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LES PAROLES DE LA SAGESSE

Elle est pure et lumineuse, de sa douce auréole couronnant les cheveux

blancs, Et elle brille dans l'oeil de la jeunesse d'un feu qui n'est point le sien ; Et ses paroles, à quoi les comparerais-tu ? car la terre n'offre point ses

pareilles :

Sable de diamants, aire rayonnante du ciel,

Elles tourbillonnent, reluisante poussière, derrière le char de Dieu ; Éclairs de l'orient d'en haut, elles s'épanchent des fenêtres du ciel, Et jaillissent, ruisseaux d'eau vive, de la fontaine de l'Intelligence: Telles sont les paroles rares et précieuses que les lèvres de la Sagesse

profèrent.

îBllcs te conduiront bien, elles seront ta défense et ton appui ;

Et si tu manques de tout, avec elles tu seras riche :

Quoiqu'à l'entour tout soit misère, elles te rendront heureux;

Quoiqu'au dedans tout soit douleur, elles t'apporteront la santé ;

Ce que tu as de bon mûrira, ce que tu as de mal se flétrira,

Et le doux charme des paroles de la Sagesse transformera tes fautes en

vertus.

C'est ainsi que le sordide deviendra frugal, le honteux modeste, Le timide précautieux, le téméraire un héros ; L'irascible sera justifié, rendant raison de son com-roux : La main oisive étalera le front penseur, excuse honorable, La vie n'aura plus de labyrinthe dont tu ne saches tracer les sentiers les

plus tortueux, Car le peloton de soie est à toi ; il te conduira à travers les ténèbres ; À ton approche, l'insolent Mino taure de l'Ignorance tombera, Et tes frères affranchis, poussant des cris d'allégresse. Verront la voile blanche, signal de la victoire. (') C'est pourquoi, mon ami, mon élève, écoute les leçons de la Sagesse ; Soit qu'elles parlent à ton coeur dans les cordes éloquentes de la révélation ; Dans la terre, dans l'air, dans les flots qui t'instruisent ; dans les douces

mélodies de la pensée, Ou même, ici, dans les humbles accents qui voudraient te retenir.

Sb h îJnitt îïiiiis hs (CljnsBH /eusses.

31'Streur est une plante vîvace : elle fleurit dans tous les terroirs ;

Dans le cœur du sage et du bon, comme dans celui du méchant et de l'insensé ;

Car il n'y a point d'erreur si difforme qu'elle ne conserve quelques traits du vrai,

Et il n'y a point de venin si mortel qu'il n'offre à l'art un remède salutaire.

Le juste, amoureux du bien, se laisse aveugler par un mal spécieux,

Et le prudent, flatté par l'espoir d'un profit, ferme l'œil au dommage.

Dans tous les êtres créés l'empreinte céleste demeure, effacée à demi.

Image imparfaite du vrai et du beau, malgré la souillure du doigt corrupteur :

Même quand l'erreur déborde comme un torrent, elle se mêle à des ruisseaux de vérité.

Car, ainsi le veut l'Adversaire : il en séduit mieux ses victimes.

La Providence est obscure dans ses permissions ; mais, un jour, quand tout sera connu,

L'univers de la raison en proclamera toute la justice et toute la bonté ;

Car le sage se fie en sa sagesse, le juste en sa justice,

Et la coupe des désappointements est le salaire de la soif de l'indépendance.

Pourquoi ? — afin d'éprouver et d'humilier l'homme ; et d'apprendre aux idolâtres de la Vérité

Qu'elle n'est que l'échelle du ciel, et que Dieu seul mérite leur confiance.

£1 y a du vrai dans les rêves bizarres de l'imagination en délire, Et quelque chose à glaner dans les théories les plus indigestes. L'alchimiste, fou laborieux, arrache au hasard quelques lueurs de science, Et le monde lui doit de rares secrets, quoique son creuset n'enfante

point l'or ; L'impie, se faisant des sortilèges un jeu, ne vise qu'à tromper ses

semblables,

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