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DES CHOSES

Ses C|)0scs sont doublement instructives ; vues par l'œil animal et par

l'esprit, Et l'œil saisit dans un instant, ce que l'oreille n'apprend que dans une

heure.

D'oîi l'utilité des voyages, les avantages précieux qu'on en tire. Pour compenser le mal de la dissipation, la fatigue, les frais, les dangers. Ulysse, errant sur bien des rivages, séjournant dans bien des cités, (^) Apprit à connaître les hommes, et à cultiver son esprit : Hérodote, exact et bon, parla de ce qu'il avait vu. Et moissonna les faits sur le lieu même, dans les champs fertiles de

l'Egypte :

Lycurgue choisit dans tous les climats les fruits dorés de la justice ; Et Platon, se nourrissant de la vérité, partout où il allait, parcourut des

régions lointaines.

Les voyages, ayant pour objet les Réalités, les mettent en contact avec

l'esprit ; Nous respirons l'atmosphère salubre qui entoure la vérité sincère ; Le tableau des faits, tracé dans l'œil, décore le séjour de l'intelligence. Au lieu des visions de la fantaisie, qui remplissent les appartements de

vapeur.

C'est que, lorsqu'il s'agit d'Idées, le génie exagère, l'esprit médiocre

exténue la vérité ; Mais, lorsqu'il s'agit de Choses, l'un se corrige, l'autre s'anime, et ils

deviennent égaux :

Et quant aux Noms, — bien qu'ils dénotent une qualité, non l'accidentel

et l'arbitraire, La pensée n'en sera pas moins vague et fausse, si on n'a pas vu la Chose; Car dans les Choses la qualité et l'accident forment un tout concret. Elles ne sauraient tromper le sens, ni éluder la vigilance de l'esprit. Les voyages sont une source perpétuelle d'éducation sans profondeur, Mais leur instruction est tout-à-fait superficielle, si tu n'ajoutes les

pensées aux choses :

Grâce, toutefois, au vernis de la société, les choses servent au lieu de

Et maint lourdaud qui a vu le monde passe pour un savant ; C'est qu'un seul coup d'œil surpasse toutes les descriptions, Puisque, malgré leur exactitude, celles-ci n'ont pas dit tout, celles-là,

quoique vi-aies, induisent en erreur ; Et l'œil le plus obtus qui a vu, a une idée plus claire de son objet. Que l'esprit le plus subtil qui, ayant entendu, a donné aux Choses qu'il

a recueillies une forme.

Bb la /ni*

2La (Eoufîîiîxcc a remporté la palme ; car elle semblait convaincue de son

mérite :

Et quand le fort assure, le faible consent volontiers. La majesté et la beauté s'assortissent, elles se meuvent avec une décision

immuable, Et charment les cœurs timides qui tremblent, se détournent, et se

cachent.

La foi, la fermeté, la confiance, la stabilité, — ces vertus s'allient très bien; Oui, qu'un homme persévère, quel que soit son objet, il ne manquera

point d'honneur :

C'est un être supérieur aux autres, créatures nées inconstantes ; Ce qu'il fait, il le fait comme un dieu, et son courage éblouit les hommes. jNIême dans le crime, on ne peut nier à l'audace une louange partielle, Et combien de chefs intrépides ont touché leur ennemi !

3La Confiance triomphe des hommes : elle règne sur eux et en eux ;

La volonté de fer d'un cœur intrépide en intimide mille :

Un nain chétif, intrépide et résolu, change le sort de la bataille,

Et excite les géants qui fuyaient à un plus noble conflit ;

Le tendre enfant, s'il ne craint rien, fait honte à l'homme, et le contraint

de faire face au danger.

Et s'il y fait face, le danger meurt, la foi subjugue la crainte. L'audace est alliée au pouvoir : oui, puisque l'ignorance est faiblesse, La science, douée d'une force qui ne recule jamais, donne du nerf à la

main vigoureuse :

L'audace, c'est une puissance alarmante ; la souris fait peur au lion, Et, maintefois, un noble roquet jette l'épouvante dans un troupeau de

bétail.

