LE GRAND HOMME ET LA MORT
Vous chez qui les vertus se transforment en grâces Et dont la raison suit les traces, Vous dont le cœur ferait un ange de l’Amour, Vous voulez pour la tombe où va dormir Cavour Quelques rimes et quelques larmes.
À vos ordres si pleins de charmes Je ne sais résister jamais ; Mais puis-je m'affliger de ce qu'il se repose, Quand vos pleurs me font croire à son apothéose, Quand je lui porte envie en voyant vos regrets?
Un grand homme expirait, et tout un peuple en larmes Accusait à genoux l’inclémence du sort, Conjurait l'Éternel de détourner ses armes Et demandait grâce à la Mort.
La Mort alors parut, non sous la forme pâle D'un squelette qui marche et rit cruellement, Mais sous les traits d’un ange au sourire charmant,
LE GRAND HOMME ET LA MORT. #67 Qui tenait d’une main la palme triomphale Et de l’autre brisait des fers. Let.
—Eh quoi! dit-elle au peuple, ingrate multitude, Après lant de soins et d'étude, . :
Tant d’outrages reçus et tant de maux soufferts, Tu ne veux pas que du génie La peine aujourd’hui soit finie?
Tu trouves qu'il n'a pas encore mérité Sa liberté!
D'une masse inerte et glacée Je viens émanciper son âme et sa pensée, Et ses rêves d’hier demain seront des lois ; Son esprit planera sur les conseils des rois. de lui donne du champ pour mesurer la terre, l'élève son idée au-dessus de la guerre.
Sa gloire est un levier qui, vainqueur aujourd’hui, Aura l'éternité pour dernier point d'appui; Et ce qu’on appelait naguère Ses paradoxes personnels, Grâce à la puissance qu'il fo Demain deviendra pour Î Les vrais principes Voyez done s’il estu Et s’il est juste qu’
tes LE GRAND HOMME ET LA MORT.
L'âme n'éteint jamais sa sublime clarté,
Et lorsqu'au changement nature la convie,
Ce n'est jamais la mort, c'est un pas dans la vie, C'est un progrès de plus dans l’immortalite.
FABLE XIII