‹ Philosophie proverbialeChapitre 43 sur 81 · DE L I M M 0 R T A L 1 T E · texte numérisé non relu

DE L I M M 0 R T A L 1 T E

Il a retiré des eaux de TOubli la race submergée,

Les élevant à lui-même, le Rocher sans base des Siècles.

Personne ne peut se soustraire au péché d'Adam, ou à la récompense du

second Adam ; A toi sont le péché et la mort ; à toi l'existence sans fin : Que ta volonté se fasse ; nous n'en sommes pas moins raçonnés du ne'aut, Les mondes du bonheur et de la misère sont peuplés d'êtres immortels : Et ta ruine est ton reproche, car, il t'est permis, ô le plus méchant des

hommes.

D'accepter la grâce céleste de l'amour, comme le don de la vie : Le remède, toutefois, n'est pas à ta louange, ô le meilleur des hommes,

puisque tu es lié Par toi-même, par le péché, par l'indolence ténébreuse, jusqu'à ce que

Dieu brise la chaîne :

Personne, sans avoir lutté, ne peut dire, " La chaîne est brisée ;" Aujourd'hui, évertue-toi, — un effort prouvera que tu es libre! Voici la foi et la prière, voici la Grâce et l'Expiation, Voici la créature cherchant son Dieu, le prodigue retournant chez son Père. Voilà, cependant, ses enfants doués de raison, soumis à une juste épreuve, Qui ont des oreilles, et qui négligent d'entendre, qui ont des yeux, et qui

refusent de voir ; Ils ne veulent point obtenir le bonheur avec la vie, le bonheur qui enrichit

l'immortalité ; Et ils cherchent leurs plaisirs hors de Dieu, le ciel dans la vie seule ; Ainsi ils s'emparent de ce trésor funeste, l'existence sans amour. Et dans leur sombre exil font d'eux-mêmes un enfer inévitable.

Sïfnsf, pécheur, crains que ce bienfait immense, l'immortalité,

Souillé par tes crimes, ne devienne malédiction, — il vaudrait mieux n'être

pas né ; Ainsi, homme pieux, espère, puisque l'immortalité est un don gratuit ; Reçois et vis, et vis pour aimer ; ne crains point, tu es racheté ! La vie heureuse, ce comble de l'espérance, la connaissance de tout bien. Tel est le privilège de l'obéissance, de l'obéissance fille de la foi : La vie misérable, cet abyme du désespoir, la connaissance de tout mal, Tel est le fléau de l'impénitence, de l'impénitence, fille de l'incrédulité. Dieu, par une nécessité admirable, est Amour dans tout ce qu'il fait, Amour, feu brillant, qui réjouit ou qui consume :

Les méchants opèrent leur ruine en contemplant, en haïssant cet amour : Les justes trouvent la joie en soupirant sans cesse après ses attraits.

248 DEL'I M MORTALITE.

Comment imaginer l'immortalité, comment représenter sa perspective infinie ?

La voix nous manque pour exprimer cette vaste idée !

Examinez, toutefois, les forêts primitives qui hérissent l'immense Australie,

Et comptez les feuilles de l'automne, multipliant milliers par milliers ;

Levez ensuite vos yeux d'une île de la Mer Noire, où tout dort, vers un ciel sans lune,

Et ajoutez à ces feuilles cette armée d'étoiles innombrables, étincelant dans l'obscurité ;

De là traversez l'Arabie, quelque continent de tourbillons de sable.

Ramassez chaque grain, sans en omettre un seul, ajoutez-les aux feuilles, et aux étoiles ;

Après cela, contemplez la mer, les mille lieues de la mer atlantique,

Prenez goutte après goutte, et ajoutez leur somme aux grains, aux feuilles, aux étoiles ;

Les gouttes de l'océan, les sables du désert, les feuilles, les étoiles innombrables,

(Quand même, dans cette multitude de multitudes, chaque méprisable unité serait un âge,)

Chacune pourrait être regardée, comme un instant, un éclair momentané,

Si on la comparait à l'éclat de cette flamme intolérable, l'éternité sans limites !

Ô k plus sublime des dons du Créateur, — Ô largesse digne de Dieu, —

Comment saisir cette pensée ravissante, la vie et la joie pour toujours?

Le soleil dans le ciel des cieux est l'Amour immuable,

Et la splendeur de ce soleil est la vie, pour tous ceux qui jouissent de ses rayons :

Comment l'arrêter dans le firmament, ou l'arracher de sa sphère ?

Ou contraindre sa beauté de ne plus sourire, et de s'éteindre pour toujours ?

Non, ce que Dieu a donné, personne ne la ravira,

Ni ne posera des limites à son amour, ni un terme à sa bonté ;

Partout où l'espace est peuplé, infini comme l'empire céleste,

Le fleuve de l'eau de l'existence coule majestueusement pour toujovirs !

33otirquoî, homme harcelé de doutes, soutiendrais-tu qu'il est impossible Que Dieu réveille les morts, et rende ce corps mortel immortel ?

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