Le courage est analogue à la foi, car il est, comme elle, animal et moral ; S'il est vrai, il obéit à Dieu, s'il est faux, il se fie à lui-même : Mais, qu'il soit vrai ou faui, l'un et l'autre est foi ; et la foi opère des

miracles :

Jamais la terre n'a vu de prodige, qui ne soit né de la foi : Rien de noble, généreux, ou grand, dont la foi n'ait été la racine ;

Rien de beau, rien d'illustre, dont la foi ne soit la gloire. Léonidas combattit pour la foi humaine, Josué pour la foi divine : Xénophon se confiait en son habileté, et les fils de Mattathias en leur

cause: (^') Par la foi Colomb se fraya un chemin à travers les eaux inconnues : Les héroïnes d'Arc et de Saragosse combattirent dans la foi terrestre : Tell fut brave, Alfred grand, Luther sage, par la foi ; Marguerite par la foi fut vaillante pour son fils, et Wallace fut le héros

de son peuple :

Comme la foi dans sa raison rendit Socrate sublime, ainsi la foi dans sa

science illustra Galilée :

Les ambassadeurs sont hardis en la foi, et leur hardiesse est irrépréhensible :

La foi porta Fabius au retard, et fit marcher Annibal vers Cannes : César au Rubicon, Miltiade à Marathon ; la foi les inspira tous deux. Je n'attribue pas à tous les mêmes sphères ; je ne confonds point le martyr

et le patriote ; Je ne classe point le héros avec le cheval, parce que l'un et l'autre ont du

courage ; Je dis seulement, pour l'exemple et l'instruction, que tout dépend de la

foi:

Il y en a, cependant, plusieurs espèces, et difi"érents degrés. Il y a une foi envers les hommes, il y a une foi envers Dieu ; Celle-ci est l'or, celle-là l'airain ; mais l'une et l'autre sont d'un métal

dense ; Et de ce mélange d'or et de cuivre résulte l'airain précieux do

Corinthe ; Matière brillante, dure, tranchante, pointe de la pique d'Achille ; Ainsi tu résisteras aux ennemis qui t'environnent ; Fie toi en Dieu, la force de l'homme ; — ose, car il t'aidera.

®e xCtst pas tout : la confiance en l'homme, même le plus méchant, le

plus vil.

Et une vertu qui triomphe du mal, charitable et bienfaisante. Expose ta confiance sans réserve à la conscience du forçat. Et ta foi lui fera honte, il fondra en larmes, il se repentira : Les brigands ne te feront aucun tort, si tu entres hardiment dans leur

repaire, Avec hardiesse, mais avec douceur, te confiant à leur générosité : Car la charité fait tomber les armes de cette main, qui est si courageuse

contre l'aggression,

Et ce soleil ardent dégèle le cœur qu'un froid glaçant avait endurci.

Use en bien avec les hommes, fie-toi à eux, si tu désires leur bonheur ;

Ou le doute circonspect et des pensées amores induiront les plus vertueux à te contrarier.

Crois au bien, entretenant l'espoir, et tu moissonneras le mieux ;

Mais si tu mésestimes les hommes, ta conduite les déprave.

Ne désespère point si tu entrevois dans les âmes les plus noires quelques lueurs de bonté,

Et parle à ceux qui ont vieilli dans le crime, comme si c'étaient leurs enfants :

Ainsi, surpris de ton humanité, le mauvais cœur, aliéné depuis longtemps,

Sensible de mériter si peu ton amour, versera des larmes ;

Dans sa douleur salutaire, il te bénira ; et il se peut que dans cette disposition il se repente :

Alors tu gagneras une ame, don de la miséricorde à ta foi.

S^cflartiC, au contraire, le manque de foi, et l'amas de maux qu'il enfante :

Tout ce qui est perfide, bas, vil, dissolvant la fraternité humaine.

Les liens se brisent ; le ciment de l'amitié ne vaut plus rien ; et chacun

est séparé de son prochain :

Au lieu d'être bienfaisant et bon voisin, on est rongé d'amertume et de

malice.

