HERCULE ET EURYSTHÉE
Tout horrible du sang de l’hydre surmontée, Hercule était debout, fatigué, mais vainqueur. Un mirmidon lui dit : — Tu dois bien dans ton cœut Exécrer ton tyran, le fatal Eurysthée.
Depuis que le destin t'a soumis à sa loi, Que n’as-tu pas souffert? Mais Hercule : — Tais-loi, Tais-toi, dit-il au nain, qui d’un souffle d’envie Voulait empoisonner sa vie.
Eurystée a forgé mon courage de fer; En forçant mes travaux, il a forcé ma gloire, Il a grandi ma lutte et créé ma victoire :
Je lui dois plus qu’à Jupiter.
— Mais il te hait toujours. — Que m'importe sa haine, Lui seul en souffrira. — Mais tu traînes sa chaîne. — Oui, pour en étrangler les lions sans pâlir. D'ailleurs, un saint devoir n nt — Mais il veut avilir.
— Ce qui nous rend.
184 RERCULE ET EURYSTHÉE,
Des censeurs trouveront ma fable ridicule, Et penseront avoir raison En s'indignant de voir Hercule Causer avec un mirmidon.
Mais les plus grands sont faits pour donner la scien
Les petits pour interroger, … Et la sublime intelligence Jamais en se baissant ne saurait déroger.
Luna demon À mens nd
FABLE XXIII
adame la honne un matin prétendit Du destin changer l’équilibre :
ut pouvoir, disait-elle au mâle, est interdit ; La femelle doit être libre.
Elle a des ongles et des dents ; Malheur à qui veut la combattre !
Malheur aux mâles imprudents Qui sous eux prétendront l’abattre ! Comme elle se parlait ainsi,
esser lion survient et veut faire le maitre.
La lionne alors : — Dieu merci,
dici le vrai moment de me faire connaître !
Elle saute au cou du mari, Et malgré peau dure et crinière,
> met à l’étrangler de la bonne manier».
e lion, vicux lutteur, au carnage aguerri, Est surpris par la scélérate ;
srand regret alors 11 lance un coup de patte,
La patte d'un lion, füt-elle de velours,
Porte un certain cachet qu'elle imprime toujours.
La lionne s’en va rampante et miaulante
Montrer à ses voisins sa blessure sanglante : — Voyez le lâche, l'assassin !
Une faible femelle ! une amante affligée!
Sans respect, sans pudeur, lui déchirer le sein !
Par vous ou par les dieux je dois être vengée ! Voisins alors de s’assembler :
On juge, on condamne le sire.
Mais la commère aussi se gardait bien de dire Qu'elle avait voulu l’étrangler.
Entre Sganarelle et sa femme, Voisins, ne mettez pas le doigt.
L'abus de la force est infâme, Mais le faible qui crie était-il dans son droit ?
FABLE XXIV