DE L HONNETETE
n entendit une cause qu'il ne pouvait comprendre, et il l'embrassa volontiers,
Et cette cause eut pour résultat, la ruine d'un esprit inconstant.
La prudence, si l'on consulte son propre avantage, ne doit jamais être séparée de l'honnêteté ;
Et la charité, pour le bien d'autrui, et le nôtre, doit s'y joindre:
Car la langue qui réprimande rudement n'a ni plaisir ni profit,
Et le cœur froid, sans sympathie, n'eut jamais de succès.
Le péché est une plaie, et la folie est une fièvre ; pour les guérir, toucheles doucement ;
Le couteau maladroit du mauvais chirugien fait souffrir, malgré l'honnêteté de l'opérateur.
Un diamant brut, pour tout cela, vaut mieux que le brillant de la pierre fausse, —
Ce nigaud prévenant et flatteur qui discourait de vice et de vertu :
Et l'honnêteté, même lorsqu'elle est seule, malgré ses nombreux adversaires
Que la prudence aurait écartés, que l'ambition aurait fléchis.
Prospérera toujours en dernier lieu, et obtiendra beaucoup d'honneur à celui
Qui répand, à ses dépens, même à son dommage, tant de bienfaits sur son prochain.
2,a arocrtc est la mère de l'Honnêteté, et l'Indépendance intrépide est sa
sœur.
Ces trois, de cœur et d'ame, vivent ensemble dans l'unité. L'homme des champs, naïf, courageux et sincère, parle aux rois sans
honte :
Il a l'esprit loyal, juste, franc ; sa probité sans tache est un cristal ; Pourquoi rougirait-il? où les courtisans s'agenouillent, il reste debout; — A la vérité, je m'inclinerai devant le roi, mais c'est pour Dieu que les
genoux furent faits. Ces hommes doués d'une conscience altière et noble, sont en grand
nombre, Honorables, généreux, bienfaisants, malgré leur peu de lumière: Qu'échangerait-il contre sa liberté ? quelques grains d'or ? Libre de parler, libre d'agir, les grands honorent sa hardiesse : Puisse-t-il longtemps fleurir en paix, entouré d'enfants robustes, Enracinés dans le sol comme de jeunes chênes, forts comme le pin des
montagnes !