Ô serpent. Soupçon barbare, qui entoures le cœur de tes froids replis, — Ô aspic, Jalousie subtile, qui perces l'ame comme un feu, — Ô défiance, réserve, doute, — quels reptiles, quels monstres voilà, La mort au milieu des fleurs, infectant le jardin du monde; Il ne faut que peu de paroles, le récit n'est pas long; Un point indique la vérité, un trait suggère le tableau. Si, chez toi, homme méfiant et pointilleux. Tu laisses voir que tu soupçonnes un domestique, tu en feras bientôt un

voleur ; Ou si, trop exigeant, trop inquiet, il est clair que tu ne crois pas ton

enfant, Tu as froissé le tissu de son honneur, tu lui as frayé le chemin du

mensonge ; Ou si tu remarques, en pai'lant de tes amis, qu'ils ne cherchent en toi

que leur intérêt, Tu as outragé leur bienveillance, et ton salaire sera leur mépris : Ou si, époux ridicules, vos fantaisies lascives et inconsidérées, Confondant, mal à propos, avec le péché la légèreté de l'innocence,

Versent dans le sein du foyer la douleur au lieu du plaisir,

Et mélangent les disputes dans la coupe qui débordait de consolations,

Amèrement et justement vous subirez le supplice de l'incrédulité;

Vous ne comptez ni l'un sur l'autre, ni sur les vœux qui vous lient devant

Dieu; Garde à vous, car, peut-être, l'abyme n'est pas loin, l'abyme que vous

avez creusé, La foi dont on abuse tente au crime, et le doute en fait un monstre.

25n Vétftc, l'homme est vil, mais il ne l'est pas toujours autant qu'il peut

l'être ; Sa corruption est profonde, quoique ses transgressions soient rares,

manque de tentation :

Il est suspendu à mi-chemin dans un gouffre, mais l'air qui l'environne

est respirable :

Ne le force pas à lâcher prise, sa main n'est pas ferme, et il périra dans

les vapeurs souterraines.

Dieu exhorte les sourds, comme s'ils avaient des oreilles pour entendre, Le Christ parle aux morts, comme s'ils pouvaient vivre ; Et c'est un maître perfide, entraînant au péché ses élèves, que l'homme Qui se méfie de.ses auditeurs, et ne se fie point à ses frères. Tous peuvent se corriger ; les sympathies soulagent ; la raison exerce

son influence sur les méchants, Et il est permis à la charité et à la foi d'espérer beaucoup d'eux.

^'af, quelque temps, observé l'homme qui échangea la sobriété de la foi,

Les anciennes lampes pour les nouvelles, — exaltations fanatiques.

Il obtint quelque avantage quant à la superficie, mais la solidité y perdit ; la chaleur n'est pas la santé ;

Avec des mots ampoulés, des pensées extravagantes, il dédaigna sa froideur d'autrefois ;

Mais sa force fut rasée comme celle de Samson ; il errait sans savor oti ;

Le doute suivait ses traces, jour après jour; et il négligeait ses devoirs.

Enfin, dans un moment d'enthousiasme, tourmenté de frayeurs secrètes.

Il crut assurer son salut, en réglant son opinion sur celle d'un faux prophète.

Alors, cette parole très ferme lui manqua, et sa foi défaillit ;

Elle défaillit, et tomba ; Ô ! la chute de sa foi fut complète, fut terrible.

Il ne put réprimer, avec les rênes de la raison, ses coursiei's sur vine pente rapide.

Et ils précipitèrent l'endurci, l'incrédule, au fond de l'abyme.

Sa main trop avide avait voulu saisir des trésors imaginaires.

Mais un démon trompa sa présomption, et le plongea dans le désespoir.

Ainsi, il nageait dans le sang, victime crédule d'une foi erronée,

Et il passa bien des nuits, bien des sombres jours, dans les ténèbres de

dehors.

Toutefois, cet esprit inconstant reçut bientôt une impression nouvelle, Une impression nouvelle, l'empreinte de l'ancien sceau, sceau précieux

de son enfance :

Il se laissa fléchir, il abjura son infidélité ; devenu plus sage, il méprisa

sa crédulité ; Et revint à la simplicité de la foi, lui-même plus simple que jamais. Une triste expérience avait démontré que son esprit était bâti d'eau : Ainsi, renonçant à sa propx'e force, il mit sa foi en Dieu.

