlé à elle, lui conta comme ils étaient venus d'un pays éloigné pour adorer le Roi nouvellement né, et l'honorer de leurs offrandes; ils lui dirent aussi comme ils s'étaient assemblés tous trois par Tordre de Dieu. Anne, entendant réciter toutes choses, changea sa tristesse en joie, s'émerveillant d'entendre annoncer la naissance de ce grand Roi, et il lui raconta comme tous les trois avaient connaissance de l'astronomie, et comme ils virent une étoile nouvelle, en laquelle virent un enfant nouveau-né, ayant une croix entre les épaules; et eux émerveillés, il leur fut dit qu'ils allassent au pays de Judée, là, trouveraient FEnfaut. Quand nous fûmes arrivés, nous tirâmes après notre guide étoile qui nous conduisit en Jérusalem ; nous demandâmes où était celui qui était né Roi des Juifs, connue le récite saint Matthieu; et outre, ledit Roi la mena au chemin, et lui montra lY'table où était né l'Enfant. Lors
s'entrebaisèrent en grande révérence, et se séparèrent Ton de Tautre, et Anne en grande admiration oublia à demander au Roi son nom.
ANNE TRODTA SA FIUE AVBG JÉSUS ET JOSEPH.
Lorsqu'Anne fut arrivée en Bethléem, elle s en alla en Tétable où Jésus était né, et le vit gisant en la crèche : et sitôt que Marie aperçut sa mère, elle alla au-devant d'elle et la reçut en grande joie, lui disant qu elle fût la bienvenue, aussi fit Joseph, et de grande joie commencèrent à pleurer. Marie et Joseph menèrent Anne à la crèche, où était le doux Jésus entre Tâne et le bœuf. Aussitôt qu'elle le vit, elle se prosterna à ses pieds, et ladora, disant: 0 mon Dieul 6 mon Sauveur! ô Fih de Dieu iout-puissafU l 6 mon Dieu mon créaieur 1 6 Roi des rois l 6 Seigneur des .seigneurs 1 quoi! cette étable est votre paiais? Cette crèche est-^Ue le précieux beixeau que je vous avais apprêté! Après elle leva les jeux vers le ciel, et pleurant tendrement, puis dit à Marie : O ma très^hère fille ! le reconfort de mon ihne, estH:e là le riche lit que je vous avais préparé? En i>utre regarda autour d'elle, et vit cette établo ou*
verte et démolie de tous côtés, elle dît, les lames aux yeux : 0 mon enfmtl le cœwr me fend ëe la grande imies^e ou Je suis de voir €e précieux trésor de tout le monde être exposé dans ce lieu à [iniure du temps et de cette rude saison. Lofs Marie sa fille et Joseph la reconfortaient doucement, disant que c'était la volonté divine, et qœ IKeu Tatait ainN voulu ; lis lui dirent eswore plusiesrs astres raisoBs consolantes, de soirle qa eUe fui eooscdée. Lms elle prit Msus eixtre se& bra», le hgiwf eu gran^ dévotiea ; Jésus l'embrassa de sea petits bras, Vaccola, et lui montra signe d'anoour. EUe demeiitra avec eux, les assistant en ce qB'elle ponvait, attendant le jour de la Purification, suivant la loi de Iftoïae:^ afin qu'après ils se puissent retirer vers elle en Nazareth en sa maison, et pensait choquer TEnfant Jiésus au riche berceaa qu elle lui avait fait iaire, et Marie au beau lit qa'etie lui avait préparé.
GOmOfr KAAIB, Ajnns ET JOSEPH AVEC JÉSUS ALtÈRfilT AU TSMFLS DE JÉAUSAUttL
Et quand le jour de la parification de Marie fut arrivé, savoir, quarante jours après la nativité de
Jésus, Marie, Anne et Joseph furent tous ensemble avec Jésus en Jérusalem; et quand ils furent arrivés, ils allèrent au Temple pour y faire leurs prières et offrandes selon lordonnaiice de la loi; puis ils retournèrent en Nazareth, et sif réjouit fort de ce qu'elle recouvrait Jésus en sa maison honnêtement, et s en alla devant, laissant les autres avec Marie, afin (|u'ils viassent à leur aise.
GOlOa l'aSBE S'APPAROT a lOStPH» É'eXHOUTA il M£KER l'enfant ST sa MÀUS en ÉOYfTS.
Quand Anne fut retournée ea Naaareth en sa maisc», Marie, Joseph et les autres étaient eacore en chemin, Tango vint à JosejAi en songe^ dksaat qu il se le^ât, et prit l'enfant a^iee sa mèra^ eC s'en aU&t en Egypte, et ne sortit de là que quand il lui dirait; car il était certain qu'Hérode eharchait 1 en£ant pour le laettie k miort. Jose^ dé leva vite, et avertit Marie, qui fut triste, d'autant qu'elle ne pouvait avertir Anae^ sa aère^ de leur départ. Joseph mit Marie siur soAi àm avee l'Eii^ fant-Jésus^ et Joseph les conduisait en eiraînte daM ce pénible voy^e.