LE FABULISTE ET LES IROQUOIS
Sous les symboles divers de tous les âges, de tous les peuples et de tous les cultes, la même philosophie est cachée.
Le trimourti de l'Inde, le triangle d'Hermès qui porte les noms d’Osiris, d'Isis et d’Horus, la triade sacrée de Pythagore symbolisée dans les fables helléniques par le triple Jupiter, par la triple Parthénie et
de la lunrière, et le pain qui est le sacrement de l'universelle charité.
Mais d’âge en âge la science s'oublie, les signes restent comme des lettres qu'on ne sait plus lire, et l'ignorance insulte à un symbolisme matérialisé par une autre ignorance.
Lucien se moque des dieux de Olympe et de leurs ridicules amours, il insulte aû fuseau d’Hercule, comme Voltaire à la mâchoire d’âne de Samson et aux larlines d'Ézéchiel.
Comme si Hercule enivré par Omphale, et Samson vaincu par Dalila n'étaient pas un seul et même symbole. |
Les Juifs accusent les Égyptiens d’adorer les oigaons, les Romains accusent les Juifs d’adorer la tête d’un âne, les chrétiens accusent les Romains d’adorer tout exceplé Dieu. Dupuis accuse les chrétiens d'adorer un dieu de farine. Partout la même ignorance ou la même mauvaise foi, ct l'on retrouve partont ce même ennemi de la vraie religion que saint Jean appelle symboliquement la bête et que nous appellerons philosophiquement la bêtise. .
Faut-il pour cela proscrire le symbolisme ? Faut-il jeter au feu les fables de la Fontaine, parce que des
LE FABUURTE &T LES TROQONS. vs!
enfants stupides croient que rédllement les ban à les ânes ont parlé ?
Les fables ont pour but d'instruire les enthnta et non de propager le culte des ânos ou los ânerier den croyants aveugles.
Faut-il brüler les livres d'algèbro pareo qu'il y « utie multitude de personnes qui n'y comprennent re”
Le symbolisme est une science comine l'algébre et analogue même à l'algèbre, car, mous den xigtien convenus, il représente d’une manière abstraite den idées exactes comme les nombres et représentées même souvent par les nombres.
Le kabbaliste polonais Wronski, représentant par Fx le connu et inconnu, pose ainsi en caractères algébriques le problèine nniversel dé la philosophie occulte.
Fi= 14,0 + À, Q, + A + A,
Ce qui signifie : l'être et proportionnel à l'être, on l'infini égale toutes les quantités possibles, on enrore, les propriétés ahsolues le l’étre sont propartionnélles au besoin absolu de tous les êtres, d'oû on pont dé. duire cet axiome : la néresaité le j'otre ntini :1pp0<r le progres indetini des etres,
SYMBOLE II
LES TUURTEREAUX ET LA CURNEILLE.
Les mathématiques éternelles règlent la vie, mais seules elles ne sont pas la vie ; elles ont pour contrepoids équilibrant l'amour éternel, le père de ka poésie.
Beau comme un dieu, fatal comme le sort,
Ce doux tvran, ce bonheur qui tourmente,
L'amour est né complice de la mort ;
L'amour joveux c'est la mort triomphante.
Mais quand la mort triomphe par l'amour,
L'être éternel s'échappe de la tombe;
Et sur les flots qu'il apaise à son tour,
De l'univers quand vient le dernier jour, L'amour fait planer sa colombe.
L'enfer a dit : Je n'aime pas l'amour ; L'injuste amour est une préférence.
Contre le ciel j'éléverai la tour
Où veut régner ma fière indifférence.
— Opposez donc des remparts à ce Dieu
LES TOURTEREAUX ET LA CORNEILLE. 333 Qui du néant combla le précipice!
D'un vol rapide il pénètre en tout lieu; Il est plus prompt, plus puissant que le feu, Plus absolu que la justice!
L'amour superbe est le grand Lucifer Tombé du cicl pour féconder les mondes.
Rien n'assouplit sa volonté de fer, 11 se fait jour aux nuits les plus profondes. C'est le désir inexorable ct fort, C'est de Sestos la lumière qui veille.
D'un sombre écueil son flambeau fait un port, C'est un Samson qui jamais ne s'endort ;
Il est vaincu dès qu'il sommeille.
C'est le brigand, le contempteur des lois;
C'est l'éternel révolutionnaire,
Il jette au monde et renverse les rois,
Dans le chaos il repétrit l terre,
Avec sa sœur, l'ardente liberté,
De la victoire il défend la couron
Il est heureux, vainqueur et
Mais il s'enfuit dès qu'il est H dédaigne ce qu'on Ini
ss4 - EXPLICATION DES SYMROLES.
