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livre à tes terreurs

L'obscurité est l'image du mal, et la nature en a horreur : Sache, néanmoins, que le Dieu de ton père est avec toi, et qu'il te protège : Ce n'est qu'une leçon de dépendance ; que ton ame agitée se repose en lui. Un bruit soudain t'a-t-il alarmé ? voilà, c'est ceci, c'est cela, qui en est

la cause :

Des choses non comprises inspirent la terreur, et ébranlent des nerfs plus

fermes.

La misère et la démence ont été semées durant les nuits de l'enfance ; C'est pourquoi, que jamais de lugubres frayeurs ne troublent les nuits

de ton enfant.

DELEDUOATION. 137

îJoîla, tu es un point de marque sur la montagne ; tes enfants t'imitent

en toutes choses :

Que ta religion, par conséquent, soit parfaite : ainsi tu seras honoré dans

ta maison.

Sois instruit dans toute la sagesse, et communique ce que tu sais, Autrement, ton savoir est caché, et tu passes pour un ignorant. Le paresseux n'est point respecté ; l'homme voluptueux ne commande

point la vénération ; La bassesse est toujours méprisable, et la folie provoque le mépris. Les parents qu'on honore le plus sont ceux qui le méritent le mieux ; Montre-moi un enfant revêche, je saurai oîi un père insensé se trouve : Jamais père fidèle à son devoir ne s'est vu méprisé par son fils. Mais est-il possible que le fils respecte celui dont il n'ose suivre l'exemple ? T'imitera-t-il quand tu fais le mal ? son mépris est ta censure : C'est pourquoi, élève-le sagement ; qu'il obéisse à Dieu et à toi ; Commence de bonne heure, afin qu'il te craigne ; et avec circonspection,

afin de ne point perdre son amour :

En ceci use de discrétion, et ne traite point tous tes enfants de la même

manière.

Toutefois, peut-être est-ce toi qui est blâmable, si la douceur ne suffit

pas à tout :

Par la douceur le loup et le zèbre deviennent aussi dociles que l'épagneul

et le cheval ; Le milan vit avec le sansonnet, sous la loi de la douceur : Cette loi dompte les plus féroces, elle abat les créneaux de l'orgueil, Elle chérit le faible, réprime le fort, et gagne l'esprit timide. Lorsque tu commandes, qu'on t'obéisse ; mais ne commande pas souvent : Que ton maintien soit la douceur de l'amour, et non le front sévère de la

tyrannie.

Que les enfants ne servent point d'exemples l'un à l'autre ; mais réprimande le coupable en particulier :

Car la présomption et l'orgueil blessé enveniment l'ame. Une douce réprimande quand l'esprit est tranquille, vaut mieux que la

verge dans un accès de rage ; Ne l'épargne point, toutefois, si ta parole est donnée pour le châtiment ; Que ton fils ne soit pas témoin de ton humiliation, qu'il n'apprenne pas à

croire que tu es faux ; Ne permets pas qu'on te reproche devant lui, et ne t'avilis pas toi-même

en changeant de résolution ; 12*

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