3ïc n'insiste point sur les symboles ; Bible, Eglise, Raison, Ces trois conduiront l'ame, si elles peuvent l'y conduire, à la vérité J'insiste, néanmoins, sur la foi ; Dieu, aussi bien que l'homme, l'exige ; Si on désire le bonheur dans ce monde ou dans l'autre, la confiance est

grande.

Le penchant au scepticisme, n'en doutons pas, est l'ennemi universel ; Jamais le railleur Pyrrhon n'eut d'ami, jamais il n'en éprouva le besoin : Comment se serait-il fié à autrui? quel est celui qu'il n'aurait pas trompé? L'intérêt personnel était son seul motif, et l'intérêt heurte la bonté. Ainsi, le Bédouin, l'ennemi de tous, est toujours armé, La lance est enfoncée au bord de son lit, le poignard caché sous son

oreiller.

C'est que la société, manque de confiance réciproque, de crédit, et de foi, Eclaterait, comme une trombe, et se détacherait, malgré l'attraction du

nuage.

ïl se peut que la foi s'élève, et qu'elle opère des miracles ; l'élite des

Sages l'a démontré :

Il se peut que la foi tombe dans les crédulités de la faiblesse, témoin la

masse des insensés.

Ainsi, dans le premier cas, les saints et les martyrs ont accompli leur

mission, Bravant les dangers, affrontant la mort, triomphant de tout, Ainsi, dans le second cas, le magicien et la sorcière, victimes de leurs

propres illusions, Ont gagné le salaire amer de péchés impossibles. Ils croyaient l'allégeance à Satan ; ils agissaient selon cette créance, Et ont mérité, par conséquent, la peine de crimes chimériques.

C'est que la foi a deux mains ; d'une main elle attribue la vertu à des actions indifférentes ;

Elle sanctifie même une Judith, une Jaël, pour ce qui serait, sans cela, trahison et meurtre:

De l'autre main elle entasse le crime sur des impossibilités ou des absurdités,

Et plus d'un sorcier a mérité le bûcher à cause de sa foi :

Comptant sur ses rapports avec le mal, il sacrifiait volontiers aux démons,

Il foudroyait par ses malédictions, autant qu'il était en lui ; c'était un être vil, parce qu'il se croyait scélérat.

S'ame supérieure, avide de faits qui la nourrissent, croit facilement.

Et l'ignorance acharnée qui la ronge demande, sans cesse, qu'on l'assouvisse :

Le petit esprit se vante, il est incrédule, s'imaginant qu'il sait tout.

Ainsi, il pointillé sur la vérité ; s'il ne sait pas cela, est-il possible qu'il soit vrai ? —

La plus commode des méthodes, c'est d'expliquer toutes les énigmes par les sens.

Et d'exalter sa suffisance, par le mépris de tous les mystères :

Rien ne flatte le cœur dur et souillé, comme la réjection des puretés invisibles.

Et c'est un soulagement pour les têtes lourdes et faibles, de ne pas contempler le vide.

La vraie sagesse, qui étudie pour comprendre, écoute volontiers ;

La fausse sagesse, hardie à nier, ferme l'esprit aux arguments.

La somme des choses avérées est si petite, leur champ est un univers si vaste,

Que bien des choses, qu'homme ne conçut jamais, peuvent exister:

Les caractères révélés de Dieu sont pour l'ame forte le seul garant

Que rien de bizarre n'est un thème légitime pour la sobriété de la foi.

L'ignorance étant un déni de lumière, l'impression que ses yeux reçoivent en est nécessairement plus forte.

Mais l'ignorance est presque toujours une double négation, déni de lumière, déni de mœurs :

C'est ainsi qu'ajoutant à l'aveuglement la vanité, elle croit trouver le repos en se réfugiant dans le doute.

Et bientôt, harcelée de doutes sans fin, elle termine le conflit en ne croyant rien.