C'est le démon, mais c’est la volupté :
C’est le péché, mais c'est la force vive; Il fait le mal, mais il fait la beauté :
On le repousse et toujours il arrive !
C'est le torrent conquérant de son cours, C'est le rival et le but du tonnerre :
Malgré les lois, la haine et les discours, Dans la nature il produira toujours
La mort, la naissance et la guerre.
Mais un rayon de la divinité ‘ Comme un filet le surprend et l’enchaîne.
Il est épris de la maternité, Cette splendeur de bonté surhumaine.
C'était la force, il devient le pouvoir, Sur un berceau quand sa fierté s’incline, Il se transforme en immortel espoir, .
Et lorsqu'il peut épouser le devoir,
Il se change en vertu divine.
PYGMALION. 338
SYMBOLE Ill
PYGMALION
L'amour est une toule-puissance lorsqu'il s’agit de réaliser le possible, c’est unc fatalité et un vertige mortel lorsqu'il s’obstine à la réalisation de l’absurde.
Ce que vous voulez avec amour vous le pouvez si la nature le peut, c’est-à-dire si votre volonté n’est pas en désaccord avec l’éternelle raison.
Les transformations de Ja magie et de la chimie hermétique ne sont que le développement artificiel des germes naturels. On ne fait pas de l'or, on aide la nature à en faire.
Le problème résolu par la magie d'Hermès est celui-ci :
« Accumuler et fixer dans un corps artificiel le calorique latent, de manière à changer la polarisation moléculaire de corps naturels par leur amalgame avec le corps artificiel. »
Celui de la magie prodigieuse peut se formuler ainsi : « Déprimer ou exalter le principe des formes de manière à en changer les apparences. »
On voit par cette définition que les prodiges de
la magie fascinatrice ne sont en effet que des prestiges. |
On peut s'exalter au point de prendre une statue pour une femme. Mais on ne fera jamais en réalité qu’une statue soit une femme, ni qu’une femme soit une statue.
On peut monter la tête d’une fille de marbre et la faire agir comme si elle aimait ; on ne lui donnera jamais un cœur.
Jouir des illusions sans en être dupe, là est le grand arcane de la magie.
Celui qui crée l'illusion sans la subir commande au vertige ct à l'enfer; celui qui la subit cst entrainé par le vertige.
L'un cstle magicien quienchaine le diable, l’autre est le sorcier à qui le diable finit toujours par tourner la tête et tordre le cou.
SYMBOLE IN
L'ENFANT ET LE CRAPAUD
La plus funeste de toutes les passions c'est k haine.
L'ENFANT ET LE CRAPAUD. 337
Par la loi du mouvement équilibré, tout ce que vous repoussez avec violence reviendra sur vous avec violence et vous renversera.
Posons en principe absolu que toute haine est injuste.
Même la haine de la laideur, même la haine du mal, car le mal et la laideur sont toujours relatifs, ils ne sont jamais absolus.
Le mal et la lideur peuvent et doivent inspirer de l'aversion. L’aversion n'est pas de la haine.
Par l’aversion on se préserve du mal; par la haine onentre en conflit avec lui : or le conflit est une lutte, la lutte est un embrassement.
Celui que vous poussez vous poussera, celui que vous frappez vous frappera, celut que vous haïssez vous occupe et Vuus Saisira.
Si par haine aveugle vous tuez un crapaud, l’äine astrale du crapaud entrera en ennemie dans votre lumière astrale.
Tuer une mouche par cruauté c’est un meurtre dont notre âme doit porter la peine.
Nous devons une mouche à linéxorable nature.
Pouvons-nous la lui rendre ?
SAVONS- HOU= seulement quels j'essopls Jpois Vois
brisés, quel monde de merveilles nous avons anëéanti. et quels raväges cet acte de stupide barbarie a faits dans notre intelligence et dans notre sensibilité ?
Quand nous blessons la nattire; nous nous bleësons nous-mêmes. Elle nous donne le droit de nous défendre contre les parasites qui nous attaquent, mais rien au delà.
Tuer un être inoffensif parce qu'il est laid, c'est une lâcheté.
Qu'est-ce donc si cet être inoffensif est en même temps un êtreutile ? À
Plût au ciel que l’homme püût accomplir à la lettre le commandement de Dieu, si absolu dans sa fôtme : Tu ne lueras point!
Je ne passe jamais devant une boucherie sans due mon cœur se soulève. Ces quartiers de cadavres sur
des nappes tachées de sang, cette odeur de meurtre, ces hommes aux bras rouges et armiés de couteatix sont d’abominables sauvageries. Espérons que boucherie se cachera lorsqu'on subprimerà l'échafaud.