‹ Philosophie proverbialeChapitre 28 sur 81 · DE L EDUCATION · texte numérisé non relu

DE L EDUCATION

Des historiettes touchantes attendrisent le cœur; mais de sombres

légendes font du sommeil un supplice ; Les contes de fées peuplent l'esprit de chimères, et la connaissance du

mal sert d'appât au mal :

N'hésite point à réprimer l'imagination, et ne crains point que de dures

vérités la mortifient ; Quant au mal, il ne l'apprendra que trop tôt ; ne sois point le messager

du démon.

N'alimente point la précocité de l'esprit, si tu ne veux nourrir la vanité ; Forcé sur une couche, le légume ne résiste point au souffle glacé de l'hiver. Les idées enrichissent l'ame, mais une multitude de mots est un poids

accablant :

Ainsi, lorsque tu enseignes, sois intelligible, et adapte tes leçons à la

capacité de ton élève.

L'analogie est le lait des enfants, mais les vérités abstraites sont une

nourriture substantielle.

L'enfant repousse les préceptes et les règles, mais une explication heureuse frappe :

Tu auras beau prôner l'industrie et la prudence, jusqu'à ce que l'abeille

et la fourmi lui en offrent le modèle ; Il n'aura de son ame qu'une notion confuse, jusqu'à ce que le gland et la

chi'ysalide l'aient instruit ; Il craindra Dieu dans le tonnerre, et il adorera ses attraits dans les fleurs ; Les paraboles charmeront son cœur, les doctrines, au contraire, seront

pour lui un mystère sans vie ; Il apprendra du laboureur qui sème de bon grain ce que c'est que la foi ; Et si tu le dresses à se confier en toi, il ne refusera point sa confiance à

l'Éternel.

Crains-tu les ténèbres, pauvre enfant ? Je ne permettrai point qu'on te

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