DES CHOSES
JLts Ji^ontmcs ont parlé savamment d'atomes, comme si la matière pouvait
jamais être indivisible, Ils parlent, mais ils sont d'inhabiles instructeurs, et ils obscurcissent la
vérité par leurs imaginations :
Jamais notre sens grossier n'a pu concevoir l'atome, Et rien n'est si petit, que la pensée ne puisse le diviser: C'est que l'atome, tombant dans l'infinité, jamais on ne l'atteindra dans
l'espace.
Et la molécule n'est pas plus indivisible que le baudrier de Saturne. Des choses impalpables, multipliées à l'infini, jamais ne deviendront
substance, Et jamais chose palpable ne consista de parties impalpables ; La somme des indivisibles est nécessairement indivisible, puisqu'on y
additionne bien des zéros.
Et la construction de la matière par des atomes n'est qu'un sophisme
puéril ; Lucrèce, le subtil Anaximandre, et plusieurs qui ont suivi leurs traces, (Vu que l'erreur, ombre noire et rampante, obscurcit la lumière des
siècles,) Hommes sans Dieu, s'imaginèrent, dans leur folie, pouvoir former la
Matière De choses impalpables, et, par conséquent, sans cohésion, indivisibles,
et, par conséquent. Esprit.
Ses Choses enfantent les pensées ; voilà pourquoi, à Thèbes et à Héliopolis, Des sculptures hiéroglyphiques récèlent les secrets des prêtres : Les choses enfantent les pensées ; voilà pourquoi l'Athènes de l'idolâtrie Fut embellie d'images taillées, nombreuses comme les arbres d'Académus: Les choses enfantent les pensées ; voilà pourquoi le Bramin et le Burman Ornent leur panthéon grossier de formes mythologiques : Les choses enfantent les pensées ; voilà pourquoi la statue et le tableau, Les reliques, les rosaires, les miracles, entretiennent la dévotion du
Papiste :
Les choses enfantent les pensées ; voilà pourquoi les amants, à l'heure
du départ.
Mêlant le sourire aux larmes, ont échangé les gages de souvenirs chéris : Les choses enfantent les pensées ; voilà pourquoi lorsque le montagnard
combat l'ennemi de sa tribu.
Sa claymore teinte de sang réveille sa vengeance.