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DE LA SOCIETE

Les dangers et les tentations auxquels la présence du méchant nous

expose sont en grand nombre ; L'ombre de l'upas empoisonne, et qui osera dormir où elle s'étend ? C'est pourquoi, si tu peux, évite-les ; toutefois, soumis à la providence,

fidèle au devoir, Si le sort t'est échu parmi ceux de Kédar, que ta patience et ton silence

soient leur reproche.

(D^tie tes pieds son beaux et que ton approche est pleine de grâce, Ô aimable et vertueux compagnon, destiné pour ce monde et pour l'autre ! Une atmosphère de bonheur flotte autour de cet homme-la. L'amour règne dans son cœur, et la lumière y habite : La sérénité rayonne dans ses yeux, et la sagesse demeure sur sa langue ; Cherche-le, chéris-le, et marche dans l'auréole de son influence : Il sera un parfum à ton ame, un jardin de lis ravissants, Entouré de haies, séparé du monde extérieur, île des bienheureux au milieu des mers.

Bl 5 a un monde extérieur, et un centre intérieur.

Et plusieurs anneaux concentriques de diverses grandeurs autour du moi.

Car, avant tout, autour de l'homme, — ensuite de sa communion avec le

ciel, — Se trouve la compagne faite à son image, la femme de ses désirs et de

ses aff'ections :

Ainsi, c'est à vous à voir que vous aimiez dans la foi, dédaignant de

basses jalousies.

Vu que Satan gâte beaucoup d'amour, l'aigrissant à force de doutes. C'est à vous à voir que l'intimité ne s'éteigne dans rindiâ"érence, et que

la sollicitude ne dégénère en chagiùn, C'est à vous à chérir vos engagements réciproques, liés l'un à l'autre

pour la vie.

îînsuîtc de ces cercles concentriques, lançant leurs rayons si loin,

Roue en roue, monde en monde, — vient une troupe d'enfants,

Kicliée précieuse de jeunes et tendres cœurs, qui veulent qu'on les

étudie séparément, Baude d'esprits impatients et curieux, qu'il faut apprivoiser et instruire,

l'un après l'autre, L'homme qui a le bonheur d'en posséder s'est créé une société à part, Il est indépendant du monde, et compte moins sur ses amis :

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Car il en trouve assez dans les jolies petites figures autour de son foyer,

S'il en cherche d'autres, c'est pour l'amour de ceux-là, moins pour son plaisir.

N'est-ce pas la plus agréable des compagnies ? je dirai même, y a-t-il rien de plus instructif

Que les charmes naissants de ces pures intelligences, de ces cœurs transparents et sans tache ?

Quelle voix est aussi mélodieuse que la leur? quelles visions étalent autant de grâces ?

Que de pensées, que d'espérances, que de saintes prières, dont ils sont la seule source !

Si tu ne regardes la société que comme un passe-temps, — la douce récréation que le soin d'un nourisson.

Ses petites caresses, son babil, son innocence et sa joie !

Si tu regardes la société comme un bien, — quel vaste champ !

Des âmes à conduire à Dieu, la multiplication de tes jouissances célestes !

JD'cifllcurs, ce doux commerce entre toi et tes enfants croît avec eux.

Si tu ne manques à ton devoir, ou si ton absence ne les a se^Tés.

Garde-les près de toi ; élève-les bien, guide, corrige, instruis-les ;

Et sois leur camarade de jeu, le juge de leurs plaintes.

Alors la jeune fllle et le jeune homme chériront en toi l'ami compatissant,

Te feront part de leur joie, et tu consoleras leurs chagrins:

De plus, ils te révéleront leurs plus doux secrets, et leur espoir sera dans

ton conseil, Ils ne te cacheront pas même leurs amours, si tu as gagné leur confiance ; Mais, homme et femme, ils auront volontiers recours à un père. Conservant toujours le respect de l'enfance, l'honneur sans la crainte ; Et, dans le camp, tu seras un Nestor, juste vieillard. Plein d'affection, quoique accablé d'années, l'ami avoué de tous ; Nul secret ne te sera caché ; car s'il est dangereux, il se peut que ta

sagesse répare le mal ; S'il est innocent, ton approbation est précieuse ; c'est un avantage qu'où

n'oserait perdre.

0 le bonheur d'un foyer, où jeunes et vieux se réunissent et s'estiment, Les jeunes ne sont pas intimidés, les vieux ne sont pas refroidis ; le

commerce est sans réserve !

Quel refuge pour fils ou fille, si le monde les maltraite ! Que de confiance et d'amour, dans le cœur, dans le foyer d'un père !

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Sûrs d'être bienvenus, quoique rejetés du monde: objets de tendresse,

quoique méprisés des hommes ; Là on est lent à blâmer, empressé d'applaudir. Reviens à moi, mon fils, si le péché t'a fourvoyé. Je ne te réprimanderai point, mais je hâterai ton retour ; Reviens à moi, mon fils, si les hommes te repoussent et t'outragent, Il y aura toujours quelqu'un pour te bénir, — car je suis pour toi!

?l§élas, — quel vide, quelle amertume pour vous, pères, mères, enfants.

Qui errez dans le monde, qui aimez çà et là, étrangers à l'affection domestique.

Une vie sans souci en est, peut-être, la cause, car les années s'envolent ;

Qu, peut-être, un surcroît d'occupations a englouti tous les ruisseaux :

Peut-être qu'un jour le sombre contre-temps vint éteindre le feu;

Peut-être que l'austérité, que l'injustice, froissa les affections ou leur donna un faux pli ;

Alors, à cause de leurs humeurs mal assorties, ils ne se comprirent plus ;

L'enfant grandit sans amour, respirant l'atmosphère de la crainte ;

Le jeune homme, mal élevé, renonçant à la crainte, fit une ligue avec la ruse;

Dès lors ces êtres endurcis devinrent ennemis jurés, au lieu d'amis intimes.

Où en trouver la cause, la cause mutuelle ? Déterrez, et tuez-la :

Et le remède, le simple remède ? Un éclair réciproque d'amour.

C'est que, jour après jour, une triste atmosphère, l'aversion, glaça les sympathies du premier âge

Par le froid continuel de l'apathie, ou par les vents de la censure qui coupent tout ;

Ce froid fut de longue durée ; il n'eût fallu pour fondre la glace qu'une heure fugitive ;

Mais chaque heure vint au temps prescrit, et s'en alla sans soleil.

La prudence, les soucis, la défiance austère, leur offusquèrent l'ame à l'un et à l'autre,

Jusqu'à ce que ces jardins fertiles, au lieu de riches moissons, se couvrissent de mauvaises herbes :

Et que le doute, ver caché, rongeât la racine de leur Sociabilité,

Ils manquaient de confiance mutuelle, ils vivaient dans une frayeur mutuelle.

Pères, jugez-moi ; fils, prêtez l'oreille à mes conseils ;

Je viens, une offrande en chaque main, concilier les adversaires ;

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