Ha JFoî, par sa nature même, embrasse la confiance et l'obéissance, Disons plus : le mot qui les désigne toutes deux est un, et on ne peut le

diviser. (*) Car l'œuvre, dénuée de foi, en quoi peut-elle être censée un devoir ? Et si la foi ne se manifeste par l'œuvre, — comment découvrir le dogme? La foi est l'instrument de la religion ; une manivelle, et la main qui la

meut:

C'est moins une condition qu'un moyen, et plutôt un acte qu'une vertu. Le péché, maladie morale, exige un remède moral ; Et la foi seule peut guérir l'esprit, dont la maladie est sensuelle. On vous parle du grand amour de Dieu : ceux qui croient l'aimeront : Ceux qui l'aiment obéiront ; et l'obéissance a sa bénédiction. On vous parle de la valeur de l'ame ; ceux qui croient la priseront, Et celui qui prise l'ame chérit l'espoir qui fait son bonheur. Les effets naissent des sentiments ; et les sentiments naissent de la foi : Si quelqu'un se croit insulté, ne frappera-t-il point dans sa colère ? Ainsi l'ame convaincue de son état, de son danger, de sa destinée, de sa

rédemption, Ne désirera-t-elle pas vivement être sauvée, comme le geôlier de Philippes?

2ÏHC £&ixz n'avait qu'un fils, et elle l'envoya à la mer :

Elle était veuve et pauvre ; et il allait tenter fortune.

Que de fois, pendant les nuits de l'hiver, quand les vagues et les vents

mugissaient, Son cœur saignait, déchiré de frayeurs, empressé de voir son fils. Une belle matinée, quand tout souriait à l'entour,

Vint la nouvelle que, depuis plusieurs semaines, le navire s'était perdu ; Oui, perdu, et l'enfant était mort! ils l'avaient vu périr: Alors, qu'elle fut l'agonie de la mère, — car elle ajouta foi au rapport. Affaissée, brisée par la douleur, la prière ne la consolait plus ; Nuit après nuit, elle pleurait, languissait, n'espérait que la mort. Mais, un jour qu'elle pleurait amèrement, un étranger pénétre sa

solitude, — Il est chargé d'un message, cet homme battu par la tempête ; il ne faut

pas le repousser.

Et quel merveilleux récit change le deuil en joie, Chasse l'abattement de cette malheureuse, et la comble d'allégresse ? Son fils est sauvé, — il vit, — le voilà! — S'amuse-t-elle à questionner? Non, se précipitant avec l'impétuosité de la foi, elle le rencontre à la

porte !

iB l^ïnnnitBth

ÎTout ce qui n'est pas honnêteté est vanité; — cela est gravé sur un

tombeau :

Et il n'y a de sagesse que dans la piété : — ainsi prêche le défunt: C'est que, dans le modeste temple d'un village, au milieu d'ombrages

classiques Chers à l'ami des forêts, Évelyn, celui qui les planta, (sa gloire, et mes

délices,) Ces mots, dictés par la vérité, sont écrits sur le sépulcre D'un homme qui avait acquis de grandes lumières, et qui connaissait tous

les arbres, depuis le cèdre jusqu'à l'hysope sur la muraille. Juste union, la piété et l'honnêteté, ministres de deux mondes, Bien assortis, inséparables, puisque Dieu les a conjoints. Je ne dis rien, car cela serait grossier, des tours et des friponneries du

commerce ; Je parle d'intentions, de caractères, de discours, d'actions honnêtes. L'honnête homme a surtout besoin de charité, et de prudence, D'une connaissance humiliante et profonde de lui-même, et d'un commerce

sanctifiant avec son Dieu.

De sorte que la pénétration de la vérité soit exempte de l'aigreur de la

censure, Et que l'esprit, oscillant, malgré son équité, ne soit pas un balancier : C'est qu'une raison fausse, adroitement proposée, ne saurait être réfutée

à l'instant, Et que la prudence compte sur la foi, pour la solution de ses doutes : Elle compte sur elle, elle attend, tenant en laisse l'honnêteté, De peur qu'à l'exemple d'un jeune chien courant, elle suive à la piste,

au lieu de gibier, des rats et des souris. Plus d'un cœur honnête, s'ignorant lui-même, et ne connaissant ni Dieu,

ni l'homme ; A suivi les feux follets de la peste, qu'il a pris pour l'étoile de la vérité ;

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